LE PAPE FRANCOIS ET LA FAMILLE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

LE PAPE FRANCOIS ET LA FAMILLE

Extrait du discours de Pape François à Mall of Asia Arena – Manilles

16 janvier 2015

Rencontre des familles aux Philippines

Chères familles, chers amis dans le Christ,

                Les Saintes Écritures parlent rarement de saint Joseph, mais quand elles le font, nous le trouvons souvent en train de se reposer, avec un ange qui lui révèle en songe la volonté de Dieu. Dans le passage de l’Évangile que nous venons d’écouter, nous trouvons Joseph en train de se reposer non pas une fois, mais deux fois. Ce soir, je voudrais me reposer dans le Seigneur avec vous tous, et réfléchir avec vous sur le don de la famille. Le repos de Joseph lui a révélé la volonté de Dieu. En ce moment de repos dans le Seigneur, en faisant une pause dans nos nombreux devoirs et activités, Dieu nous parle, à nous aussi. Il nous parle dans la lecture que nous avons écoutée, dans nos prières et dans les témoignages, ainsi que dans le silence de notre cœur. Réfléchissons sur ce que le Seigneur nous dit, spécialement dans l’Évangile de ce soir.

                Il y a trois aspects de ce passage que je vous demande de considérer: se reposer dans le Seigneur, se lever avec Jésus et Marie, et être une voix prophétique.

 

1) Se reposer dans le Seigneur. Le repos est bien nécessaire à la santé de nos esprits et de nos corps, et pourtant souvent il est difficile d’y parvenir, à cause des nombreuses exigences qui pèsent sur nous. Le repos est aussi essentiel pour notre santé spirituelle; ainsi nous pouvons écouter la voix de Dieu et comprendre ce qu’il nous demande. Joseph a été choisi par Dieu pour être le père adoptif de Jésus et l’époux de Marie. En tant que chrétiens, nous sommes nous aussi appelés, comme Joseph, à offrir une maison à Jésus. Vous préparez une maison pour Lui dans vos cœurs, dans vos familles, dans vos paroisses et dans vos communautés.

                Pour écouter et accepter l’appel de Dieu, pour construire une maison à Jésus, vous devez être en mesure de vous reposer dans le Seigneur. Vous devez trouver le temps, chaque jour, pour prier. Mais vous pourriez me dire: ‘Saint-Père, je voudrais prier, mais il y a tant de travail à accomplir! Je dois prendre soin de mes enfants; j’ai les travaux de la maison; je suis trop fatigué même pour bien dormir’. Cela pourrait être vrai, mais si nous ne prions pas, nous ne connaîtrons jamais la chose la plus importante de toutes: la volonté de Dieu pour nous. En outre, dans toute notre activité, dans la multiplicité de nos occupations, sans la prière, nous obtiendrons vraiment peu.

                Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles. Avant tout, c’est en famille que nous apprenons à prier. Là, nous arrivons à connaître Dieu, à grandir comme hommes et femmes de foi, à nous voir comme membres de la plus grande famille de Dieu, l’Église. En famille, nous apprenons à aimer, à pardonner, à être généreux et ouverts et non fermés et égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà de nos besoins, à rencontrer les autres et à partager nos vies avec eux. Voilà pourquoi il est si important de prier en tant que famille ! Voilà pourquoi les familles sont si importantes dans le plan de Dieu pour l’Église !

 

2) Se lever avec Jésus et Marie. Ces précieux moments de repos, de pause de prière avec le Seigneur, sont des moments que nous voudrions peut-être pouvoir prolonger. Mais comme saint Joseph, une fois écoutée la voix de Dieu, nous devons nous réveiller de notre sommeil; nous devons nous lever et agir (cf. Rm 13, 11). La foi ne nous retire pas du monde, mais elle nous y insère davantage. Chacun de nous, en effet, joue un rôle spécial dans la préparation de la venue du Royaume de Dieu dans notre monde. Tout comme le don de la Sainte Famille a été confié à saint Joseph, ainsi le don de la famille et sa place dans le plan de Dieu nous sont confiés. L’Ange du Seigneur a révélé à Joseph les dangers qui menaçaient Jésus et Marie, les obligeant à fuir en Égypte et puis à s’établir à Nazareth. De la même manière, en notre temps, Dieu nous appelle à reconnaître les dangers qui menacent nos propres familles et à les protéger du mal.

