L’EXISTENCE DE DIEU ET LE PROBLEME DE L’ATHEISME MODERNE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

L’EXISTENCE DE DIEU  ET LE PROBLEME DE L’ATHEISME MODERNE

«Oui, vains par nature tous les hommes en qui se trouvait l'ignorance de Dieu, qui, en partant des biens visibles, n'ont pas été capables de connaître Celui-qui-est, et qui, en considérant les œuvres, n'ont pas reconnu l'Artisan. Mais c'est le feu, ou le vent, ou l'air rapide, ou la voûte étoilée, ou l'eau impétueuse, ou les luminaires du ciel, qu'ils ont considérés comme des dieux, gouverneurs du monde! Que si, charmés de leur beauté, ils les ont pris pour des dieux, qu'ils sachent combien leur Maître est supérieur, car c'est la source même de la beauté qui les a créés. Et si c'est leur puissance et leur activité qui les ont frappés, qu'ils en déduisent combien plus puissant est Celui qui les a formés, car la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur… Et pourtant eux non plus ne sont point pardonnables s'ils ont été capables d'acquérir assez de science pour pouvoir scruter le monde, comment n'en ont-ils pas plus tôt découvert le Maître!» (Sagesse, 13, 1-5.9)

Introduction

Chers jeunes permettez-moi que je vous parle aujourd’hui d’un problème de nos jours : «DIEU». En une phrase Nietzsche résume ce problème: «Dieu est une pure invention et une illusion du monde réel». C’est le problème de l’athéisme moderne. Croire et vivre comme si Dieu n’existait pas. Certains d’entre vous peuvent se demander pourquoi faire une étude sur l’athéisme? Pourquoi, en parler alors que ce n’est pas forcément le sujet de nos conversations? Laissez-moi vous dire que ce très important pour nous aujourd’hui la considération de ce sujet; et cela pour de nombreuses raisons. L’une des premières raisons c’est que ce courant de pensée vient d’une certaine manière nous questionner sur notre foi en l’existence de Dieu. Dieu existe-t-il? Est-ce une réalité, un rêve, ou un concept? Vient questionner aussi la présence de Dieu dans notre vie. Dieu est-il vraiment présent dans ma vie? Dieu écoute-il vraiment mes supplications? …beaucoup de nos contemporains ne perçoivent pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit l’homme à Dieu: à tel point que l’athéisme compte parmi les faits les plus graves de ce temps et doit être soumis à un examen très attentif. La deuxième raison repose sur le fait que nous sommes dans un monde de plus en plus athée dans les idées et dans le quotidien. Et devant cette réalité, il est important que nous qui sommes chrétiens catholiques puissions rester solide sur notre foi et que nous sachions répondre aux questionnements sur Dieu et sur son action dans le monde. Il n’y a rien de plus passionnants pour l’homme que de se poser la question sur Dieu, de vouloir le connaitre.  

En 2003, en France un sondage faisait mention que 54% des personnes sondées se considérées comme fidèles (pratiquant), 33% athée, 26% indifférent. 33% d’athée à laquelle on peut ajouter certains indifférents. Ces chiffres traduisent l’état de notre société. Imaginez-vous donc la même situation dans nos jours (2014)… peut-être pire. Il faut le savoir, nous vivons dans une société qui jours après jours rejette Dieu et nie son existence. Nous sommes dans un monde où notre Dieu est attaqué de partout et est mis tantôt sur le banc de touche (pour en rejeter son existence), tantôt sur le banc des accusés (pour lui attribuer tous les maux de la société). Pour cela cette conférence a une double visée: vous fournir des éléments de réponses capables de vous aider à comprendre ce qu’est l’athéisme, ses risques et russes et surtout comme répondre aux négationnistes de Dieu. Vous fortifier dans votre foi en un seul Dieu Père, Miséricordieux et Provident.

L’athéisme (Remise en cause de l’existence de Dieu).

