JESUS-CHRIST CENTRE DE LA BIBLE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

JESUS-CHRIST CENTRE DE LA BIBLE

I. Par-dessus tout, dans l'intention visible de Dieu qui l'a donnée au monde, et d‘après l'interprétation constante de l'Église, la Bible est le livre du Messie, le livre de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Telle est vraiment l’idée mère et centrale des écrits inspirés, idée vers laquelle convergent toutes les autres; telle est leur principale raison d’être, en dehors de laquelle disparaît toute leur unité et presque toute leur beauté: Jésus, le Christ, Fils de Dieu. Suivant l'expression de saint Paul (Eph. II, 20) commentée par saint Irénée, Jésus-Christ est la principale pierre d'angle, qui unit les deux Testaments de la manière la plus étroite.

II. Rien de plus facile à démontrer que cette noble thèse. Les preuves extrinsèques, ou d’autorité, et les preuves intrinsèques, tirées du fond même des saints Livres, abondent en ce sens. Nous devons nous borner ici à indiquer les principales. Naturellement, nous insisterons davantage sur les écrits de l'ancienne Alliance, car il est de toute évidence que Jésus est l'alpha et l'oméga du Nouveau Testament.

1° Les preuves extrinsèques consistent dans le témoignage de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même et dans celui de ses apôtres, dans la tradition juive et dans la tradition chrétienne.

A plusieurs reprises, le Seigneur Jésus affirme, dans les termes les plus énergiques, que toute la Bible est occupée de lui. Il y renvoie les pharisiens hostiles et incrédules : Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi, Jean. V, 39. Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit de moi, Jean. V, 46. Il y renvoie ses disciples et ses amis : Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait, Luc. XXIV, 27. Puis il leur dit: C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes, Luc. XXIV, 44.

Saint Philippe s’écrie au moment même où il venait de rencontrer Jésus pour la première fois: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph, Jean. I, 45 (il est remarquable que les anges, pour annoncer à Zacharie, à Marie, à Joseph, aux pasteurs, l'avènement du Messie, emploient les expressions de l'Ancien Testament, et les images des prophètes. Cf Matth. I, 20-21; Luc I, 13-17, 30-35 ; II, 10-13).

C’est aussi l’Ancien Testament qui fournissait à tous les apôtres en général la substance de leurs discours et de leurs lettres, quand ils annonçaient Notre-Seigneur Jésus-Christ. De quoi saint Pierre paraît-il avant tout frappé, dans les rares pages qui nous sont restées de lui? De la réalisation littérale et intégrale, par son Maître, des prophéties antiques.

Saint Étienne, le diacre au visage d’ange, termine en ces termes son beau discours christologique: Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté? Ils ont tué ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, Act. VII, 52.

Saint Paul, ce rabbin converti, qui s’était avidement plongé dans l’étude des saintes Écritures et des traditions juives, a prouvé mieux que personne, soit par des principes généraux, soit par des applications de détail, que Jésus-Christ est vraiment l'âme de la Bible. Ses principes sont d’une lucidité et d’une énergie remarquables : car Christ est la fin de la loi, Rom. X, 4; quand Jésus-Christ apparaît, c’est que les temps ont été accomplis, Gal. IV, 4, ce à quoi tout aspirait ardemment sous l’ancienne Alliance; la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, ou mieux, d’après le texte original, un pédagogue qui nous conduit au Christ, Gal. IV, 24; les fidèles sont édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Eph. II, 20; l’Ancien Testament, avec ses lois et ses cérémonies, n’était qu’une ombre, le Nouveau est le corps, la réalité, Col. II, 17;

Apollos, le célèbre juif alexandrin dont Aquila et Priscilla, les amis de saint Paul, achevèrent la conversion, est appelé dans le livre des Actes, XVIII, 24, homme versé dans les Écritures. Or en quoi consistait exactement son habileté, sa puissance? Saint Luc l’exprime en ces termes un peu plus bas, vers. 28 : Car il réfutait vivement les Juifs en public, démontrant par les Écritures que Jésus est le Christ.