                Les pressions sur la vie de la famille aujourd’hui sont nombreuses. Ici, aux Philippines, d’innombrables familles souffrent encore des conséquences des catastrophes naturelles. La situation économique a provoqué la désintégration des familles avec l’émigration et la recherche d’un emploi; en outre, des problèmes financiers étreignent beaucoup de foyers. Tandis que trop de personnes vivent dans la pauvreté extrême, d’autres sont saisies par le matérialisme et par des styles de vie qui détruisent la vie familiale et les exigences les plus fondamentales de la morale chrétienne.

          La famille est aussi menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie. Notre monde a besoin de bonnes et fortes familles pour vaincre ces menaces! Les Philippines ont besoin de familles saintes et pleines d’amour pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu, et constituer un soutien ainsi qu’un exemple pour les autres familles. Chaque menace à la famille est une menace à la société elle-même.

                L’avenir de l’humanité, comme St. Jean-Paul II l’a souvent dit, passe par la famille (cf. Familiaris Consortio, n. 85). Donc, protégez vos familles ! Voyez en elles le plus grand trésor de votre nation et nourrissez-les toujours de la prière et de la grâce des sacrements. Les familles auront toujours leurs épreuves, elles n’ont pas besoin qu’on leur en rajoute d’autres ! Au contraire, soyez des exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires de respect pour la vie, en proclamant la sacralité de chaque vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Quel grand don ce serait pour la société, si chaque famille chrétienne vivait pleinement sa noble vocation ! Alors, levez-vous avec Jésus et Marie, et préparez-vous à parcourir la route que le Seigneur trace pour chacun de vous.

 

3) Enfin, l’Évangile que nous avons écouté nous rappelle que notre devoir de chrétiens est d’être des voix prophétiques au sein de nos communautés. Joseph a écouté la voix de l’Ange du Seigneur et a répondu à l’appel de Dieu de prendre soin de Jésus et de Marie. Ainsi, il a joué son rôle dans le plan de Dieu et il est devenu une bénédiction non seulement pour la Sainte Famille, mais une bénédiction pour toute l’humanité. Avec Marie, Joseph a servi de modèle pour l’Enfant Jésus pendant qu’il grandissait en sagesse, en âge et en grâce (cf. Lc 2, 52).

                Quand les familles donnent naissance aux enfants dans notre monde, les éduquent à la foi ainsi qu’aux valeurs saines, et leur enseignent à offrir leur contribution à la société, elles deviennent une bénédiction pour notre monde. L’amour de Dieu devient présent et actif à la manière dont nous nous aimons et par les bonnes œuvres que nous réalisions. Nous faisons croître le Royaume du Christ en ce monde. En faisant cela, nous nous montrons fidèles à la mission prophétique que nous avons reçue dans le baptême.

                Durant cette année, […] je vous demanderais, en tant que familles, d’être particulièrement attentifs à notre appel à être disciples missionnaires de Jésus. Cela signifie être prêt à aller au-delà des limites de vos maisons et prendre soin des frères et sœurs plus nécessiteux. Je vous demande de vous intéresser spécialement à ceux qui n’ont pas leur propre famille, en particulier à ceux qui sont âgés et aux enfants privées de leurs parents. Ne les laissez jamais se sentir isolés, seuls et abandonnés, mais aidez-les à se rendre compte que Dieu ne les a pas oubliés. Vous pourriez être vous aussi pauvres dans le sens matériel, mais vous avez une abondance de dons à offrir quand vous offrez le Christ et la communauté de son Église. Ne cachez pas votre foi, ne cachez pas Jésus, mais portez-le au monde et offrez le témoignage de votre vie de famille.

                Chers amis dans le Christ, sachez que je prie toujours pour vous ! Je prie pour que le Seigneur puisse continuer d’approfondir votre amour pour lui et que cet amour puisse se manifester à travers votre amour réciproque et votre amour pour l’Église. Priez souvent et portez les fruits de votre prière dans le monde, que tous puissent connaître Jésus-Christ et son amour miséricordieux. S’il vous plaît, priez aussi pour moi, j’ai vraiment besoin de vos prières et je compte toujours sur elles ! 

