PROTESTANTISME

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

PROTESTANTISME
  1. Les séparations de l’Eglise Catholique. Protestants et le Protestantisme
  • Eglise orthodoxe d’orient.
  • La Révolution Protestante de Luther, de Zwingli et de Jean Calvain.
  • La Révolution des Anglicans par Henri VIII.  

Le protestantisme a commencé en Europe avec la Réforme du 16ème siècle. Les premiers dirigeants étaient Martin Luther et Jean Calvin. Le Roi Henry VIII en Angleterre a conduit sa propre église dans son pays en dehors de la communion avec l'Église de Rome après que le pape ait refusé de lui accorder un divorce avec le droit de se remarier.

  1. Origine du terme « protestant ».

L'origine exacte du terme de protestant est incertaine, et peut provenir soit de protestant français ou allemand. Cependant, il est certain que les deux langues font dériver leur mot du latin protestantem, qui signifie «celui qui déclare publiquement  manifestations», qui se réfère à la lettre de protestation des princes luthériens[1] contre la décision de la Diète de Spire en 1529, qui a réaffirmé l'édit de la Diète de Worms en 1521, l'interdiction des 95 thèses de protestation contre certaines croyances et pratiques de l'Église catholique au début du 16ème siècle de Martin Luther. Ils « protestent devant Dieu […] ainsi que devant tous les hommes » de leur refus d'admettre un décret qu'ils jugent contraire «  à Dieu, à sa sainte Parole, à [leur] bonne conscience et au salut de [leur] âme ».

Le terme protestant n'a pas été initialement appliqué aux réformateurs, mais a été utilisé plus tard pour décrire tous les groupes qui protestaient contre la bonne doctrine catholique. Depuis ce temps, le terme protestant a été utilisé dans de nombreux sens différents, souvent comme un terme général pour désigner simplement de chrétiens qui appartiennent ni à l'Eglise catholique romaine, ni aux églises «orthodoxes» orientales.

  1. La réforme protestante

Dans toute les divisions de l’Eglise la révolution protestante fut malheureusement quelque chose de bien plus grave et c’est pourquoi, pour en parler, nous employons un titre particulier : une catastrophe. En effet, de la triple unité voulue par le Christ dans son Eglise : unité de foi, unité de communion, unité de gouvernement, cette dernière est touchée dans un schisme. Mais dans la révolution protestante, les trois formes de l’unité ont été atteintes et l’unité a été brisé sans retour, et selon l’expression connue : « la tunique sans couture du Christ a été déchirée ».

Elle est généralement dite avoir commencée le 31 octobre 1517 quand Martin Luther cloua ses 95 thèses à la porte de la cathédrale de Wittenberg, en Allemagne, appelant à une discussion sur les fausses doctrines et les malversations au sein de l'Église catholique comme il les voyait. Il s'agissait notamment de la vente des indulgences et la doctrine qui les sous-tend, ainsi que les pouvoirs du pape.

Malheureusement Luther fut soutenu par plusieurs dirigeants européens et religieux provoquant une révolution religieuse qui débuta en Allemagne et qui s'étendit à travers la Suisse, la France, les Pays-Bas, en Angleterre, en Scandinavie et dans certaines parties de l'Europe de l'Est, en particulier dans les pays baltes et la Hongrie. La réponse de l'Eglise catholique fut le mouvement connu de la Contre-Réforme ou Réforme catholique, qui a commencée avec le Concile de Trente.

  1. Contexte de la Réforme protestante

La corruption morale dans la direction de l'église

Les années qui ont précédé la Réforme protestante ont été en proie à la corruption morale et abus de position par certains membres de l'Église catholique. Le sacerdoce était coupable de plusieurs abus de privilège et de responsabilité, y compris la simonie (en utilisant la richesse ou l'influence pour l'achat d'un office ecclésiastique), la vente de reliques et d'indulgences, le pluralisme (maintenant plusieurs fonctions simultanément) et l'absentéisme (le fait de ne pas résider dans la paroisse où ils étaient censés être ministre). La pratique du célibat était souvent maltraitée ou ignorée, conduisant parfois à un comportement immoral de la part du clergé. Les laïques d'esprit, les prêtres ignorants avaient corrompus leur position par négligence ou abus de pouvoir.

Au cours du XVe siècle, la mondanité et la corruption par les hommes dans l'église avait atteint son paroxysme. Le problème de la corruption avait atteint tout le cheminement à la papauté. Parmi ceux qui avaient parlé en faveur d'une réforme de l'église, se trouvait le dominicain Savonarole Giralamo (1452-1498) de Florence, en Italie. Ce prédicateur fougueux se prononça contre les mœurs corrompues des dirigeants de la ville et les abus dans l’Eglise. Les gens furent conquis à la cause de Savonarole à Florence, mais à cause de rivalités religieuses et des circonstances politiques, le mouvement fut de courte durée. Bien qu'innocent, Savonarole fut pendu et brûlé pour hérésie en 1498. Cependant « Pie VI refusa constamment de laisser déclarer hérétiques les ouvrages de Fra Girolamo. Enfin Benoît XIV vantait la pureté de ses mœurs, l'éclat de ses vertus, le zèle qui le dévorait pour la maison de Dieu ; il ne craignait pas de dire que la mort de ce grand homme prouvait sa mission, et qu'il avait scellé de son sang la vérité de ses prophéties. Il alla plus loin et fit inscrire le nom de Savonarole dans le catalogue des saints, des bienheureux et des vénérables serviteurs de Dieu, illustres par leur sainteté» (Prosper Lambertini)[2].

