LES BÉATITUDES ET LA MATURITÉ HUMAINE (II)

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

LES BÉATITUDES ET LA MATURITÉ HUMAINE (II)

      (IV) «Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice»; ou bien, d’une autre façon «heureux ceux qui aspirent fermement à la sainteté, à la vertu et la noblesse de vie». Cette béatitude sonde nos aspirations et en conséquence, la maturité qu’elles révèlent : sommes-nous indifférents, médiocres ou bien résolus dans notre effort pour atteindre la sainteté ? Ceci, tout d’abord, implique le désir de sainteté (justice doit se comprendre dans ce sens); comme aussi l’existence dans notre coeur de la vertu «vitale» de la magnanimité, parce que le Seigneur souligne le caractère de «grandeur» et d’ «effort», lorsque il parle de «faim et soif», et non pas de simples «désirs» (il s’agit donc d’un désir intense, tenace). Elle comprend en plus, un désir «total», parce que cette béatitude est exprimée à l’accusatif dans le texte grec (ce qui manifeste qu’elle fait référence à «toute la justice», comme si elle disait ceux qui ont faim et soif de toute justice) et non au génitif (ce qui n’indiquerait qu’une partie de la justice). Elle ne parle pas d’actes justes et saints isolés, mais plutôt de la sainteté en elle-même; la personne qui a faim et soif de sainteté est celle qui veut devenir sainte, non celle qui aspire à faire de temps à autre quelques bonnes actions. Cette attitude conduit «effectivement» à la sainteté; parce que le Royaume des cieux est seulement conquis par ceux qui agissent avec force (cf. Mt. 11,12); en conséquence, elle est signe d’une grande maturité spirituelle. Ce désir manifeste en plus une vraie et effective volonté, engendre une grande joie spirituelle et donne une grande patience dans les difficultés de chaque jour; parce que celui qui aspire à la sainteté, ne donne que peu d’importance aux difficultés qu’exige sa conquête. Au contraire, celui à qui manque cette attitude, manifeste divers signes d’immaturité spirituelle. Avant tout, il cherche des idéaux assez éloignés de ceux de Jésus-Christ. Si nos désirs les plus ardents (c'est-à-dire ceux qui nous laissent «inquiets», autrement dit qui, ne nous laissent pas reposer en paix jusqu’à leur réalisation, qui font bruler notre coeur) ne se résument pas en un seul: celui d’être saint, on peut dire que la sainteté est quelque chose d’accessoire dans nos vies. Et plus encore, peut être que cette idée a été déjà écartée de notre vie pour la considérer comme un idéal peu fascinant ou finalement impossible. Mais, le renoncement à la sainteté est le premier pas vers le désespoir. Quand ces désirs de sainteté manquent, on commence immédiatement, bien que au début de façon inconsciente, à s’habituer à la vie de ce monde, à nous «installer», c'est-à-dire à nous «mondaniser». Seul un désir ardent d’aspirer à ce qui est grand, saint et noble peut nous libérer de ces attachements mondains. D’autre part, le manque de ces désirs ardents est un signe de pusillanimité et engendre la paresse spirituelle. Le coeur peut s’examiner avec ces questions: quels sont mes désirs les plus importants? Quel sentiment réveille en moi l’idée de la sainteté: consolation ou désolation, résolution ou désintérêt; paresse, chagrin, ennui ou tout le contraire, courage et envie de lutter pour cet idéal? Est-ce que je travaille pour la sainteté? Est-ce que je possède des projets nobles, grands, sublimes? Ou bien, est-ce que je vis une vie sans un regard de grandeur, sans aspirations intéressantes? Au moment de travailler sur ce sujet, il sera nécessaire de méditer sur la sainteté (sa nature, sa nécessité, les moyens pour l’atteindre, etc.), se remettre devant les propres yeux, des exemples «incarnés» de la sainteté qui réchauffent le coeur d’enthousiasme et cultiver (- cela contre l’apathie-) la charité réelle et concrète.