 

Extrait d’un entretien de Televisa (Mexique) au Pape FRANÇOIS

Vendredi 6 Mars 2015.

 

« La famille est en crise »

 

«La famille est en crise. Peut-être pas la crise la plus traditionnelle, de l’infidélité ou, comme on l’appelle au Mexique, la ‘petite maison’ et la ‘grande maison’. Non, non. Mais une crise plus profonde. Il est clair que les jeunes ne veulent pas se marier ou vivre ensemble. Ils ne le font pas parce qu’ils veulent protester, mais parce qu’aujourd’hui ils sont ainsi. Après, à la longue, certains se marient même à l’Église. Cela équivaut à dire qu’il y a une crise de la famille à l’intérieur même de la famille. Et de ce point de vue, je pense que le Seigneur veut que nous affrontions différents points: la préparation au mariage, l’accompagnement de ceux qui vivent en concubinage, des nouveaux époux, de ceux qui mènent au mieux leur famille, de ceux qui ont échoué dans leur famille et qui donnent vie à de nouvelles unions, et de ceux qui se préparent à recevoir le sacrement du mariage, parce que tous ne sont pas préparés». C’est ainsi que le Pape François a répondu à Valentina Alazraki, correspondante du Vatican de Televisa, dans un long entretien le 6 Mars 2015, à la Maison Sainte-Marthe, qui a ensuite été retransmis par la télévision mexicaine dans la soirée du 12 Mars suivant, la veille du début de la troisième année de son pontificat.

 

 Le Pape François s’est concentré sur la façon d’ «intégrer dans la vie de l’Église les familles replay», c’est-à-dire «celles de la seconde union qui sont parfois phénoménales ... Tandis que les premières avaient été un échec. Comment les réintégrer? Qu’elles aillent à l’église. Alors, on simplifie et on dit: ‘Ah, ils donneront la communion aux divorcés’. Mais donner la communion aux personnes divorcées remariées, cela ne résout rien. Ce que l’Église veut, c’est que tu t’intègres à la vie de l’Église. Mais certains disent: ‘Non, moi je veux communier et c’est tout’. Pour eux, la communion est une cocarde, un titre honorifique. Non, il faut que tu te réintègres. Sept sont les choses que les personnes de seconde union ne peuvent pas faire en vertu du droit actuel. Je ne me souviens pas de toutes, mais parmi elles il y a l’impossibilité d’être parrains de baptême. Pourquoi? Et quel témoignage pourront-ils donner à leur filleul? Celui de dire: «Écoute mon cher, dans ma vie je me suis trompé. Maintenant, je me trouve dans cette situation. Je suis catholique. Les principes sont les suivants. Je fais ceci et je t’accompagne». Un vrai témoignage. Mais si se présente un mafieux, un criminel ou quelqu’un qui a tué des personnes, mais qui est marié, pour l’Église il peut être parrain. Ce sont là des contradictions. Il faut une intégration. S’ils croient, bien qu’ils soient dans une situation appelée irrégulière et qu’ils la reconnaissent, qu’ils l’acceptent, et qu’ils savent aussi ce que l’Église pense de ces choses, ce n’est pas un empêchement».

 

En ce qui concerne le Synode, pour le Pape «c’est un espace protégé dans lequel peut œuvrer le Saint-Esprit. Et pour cela, les personnes doivent être libres. C’est pourquoi je suis contraire à ce que soient publiées les choses que chacun déclare avec nom et prénom. Non, que l’on ne sache pas qui l’a dit. Je n’ai aucun problème à ce que l’on sache ce qui a été dit, mais non pas qui l’a dit, de façon à ce que la personne se sente libre de dire ce qu’elle veut. En outre, nous avons un problème très sérieux qui est celui de la colonisation idéologique sur la famille. [...] Cette colonisation idéologique détruit la famille. C’est pour cette raison que je pense que de ce synode viendront des choses très claires, très rapides, qui aideront dans cette crise de la famille qui est totale».

 

 

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