  1. Définition et données historiques

La constitution Gaudium et Spes n. 19 du Concile Vatican II, dit: « On désigne sous le nom d’athéisme des phénomènes entre eux très divers. En effet, tandis que certains athées nient Dieu expressément, d’autres pensent que l’homme ne peut absolument rien affirmer de lui. D’autres encore traitent le problème de Dieu de telle façon que ce problème semble dénué de sens. Beaucoup outrepassant indûment les limites des sciences positives, ou bien prétendent que la seule raison scientifique explique tout, ou bien, à l’inverse, ne reconnaissent comme définitive absolument aucune vérité… D’autres n’abordent même pas le problème de Dieu : ils paraissent étrangers à toute inquiétude religieuse et ne voient pas pourquoi ils se soucieraient encore de religion. L’athéisme, en outre, naît souvent, soit d’une protestation révoltée contre le mal dans le monde, soit du fait que l’on attribue à tort à certains idéaux humains un tel caractère d’absolu qu’on en vient à les prendre pour Dieu ».

Cette philosophie peut se résumer en une phrase : «il n'existe rien dans l'Univers qui ressemble de près ou de loin à ce que les croyants appellent un «Dieu». Donc deux choses à retenir: Ce terme a connu des évolutions. En effet en 1532 il désignait l’incroyance d’un peuple vis-à-vis du dieu locale. Pour être claire une personne était considéré athée lorsqu’elle ne croyait pas au dieu de sa nation, de sa tribu. Mais ceci ne l’empêchait pas de croire à un dieu ou des dieux étrangers comme du temps d’Israël par exemple. La notion athée en tant qu’individu qui rejette et nie l’existence de Dieu est récente. Elle apparaît selon plusieurs auteurs dont Michel Onfray qu’au XVIIIe siècle. Ce courant de pensée n’est pas uniforme. Il existe plusieurs motions qui viennent renforcer cette doctrine: athéisme matérialiste, scientifique et philosophique. La grille de lecture change certes, mais la pensée est bien la même: Dieu n’existe pas.

  1. Idéologie et auteurs

L’essence de cette idéologie repose comme sur une double affirmation: la première l’inexistence de Dieu; et la seconde, Dieu est l’ennemi de la raison.  Pour les athées Dieu est un mythe, une fiction, une pure construction humaine. Les hommes l’ont inventé afin de fuir leur peur de la mort, et la dureté de la vie. Michel Onfray, philosophe athée contemporain et fondateur de l'université populaire de Caen, de majeure influence en France, dans L'archipel pré-chrétien, premier tome de La Contre-histoire de la philosophie, soutien que la création de Dieu est une aspiration humaine. Elle traduit la volonté de chaque homme de rendre son quotidien possible malgré son trajet vers la mort. Notre foi pour cet auteur, est un moyen enfantin de ne pas affronter la réalité. Le croyant ferait preuve d’infantilisme mentale et serait un enfant, alors que l’athée serait l’adulte capable d’affronter le monde telle qu’il est. C’est donc la peur de la mort qui justifierait la construction de Dieu. Dieu ne serait donc pas créateur et encore moins éternel car Il disparaitrait avec «le dernier homme». Et cette  «mort de Dieu» serait salutaire car elle permettrait de libérer l’homme de ses peurs afin qu’il puisse prendre en main son destin. L’athéisme permettrait à l’homme d’être réconcilier avec la réalité. En plus d’être une construction humaine, il est aussi l’ennemi de la raison. Car Dieu s’oppose à la science. En effet, la science viendrait à montrer le subterfuge, l’escroquerie, l’inexistence de Dieu. Au mythe du «Dieu créateur» de l’univers, l’athée réponds par l’atome et la théorie du big-bang. La vie n’est que le résultat d’une collision d’atomes et non l’action de Dieu. Avant de conclure, j’aimerais juste que l’on met quelques visages derrière cette doctrine en vous présentant des scientifiques, et des auteurs qui se disent athée.

Cristorio Ferreira (1580-1650) (ancien jésuite), écrit La supercherie dévoilée. Thèse du livre : Dieu n’a pas créée le monde ; le christianisme est une invention et le jugement dernier un incroyable délire. Ferreira affirme que la religion est une invention des hommes pour s’assurer le pouvoir sur leurs semblables. Ferreira ne remet pas en cause l’existence de Dieu. Il s’attaque à la religion au 17ème siècle. Il est l’un des précurseurs du mouvement athée.