                                
      (V) «Bienheureux les miséricordieux», ou bien : «heureux ceux qui ont pitié du prochain, ceux qui souffrent des maux d’autrui et cherchent à y porter remède, ceux qui regardent davantage les besoins des autres que les siens propres». Cette béatitude propose la véritable miséricorde, celle qui ne doit pas se confondre avec une fausse tendresse. Le mot hébreux pour désigner miséricorde (checed) indique la capacité de «se mettre dans la peau de l’autre personne» pour voir les choses telles qu’elle les voit, les sentir comme elle les sent, et les souffrir comme elle. Ainsi fut la miséricorde du Christ, qui a souffert avec nous, éprouvé en tout, comme dit la lettre aux Hébreux (cf. Héb. 4,15). Alors, il ne s’agit pas d’une attitude sensible, mais d’une attitude spirituelle: c’est la douleur spirituelle pour un mal spirituel, qu’est le péché ou l’éloignement de Dieu. C’est pour cela, que cette attitude nous pousse à l’action, à «réparer», dans la mesure du possible, le mal commis. De cette attitude miséricordieuse découle une multitude de biens. Avant tout, elle embellit l’âme d’une façon particulière: le coeur miséricordieux est celui qui ressemble le plus à Dieu, parce que la miséricorde est l’attribut divin que les hommes découvrent le plus, en effet tout ce que nous pouvons connaître de Dieu, nous le connaissons parce qu’Il s’incline miséricordieusement vers nous et nous ouvre son Coeur et ses mystères. Cette qualité préserve aussi d’une des plus dangereuses maladies de l’âme: la «sclérose» spirituelle ou la dureté du coeur, c'est-à-dire l’incapacité de percevoir la souffrance et la douleur des autres. Elle donne également à l’âme une profonde délicatesse spirituelle et affective pour traiter avec les autres personnes: l’homme vraiment miséricordieux évite de faire souffrir le prochain, car son but principal c’est de soulager la souffrance, et non d’en être la cause ou bien de l’augmenter. Elle rend aimable la personne et lui donne une grande capacité d’amitié avec les autres, pour cela le miséricordieux est toujours recherché et accueilli avec vénération, même pour ceux qui ne partagent pas ses mêmes idées (cela se met évidence par exemple lorsque les autres religions, comme l’hindouisme et l’islam, ou bien des idéologies qui persécutent le christianisme, ont été «obligées» de respecter ceux qui pratiquent la miséricorde, comme c’était le cas de la bienheureuse mère Teresa de Calcutta en Inde ou en Chine). Finalement, la miséricorde fait que la personne, tout en se dédiant au prochain, sort d’elle-même et qu’elle arrête de tourner en rond sur ses problèmes; dans ce sens, elle est une protection contre les différentes maladies de caractère neuropsychique qui ont comme origine l’égocentrisme. La carence de cette attitude produit la maladie spirituelle et psychologique de la «dureté de coeur» ou «le manque d’empathie». Elle pousse aussi la personne à vivre penchée sur ses propres problèmes en regardant exclusivement ses propres souffrances; cela peut engendrer ainsi de nombreuses formes d’auto-compassion et de problèmes d’ordre psychologique. Pour examiner notre coeur, il faudrait nous demander: suis-je indifférent à la souffrance des autres? Si la réponse à cette question est négative, suis-je capable, alors, de l’aider concrètement? Mes propres problèmes me préoccupent-ils davantage que ceux des autres? Ai-je la capacité de charger sur mes épaules les souffrances de mon prochain, malgré le poids supplémentaire que cela signifierait pour moi? Est-ce que je pense plus à moi-même qu’aux autres?, etc. Si on détecte des défauts par rapport à cette attitude spirituelle, il serait nécessaire de travailler l’oubli de soi, le vrai sens de la charité et le sens de la souffrance.