Saint Augustin : « ll ne faut pas vouloir tout appliquer immédiatement au Messie; mais les endroits qui ne le regardent pas directement servent au moins de support à ceux qui l’annoncent. Comme dans une lyre, dit saint Augustin, les cordes seules sont sonores de leur nature, et cependant le bois sur lequel on les monte n’a point d’autre but que de contribuer aussi à la production des sons. Ainsi en est-il de tout l’Ancien Testament, qui résonne comme une lyre harmonieuse le nom et le règne de Jésus-Christ (Le Hir, les trois grands Prophètes, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel : analyses et commentaires. Paris, 1877, p.14 et ss). »

On le voit déjà par cette délicate comparaison de saint Augustin, les Pères et les Docteurs chrétiens des premiers siècles, quand ils étudiaient la Bible, aimaient à regarder toutes les parties qui la composent comme autant de cercles concentriques, ou comme autant de rayons convergents, dont le Seigneur Jésus est le centre réel. A la façon des Apôtres et selon la pressante recommandation du Sauveur, ils scrutaient les Écritures surtout en vue d’y découvrir le Messie promis (C'est dans l'Épître de S. Barnabé, composée entre les années 71 à 120 de notre ère, que l'on trouve la première discussion systématique des passages de l'Ancien Testament réalisés par Jésus-Christ). Saint Justin martyr, dans son dialogue avec le Juif Tryphon; Athénagore, dans son Apologie; Tertullien, Adversus Judaeos; saint Irénée, Contra Haereses, développent fréquemment ce beau thème. ll valait mieux, disaient-ils, chercher dix fois le Christ là où il n’était pas, que de l’oublier une seule fois là où il se trouvait.

Et depuis ces temps reculés jusqu'à nos jours, tous les interprètes croyants sont venus de même saluer Jésus-Christ dans la Bible des Juifs, ou il ne se manifeste pas moins que dans les écrits apostoliques.  Bossuet a également jeté son regard de génie sur les pages sacrées, et voici ce qu’il y a découvert: « Tous (les auteurs inspirés) ont écrit par avance l’histoire du Fils de Dieu, qui devait aussi être fait le fils d’Abraham et de David. C’est ainsi que tout est suivi dans l’ordre des conseils divins. Ce Messie, montré de loin comme le fils d’Abraham, est encore montré de plus près comme le fils de David. Un autre écrivain de génie, le P. Lacordaire, a sur cette même pensée des pages éloquentes, dans lesquelles il se complaît à montrer du sommet à la base des saintes Écritures, « la figure du Christ éclairant tout de sa lumière et de sa beauté. 

2° Il n’est pas moins facile de démontrer par les preuves intrinsèques, c’est-à-dire par le contenu même des livres sacrés, que Notre-Seigneur Jésus-Christ est le point culminant et l’idée centrale de la Bible. Ce volume, composé par des auteurs si nombreux, sous des civilisations si différentes, présente une remarquable unité : tout s’y enchaîne d’une manière vraiment étonnante. Or le Christ est le lien moral qui en groupe les diverses parties en un faisceau unique. Il existe un axiome que le moyen âge a extrait des écrits de saint Augustin (Quaest. 73 in Exod.): Novum Testamentum in Vetere latet, Vetus Testamentum ln Novo patet. Ce proverbe est un parfait sommaire de ce que nous venons d’expliquer.

III. De quelque manière qu’on l'envisage, la Bible est donc vraiment le livre de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est pour cela que saint Jérôme a-t-il dit à bon droit qu’ignorer les Écritures c’est ignorer le Christ lui-même. En la lisant, nous contemplerons N.J-C partout avec bonheur, puisque sa présence remplit tout. Et quels admirables fruits seront produits peu à peu dans nos cœurs!

(Extrait des leçons données par le P. Silvio Moreno, IVE aux universitaires de la residence Jean Pauln II. Ce chapitre est un resumé de l'introduction au Nouveau Testament de la Bible catholique de Fillon)

 

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