L’Abbé Jean Meslier (1664-1729) : Le titre complet, choisi par l'auteur, est « Mémoire des pensées et sentiments de Jean Meslier, prêtre-curé d'Etrépigny et de Balaives, sur une partie des erreurs et des abus de la conduite et du gouvernement des hommes, où l'on voit des démonstrations claires et évidentes de la vanité et de la fausseté de toutes les religions du monde, pour être adressé à ses paroissiens après sa mort et pour leur servir de témoignage de vérité à eux et à tous leurs semblables. » Ce texte, publie par Voltaire est considéré comme le texte fondateur de l'atheisme et de l'anticléricalisme militant en France.

Paul Henri Holbach (1723-1789) : Il plaide pour une morale post-chrétienne. Holbach est considéré comme le démystificateur des religions : Contagion sacrée 18ème (1768). «La religion est l'art d'enivrer les hommes pour détourner leur esprit des maux dont les accablent ceux qui les gouvernent».

Ludwig Fouerbach (1804-1872). Pour lui Dieu est une fabrication des hommes à leurs images inversées. Il considère la théologie comme une pathologie psychique. Pour lui la religion est un moyen d’aliénation. Enferme l’homme dans un monde imaginaire.

Michel Onfray : Déjà cité. Dieu est une fiction, un mythe. Il est une aspiration humaine, un rêve. Il permet à l’homme de rendre le quotidien possible et ce, malgré notre trajet vers le néant. Traité d’athéologie.

Niedrich Nietzsche (1844-1900) affirmait dans Ainsi parlait Zarathoustra la mort de Dieu.

Stephen Hawking (1942) dans son livre «the Grand design», affirme l’idée que le monde s’est créé sans Dieu. Il se serait en fait formé de lui-même, en toute logique des lois de la physique.

Alors résumons ce qu’est l’athéisme en une phrase: un reniement de Dieu et ce qu’il représente. Il faut le dire bien que ces personnes soient intelligentes, Dieu existe. Il n’est pas mort, bien plus, Il règne.

Une réponse à l’athéisme: Dieu existe (Il n’est pas mort)

  • Les cinq preuves rationnelles de l'existence de Dieu. Que Dieu existe, on peut prendre cinq voies pour le prouver selon la pensée de Saint Thomas d’Aquin dans sa somme théologique, I. 2,3.
  • 1. Dieu, premier moteur immobile. La première et la plus manifeste est celle qui se prend du mouvement. Il est évident, nos sens nous l'attestent, que dans ce monde certaines choses se meuvent. Or, tout ce qui se meut est mû par un autre. En effet, rien ne se meut qu'autant qu'il est en puissance par rapport au terme de son mouvement, tandis qu'au contraire, ce qui meut le fait pour autant qu'il est en acte ; car mouvoir, c'est faire passer de la puissance à l'acte, et rien ne peut être amené à l'acte autrement que par un être en acte, comme un corps chaud en acte, tel le feu, rend chaud en acte le bois qui était auparavant chaud en puissance, et par là il le meut et l'altère. Or il n'est pas possible que le même être, envisagé sous le même rapport, soit à la fois en acte et en puissance ; il ne le peut que sous des rapports divers ; par exemple, ce qui est chaud en acte ne peut pas être en même temps chaud en puissance ; mais il est, en même temps, froid en puissance. Il est donc impossible que sous le même rapport et de la même manière quelque chose soit à la fois mouvant et mû, c'est-à-dire qu'il se meuve lui-même. Il faut donc que tout ce qui se meut soit mû par un autre. Donc, si la chose qui meut est mue elle-même, il faut qu'elle aussi soit mue par une autre, et celle-ci par une autre encore. Or, on ne peut ainsi continuer à l'infini, car dans ce cas il n'y aurait pas de moteur premier, et il s'ensuivrait qu'il n'y aurait pas non plus d'autres moteurs, car les moteurs seconds ne meuvent que selon qu'ils sont mus par le moteur premier, comme le bâton ne meut que s'il est mû par la main. Donc il est nécessaire de parvenir à un moteur premier qui ne soit lui-même mû par aucun autre, et un tel être, tout le monde comprend que c'est Dieu.