      (VI) «Bienheureux les coeurs purs». Bien que cette expression ait été interprétée différemment par les commentateurs des béatitudes, je vais en considérer ici seulement un aspect: celui qui fait référence à la pureté et à la chasteté. Dans ce sens, on pourrait dire : «heureux ceux qui aiment et pratiquent la vertu de la pureté». La pureté/chasteté est un des éléments essentiels de la maturité humaine. La luxure dans le domaine sexuel est une manifestation évidente d’immaturité pour constituer une sorte de fixation sur des comportements «pubères» ou «pré-pubères». Cette attitude implique la chasteté non seulement dans les actes extérieurs, mais aussi dans les propos, pensées et désirs; ce qui veut dire qu’il s’agit d’une décision positive d’être purs, tout en évitant de jouer avec le danger dans n’importe quel camp ou degré. Elle suppose aussi une éducation de la vertu de la pudeur et de la mortification extérieure et intérieure. Pourtant, elle n’a rien à voir avec l’autre attitude, fruit d’une anomalie d’ordre psychologique face à la sexualité qui voit un péché où il n’existe pas, ou qui se trouble par des mouvements non délibérés et non volontaires de notre nature. Nous pouvons déjà imaginer tous les biens qui découlent de vivre cette attitude: la pratique d’une profonde chasteté (qui comprend aussi toute notre affectivité) est la cause d’un grand équilibre pour notre âme, elle donne sérénité au coeur et connaturalité par rapport aux choses spirituelles (les coeurs purs verront Dieu); c’est aussi une garantie pour la maturation sexuelle homogène et éventuellement, une expérience pleine et harmonieuse de la sexualité dans la vie matrimoniale. Par contre, la carence de cette condition, - qui se présente dans le vice de l’impureté sous toutes ses formes, y compris dans les intentions, les désirs, les pensées, dans l’«imprudence» de s’exposer aux occasions de péché, la curiosité dangereuse, etc.- est un des plus destructeurs et dégradants parmi tous les désordres qui touchent la personne humaine, parce qu’elle amène facilement à une conduite désordonnée, qui devient vite un vice et finit par se convertir en addiction (en d’autres termes, elle entraine progressivement vers une situation toujours plus grave). Pour la même raison elle produit une insensibilité devant le péché: ce qui, au début, était considéré comme un mal, devient facilement toléré, avant de le voir comme «normal», «inévitable», même «nécessaire», etc. Et ce n’est pas étrange que cela entraîne vers des comportements antinaturels. Si nous prétendons sonder le coeur à ce niveau, outre le fait de considérer tout d’abord quel est le jugement personnel que nous avons sur ces désordres contre la chasteté (beaucoup ont des jugements erronés sur ce sujet), nous devrions aussi examiner nos dispositions pour pouvoir vivre sereinement cette vertu: est-ce que je vis la pudeur? Quelle est mon attitude face aux occasions de péché? Est-ce que je m’y expose sans nécessité? Suis-je curieux devant des questions relatives au sexe? Suis-je assez souple par rapport au domaine de mes passions, et de mes mortifications? Est-ce que je me donne des permissions qui préparent le coeur à tomber dans le péché? Suis-je «mondain» dans mes pensées, mes goûts et mes regards? Est-ce que je regarde la télévision sans besoin, ou bien seul? Est-ce que j’utilise la télévision, l’internet, le cinéma, etc., comme une fuite de l’ennui ou de la solitude? Est-ce que je fais attention à ce que je regarde dans les journaux et dans les revues? Ai-je des lectures mondaines, dangereuses, qui stimulent mon imagination?, etc. Dans le cas où il serait nécessaire d’éduquer le coeur, le travail à faire doit couvrir différents champs: cultiver le sens du péché, apprendre à dominer la fantaisie et les affections, purifier la mémoire et la fantaisie par la méditation, le travail intellectuel, etc.; mais aussi un travail physique sain et équilibré: bonne hygiène, sport, etc. Et surtout, de façon positive, il faut avoir un noble idéal, vivre la vie de la grâce, pratiquer la charité et le don de soi pour les autres.