2. Dieu est la cause efficiente première. La seconde voie part de la notion de cause efficiente. Nous constatons, à observer les choses sensibles, qu'il y a un ordre entre les causes efficientes ; mais ce qui ne se trouve pas et qui n'est pas possible, c'est qu'une chose soit la cause efficiente d'elle-même, ce qui la supposerait antérieure à elle-même, chose impossible. Or, il n'est pas possible non plus qu'on remonte à l'infini dans les causes efficientes ; car, parmi toutes les causes efficientes ordonnées entre elles, la première est cause des intermédiaires et les intermédiaires sont causes du dernier terme, que ces intermédiaires soient nombreux ou qu'il n'y en ait qu'un seul. D'autre part, supprimez la cause, vous supprimez aussi l'effet. Donc, s'il n'y a pas de premier, dans l'ordre des causes efficientes, il n'y aura ni dernier ni intermédiaire. Mais si l'on devait monter à l'infini dans la série des causes efficientes, il n'y aurait pas de cause première ; en conséquence, il n'y aurait ni effet dernier, ni cause efficiente intermédiaire, ce qui est évidemment faux. Il faut donc nécessairement affirmer qu'il existe une cause efficiente première, que tous appellent Dieu.

3. Dieu est nécessaire en soi, c'est la première nécessité. La troisième voie se prend du possible et du nécessaire, et la voici. Parmi les choses, nous en trouvons qui peuvent être et ne pas être : la preuve, c'est que certaines choses naissent et disparaissent, et par conséquent ont la possibilité d'exister et de ne pas exister. Mais il est impossible que tout ce qui est de telle nature existe toujours ; car ce qui peut ne pas exister n'existe pas à un certain moment. Si donc tout peut ne pas exister, à un moment donné, rien n'a existé. Or, si c'était vrai, maintenant encore rien n'existerait ; car ce qui n'existe pas ne commence à exister que par quelque chose qui existe. Donc, s'il n'y a eu aucun être, il a été impossible que rien ne commençât d'exister, et ainsi, aujourd'hui, il n'y aurait rien, ce qu'on voit être faux. Donc, tous les êtres ne sont pas seulement possibles, et il y a du nécessaire dans les choses. Or, tout ce qui est nécessaire, ou bien tire sa nécessité d'ailleurs, ou bien non. Et il n'est pas possible d'aller à l'infini dans la série des nécessaires ayant une cause de leur nécessité, pas plus que pour les causes efficientes, comme on vient de le prouver. On est donc contraint d'affirmer l'existence d'un Être nécessaire par lui-même, qui ne tire pas d'ailleurs sa nécessité, mais qui est cause de la nécessité que l'on trouve hors de lui, et que tous appellent Dieu.

4. Dieu est le modèle parfait. La quatrième voie procède des degrés que l'on trouve dans les choses. On voit en effet dans les choses du plus ou moins bon, du plus ou moins vrai, du plus ou moins noble, etc. Or, une qualité est attribuée en plus ou en moins à des choses diverses selon leur proximité différente à l'égard de la chose en laquelle cette qualité est réalisée au suprême degré ; par exemple, on dira plus chaud ce qui se rapproche davantage de ce qui est superlativement chaud. Il y a donc quelque chose qui est souverainement vrai, souverainement bon, souverainement noble, et par conséquent aussi souverainement être, car, comme le fait voir Aristote dans la Métaphysique, le plus haut degré du vrai coïncide avec le plus haut degré de l'être. D'autre part, ce qui est au sommet de la perfection dans un genre donné, est cause de cette même perfection en tous ceux qui appartiennent à ce genre : ainsi le feu, qui est superlativement chaud, est cause de la chaleur de tout ce qui est chaud, comme il est dit au même livre. Il y a donc un être qui est, pour tous les êtres, cause d'être, de bonté et de toute perfection. C'est lui que nous appelons Dieu.