    (VII) «Bienheureux les pacifiques», c'est-à-dire: «heureux ceux qui sont capables de réconciliation et de semer la paix dans les coeurs divisés». Cette béatitude ne se dirige pas seulement «aux amants de la paix», mais plutôt «à ceux qui font la paix». Elle est une des qualités les plus évidentes d’un coeur mûr. Cette capacité suppose avant tout une pacification de son propre coeur. C’est par là qu’on commence: c’est seulement lorsqu’on a pacifié son propre coeur, que l’on peut semer la paix chez les autres. La paix dont nous parlons ici, est celle de l’âme avec Dieu et avec lui-même. C’est un effet de la grâce ; elle nait particulièrement du fait d’accomplir la volonté de Dieu à chaque instant. En effet éviter d’accomplir la volonté de Dieu sur nous produit toujours inquiétude, manque de calme et combat intérieur. Cette capacité exige en plus, de savoir se taire en beaucoup de situations où l’on aimerait se faire entendre; et aussi de parler lorsque parfois on aimerait se taire. Elle suppose aussi l’art de corriger, de bonne façon et au moment précis (parce que corriger hors contexte engendre rébellion et discorde), être prompts pour demander pardon à ceux que l’on offense, de toujours pardonner à ceux qui nous offensent; de ne jamais dire du mal des uns devant les autres et de semer toujours de la joie et de la sérénité. Cette attitude engendre de grands bénéfices: elle nous fait devenir «enfants de Dieu», ce qui est la récompense de cette béatitude, car par elle nous imitons Dieu dans une des oeuvres principales: faire la paix. Elle nous fait ressembler au Christ, venu porter la paix aux hommes: «Dieu a jugé bon que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel» (Col. 1,20). Le Messie est appelé «prince de la paix» (Is 9,5). Par contre, ceux qui sont privés de cette béatitude se font «semeurs de discorde», ils tombent dans la médisance, la calomnie, et ils sont presque toujours à l’origine des problèmes relationnels dans une communauté ou un groupe. Examinons notre coeur avec ces questions : Lorsque je vois des personnes se diviser ou se disputer entre elles, est-ce que cela me réjouit? Est-ce que je cherche à favoriser la paix entre elles? Est-ce que j’alourdis les blessures de l’âme en «jetant de l’huile sur le feu»? Suis-je médisant? Suis-je prompt à demander pardon et à le donner lorsqu’on me le demande? Afin d’obtenir cette béatitude il faut méditer et travailler sur la charité (et pour cela, il est très utile de lire, méditer et se laisser guider par l’hymne de la charité en 1 Corinth. 13), prendre garde à nos paroles, être attentifs à l’esprit qui nous pousse à parler; en méditant sur le pardon, et en apprenant à pardonner avec promptitude.
      (VIII) «Heureux ceux qui sont persécutés à cause de Jésus-Christ»; c'est-à-dire: «heureux si nous sommes rejetés pour ressembler à Jésus-Christ». Cette dernière attitude, une sorte de résumé de toutes les autres, implique l’acceptation et l’amour de la croix sans se plaindre; c'est-à-dire, aimer et choisir la croix. Elle nous unit au Christ, qui s’est fait «Victime» pour nous; en effet, on comprend correctement cette béatitude quand on cherche la parfaite imitation du Christ («Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de Moi»).
On ne doit pas la confondre avec la persécution ou la punition soufferte pour nos mauvaises actions; et non plus avec le refus du prochain à cause de nos défauts ou d’un tempérament difficile à traiter. Il y a beaucoup de persécutés auxquels on ne pourrait pas appliquer cette béatitude. En effet, elle ne fait pas référence aux personnes qui «se sentent et se proclament persécutés», parce que celui qui «se sent ou se proclame» persécuté ne l’est pas généralement; les vrais saints persécutés n’ont jamais ni exagéré, ni crié leur persécution. Au contraire, cela exige beaucoup de joie: «Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse» dit Jésus; s’il n’y a pas de la joie, c'est-à-dire, la paix, la conformité à la volonté de Dieu, on ne peut pas vivre cette béatitude, même si la persécution était réelle et injuste. Voici quelques biens qui découlent du vivre cette béatitude: une véritable ressemblance avec Jésus crucifié et la fécondité spirituelle, car toute fécondité apostolique dérive de la croix: «quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes», dit Jésus (Jn. 12,32). Ainsi, il devient évident que la carence de cette attitude équivaut à vivre la croix amèrement et avec inquiétude, et ne pas comprendre le christianisme. Saint Paul dit dans la lettre aux Thessaloniciens, parlant des persécutions: «vous savez bien, vous-mêmes, que nous y sommes exposés» (1Thés. 3, 3-4). D’autres versions traduisent: «c’est notre destin» ou bien «nous sommes pour cela». Lorsque le chrétien n’assume pas cette attitude, il vit une vie amère, parce que la croix est inévitable et le fait d’être en désaccord avec l’inévitable est cause de désespoir et de grande tristesse. C’est pourquoi la conséquence de l’incompréhension de cette vérité signifie la fuite de tout ce qui est crucifiant. D’autres réagissent avec la tristesse, la colère, le ressentiment ou même la violence devant la persécution ou la calomnie. Quand les martyrs recevaient l’annonce de la persécution, ils rendaient grâces à Dieu. Celui qui n’est pas arrivé à la maturité, par exemple, monte en colère lorsqu’il sait que l’on parle mal de lui. Le manque de cette attitude nous fait semblable au «mauvais larron»: sa façon de porter la croix était pour lui une «malédiction», c’est justement la façon de porter la croix par ceux qui la refusent. L’incompréhension de cette béatitude pousse habituellement à vivre une vie d’amertume, à s’éloigner des desseins de Dieu sur nous, à perdre la persévérance dans la vocation et même dans la foi. Et dans certains cas, elle produit des troubles psychologiques par suite d’une vie en état de révolte intérieure. Elle peut entraîner vers des maladies soit physiques (insomnie, hypertension, gastrites, ulcères) soit aussi psychologiques. Pour pouvoir examiner le coeur sur cela, il faut se demander: comment est-ce que je considère la croix? Devant la souffrance injuste (persécution, calomnie, critiques injustes, punitions disproportionnées, etc.), quelle est ma réaction? C’est de joie, en conformité avec le plan de Dieu et en pardonnant à celui qui est la cause de cette douleur? Ou bien, par contre, c’est de révolte, de ressentiment, parce que je me sens incompris, injustement rejeté ? Est-ce que je me plains, je parle mal de mes persécuteurs (même quand il s’agit de mes supérieurs, mes parents ou mon conjoint)? S’il fallait cultiver cette attitude, on devrait d’abord travailler en nous le sens de la douleur, contempler et méditer l’exemple du Christ crucifié et l’attitude de chaque larron, examinant avec lequel des trois s’identifie ma vision de la douleur; et finalement, beaucoup demander dans la prière à se rendre conforme à la sainte volonté de Dieu.

En agissant ainsi, nous avons les éléments de base, essentiels, d’une personnalité mature.

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