5. Dieu est le guide intelligent de toutes choses. La cinquième voie est tirée du gouvernement des choses. Nous voyons que des êtres privés de connaissance, comme les corps naturels, agissent en vue d'une fin, ce qui nous est manifesté par le fait que, toujours ou le plus souvent, ils agissent de la même manière, de façon à réaliser le meilleur ; il est donc clair que ce n'est pas par hasard, mais en vertu d'une intention qu'ils parviennent à leur fin. Or, ce qui est privé de connaissance ne peut tendre à une fin que dirigé par un être connaissant et intelligent, comme la flèche par l'archer. Il y a donc un être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin, et cet être, c'est lui que nous appelons Dieu.

  • La science et Dieu

Plusieurs savants, scientifiques et intellectuels ont affirmé l’existence de Dieu: Voltaire pouvait dire: «L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ai point d’horloger» Les cabales, 1772. Descartes: «je n’aurais pas l’idée de l’infini si elle n’avait été mise en moi par un être infini ». John Lenox (scientifique, professeur à l’université d’Oxford) : «Pour moi, en tant que croyant, la beauté des lois scientifiques renforce ma foi en une force créatrice d’origine divine. Plus je comprends la science, plus je crois en Dieu». Vera Kistiakowsky (Physicienne au MIT et ancienne présidente de l’Association des Femmes de Science): «L’ordre exquis qui révèle notre compréhension scientifique du monde physique nécessite le divin». Louis Pasteur: «un peu de science nous éloigne de Dieu, mais beaucoup nous y ramène». Ainsi la science ne s’oppose pas Dieu, mais au contraire celle vient à nous montrer l’évidence.

  • L’attitude de l’Église en face de l’athéisme

« L’Église, fidèle à la fois à Dieu et à l’homme, ne peut cesser de réprouver avec douleur et avec la plus grande fermeté, comme elle l’a fait dans le passé, ces doctrines et ces manières de faire funestes qui contredisent la raison et l’expérience commune et font déchoir l’homme de sa noblesse native. L’Église tient que la reconnaissance de Dieu ne s’oppose en aucune façon à la dignité de l’homme, puisque cette dignité trouve en Dieu lui-même ce qui la fonde et ce qui l’achève. Car l’homme a été établi en société, intelligent et libre, par Dieu son Créateur. Mais surtout, comme fils, il est appelé à l’intimité même de Dieu et au partage de son propre bonheur. L’Église enseigne, en outre, que l’espérance eschatologique ne diminue pas l’importance des tâches terrestres, mais en soutient bien plutôt l’accomplissement par de nouveaux motifs. À l’opposé, lorsque manquent le support divin et l’espérance de la vie éternelle, la dignité de l’homme subit une très grave blessure, comme on le voit souvent aujourd’hui, et l’énigme de la vie et de la mort, de la faute et de la souffrance reste sans solution : ainsi, trop souvent, les hommes s’abîment dans le désespoir... Quant au remède à l’athéisme, on doit l’attendre d’une part d’une présentation adéquate de la doctrine, d’autre part de la pureté de vie de l’Église et de ses membres. C’est à l’Église qu’il revient en effet de rendre présents et comme visibles Dieu le Père et son Fils incarné, en se renouvelant et en se purifiant sans cesse, sous la conduite de l’Esprit Saint. Enfin ce qui contribue le plus à révéler la présence de Dieu, c’est l’amour fraternel des fidèles qui travaillent d’un cœur unanime pour la foi de l’Évangile et qui se présentent comme un signe d’unité. Car l’Église sait parfaitement que son message est en accord avec le fond secret du cœur humain quand elle défend la dignité de la vocation de l’homme, et rend ainsi l’espoir à ceux qui n’osent plus croire à la grandeur de leur destin. Ce message, loin de diminuer l’homme, sert à son progrès en répandant lumière, vie et liberté et, en dehors de lui, rien ne peut combler le cœur humain: « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur ne connaît aucun répit jusqu’à ce qu’il trouve son repos en toi». (CV II, Gaudium et Spes, n. 21-)

Conclusion 

Chers jeunes, chaque âge a ses hérésies. Chaque âge voit aussi se renouveler le principe des assauts contre la foi. Aujourd’hui, l’attaque principale n’est pas seulement d’ordre historique et métaphysique mais aussi un problème proprement spirituel. Le christianisme n’est plus seulement combattu dans l’un de ses fondements, il est visé directement au cœur. C’est tout le christianisme qui doit être abrogé et remplacé. A l’idéal chrétien est opposé l’idéal relativiste. Si nous voulons retrouver un «christianisme fervent», il faut le rendre à lui-même dans nos âmes, il faut lui rendre nos âmes, non l’adapter à la mode du jour. La question, encore une fois, est d’abord spirituelle : nous avons à retrouver l’esprit du christianisme. Tel que l’Eglise ne cesse de nous l’offrir, l’Evangile nous suffit. La question de l’existence de Dieu donc est un enjeu central. Car la réponse que vous allez donner vas certainement orienter et façonner votre vie. Peut-être que vous le savez tous mais ce soir, Dieu réaffirme son existence, sa présence et il te dit, Je suis là. Je t’écoute, je te vois, je te connais. Qu’allons-nous lui répondre ? Qu’allons-nous faire ? A la question de l’existence de Dieu, il n’y a qu’une seule réponse possible, un acte de foi, lui donner toute notre vie.

« Peu de jours après la mort de M. Blaise Pascal, mathématicien, inventeur, physicien, philosophe, dit le Père Guerrier, un domestique de la maison s'aperçut par hasard que dans la doublure du pourpoint de cet illustre défunt il y avait quelque chose qui paraissait plus épais que le reste, et ayant décousu cet endroit pour voir ce que c'était, il y trouva un petit parchemin plié et écrit de la main de M. Pascal, et dans ce parchemin, un papier écrit de la même main: l'un était une copie fidèle de l'autre. Ces deux pièces furent aussitôt mises entre les mains de Mme Périer qui les fit voir à plusieurs de ses amis particuliers. Tous convinrent qu'on ne pouvait douter que ce parchemin, écrit avec tant de soin et avec des caractères si remarquables, ne fût une espèce de mémorial qu'il gardait très soigneusement pour conserver le souvenir d'une chose qu'il voulait avoir toujours présente à ses yeux et à son esprit, puisque depuis huit ans, il prenait soin de le coudre et découdre à mesure qu'il changeait d'habits». Le parchemin est perdu; mais au commencement du manuscrit de la bibliothèque nationale se trouve le papier qui le reproduisait, écrit de la main de Pascal, et dont l'authenticité est attestée par un billet signé de l'abbé Périer, neveu de Pascal. En tête, une croix entourée de rayons » (Léon Brunschvicg en anecdonet.free.fr)

" L'an de grâce 1654, (à 31 ans). Lundi, 23 novembre, jour de saint Clément, pape et martyr et autres au martyrologe, Veille de saint Chrysogone, martyr, et autres. Depuis environ 10 heures et demie du soir jusques environ minuit et demi, Feu. «Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob» non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix. Dieu de Jésus-Christ. Mon Dieu et votre Dieu, «Ton Dieu sera mon Dieu» Oubli du monde et de tout, hormis Dieu. Il ne se trouve que parmi les voies enseignées dans l'Évangile. Grandeur de l'âme humaine. «Père juste, le monde ne t'a point connu, mais je t'ai connu». Joie, joie, joie, pleurs de joie. Je m'en suis séparé: Ils m'ont abandonné, moi, la source d'eau vive «Mon Dieu me quitterez-vous?» Que je n'en sois pas séparé éternellement. Cette est la vie éternelle, qu'ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.» Jésus-Christ. Jésus-Christ. Je m'en suis séparé; je l'ai fui, renoncé, crucifié. Que je n'en sois jamais séparé. Il ne se conserve que par les voies enseignés dans l'Évangile: Renonciation totale et douce. Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur. Éternellement en joie pour un jour d'exercice sur la terre.
Non obliviscar sermones tuos (Que je n'oublie pas tes paroles), Amen."

Blaise Pascal

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