  1. Critique catholique sur les causes de la Réforme.

Quand on étudie les causes du protestantisme, il est d’usage de faire un sombre tableau des abus dont l’Eglise était souillée. Il est vrai. Mais ce n’est pas l’essentiel et surtout il ne faut pas exagérer. Le plus grave dans cette douloureuse révolution au sein de l’Eglise fut précisément qu’elle prétendit opérer une refonte des dogmes, revenir à la pureté du Christianisme, en un mot accaparer le grand nom de réforme qui circulait au sein de la chrétienté, depuis des siècles.

Reformer l’Eglise ! Grandiose et séduisante programme. Mais il fallait éviter une triple erreur:

  • Première illusion, de dire que l'Église pouvait errer, qu'il appartenait aux hommes de détruire l'œuvre du Christ, de faire oublier son message sur la terre et que ceux-là même qui en avaient reçu le dépôt fussent laissés libres par la Providence de trahir odieusement leur mandat !
  • Deuxième illusion, de s'imaginer qu'il appartenait à un homme de retrouver la « Parole de Dieu », de la restituer dans sa pureté primitive, comme on retrouve un chef-d’œuvre littéraire enseveli dans les bibliothèques ou comme on restaure un édifice lézardé ou abandonné.
  • Troisième illusion, de croire que l'on allait arrêter la marche du temps et soustraire désormais le message du Christ retrouvé et rendu aux hommes à toutes les déformations, à toutes les superfétations, à toutes les aventures dont on affirmait qu'il avait souffert dans le passé[3].

Il y avait donc une erreur pour le passé, car l’Eglise, même rongée par des abus, avait reçu de son Fondateur la promesse d’être assistée par le Saint-Esprit, en sorte qu’elle ne put trahir le dépôt de la vraie fois.

Il y avait une erreur pour le présent, car il n’appartenait à aucune puissance humaine de retrouver la foi, par le simple jeu du recours à l’Ecriture, c’est-à-dire en somme par l’exégèse et la philosophie.

Et il y avait une erreur pour l’avenir, en ce sens que ce recours à l’Ecriture, érigé en principe absolu de restauration, devait se révéler au contraire un principe de dispersion et de division sans fin, pour ceux-là même qui avaient en lui toute leur confiance.

Passant de cette réfutation initiale nous rapprochons aux «réformateurs», ce que l'on a appelé, depuis Bossuet surtout: l'argument des Variations.

Vous affirmez que vous avez retrouvé le vrai message du Christ que l'Église avait perdu. Même si cela était possible, même si une pareille catastrophe avait pu se produire, il conviendrait d'abord de vous mettre d'accord ensemble avant de venir offrir à l'humanité la Parole de Dieu expurgée de toute souillure. Bien mieux, demeurez d'accord avec vous-mêmes.

La vérité ne change pas. « Lorsque parmi les chrétiens on a vu des variations dans l'exposition de la foi, on les a toujours regardées comme une marque de fausseté et d'inconséquence (qu'on me permette ce mot) dans la doctrine exposée. La foi parle simplement: le Saint-Esprit répand des lumières pures et la vérité qu'il enseigne a un langage toujours uniforme.

Pour peu qu'on sache l'histoire de l'Église, on saura qu'elle a opposé à chaque hérésie des explications propres et précises, qu'elle n'a aussi jamais changées. C'est pourquoi tout ce qui varie, tout ce qui se charge de termes douteux et enveloppés a toujours paru suspect et non seulement frauduleux, mais encore absolument faux, parce qu'il marque un embarras que la vérité ne connaît point». Ainsi parlait Bossuet dans la Préface de son Histoire des Variations, et il lançait ce défi aux dissidents : « Si les protestants savaient à fond comment s'est formée leur religion; avec combien de variations et avec quelle inconstance leurs confessions de foi ont été dressées; comment ils se sont séparés premièrement de nous, et puis entre eux; par combien de subtilités, de détours et d'équivoques ils ont tâché de réparer leurs divisions, et de rassembler les membres épars de leur Réforme désunie: cette Réforme dont ils se vantent, ne les contenterait guère; et pour dire franchement ce que je pense, elle ne leur inspirerait que du mépris»[4].

 

SOURCE: P. Silvio Moreno, Protestantisme, Histoire, croyances, mythes et réalités, Tunis 2015, p. 1-10


[1] Les cinq princes furent ceux qui, l'année suivante, allaient signer la Confession d'Augsbourg. Parmi les quatorze villes libres qui "protestèrent" aussi à Spire, plus des deux tiers adoptèrent également, plus tard, cette Confession, le reste adoptant le calvinisme.

[2] Cf.  Opera, in-4°, Prelto, 1841, t. V, p. 326 ; — t. VIII, p. 360. cité dans Les Martyrs tome VI du R. P. dom H. Leclercq, moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough. Paris 1906

[3] Cf. Cristiani, Léon, Les causes de la réforme. In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 21. N°92, 1935. pp. 323-354.

[4] Cf. Bossuet, Jacques, Histoire de variations des églises protestantes, T. 1, Paris, 1688. Ouvrage de controverse religieuse composé contre le Protestantisme. Il y expose l'origine de la Réforme, fait l'histoire de ses diverses confessions, combat ce qu'il considère comme leurs erreurs, et analyse la multitude de leurs professions de foi, toutes différentes. Posant ce principe: "La véritable simplicité de la doctrine chrétienne consiste essentiellement à toujours se déterminer, en ce qui regarde la foi, par ce fait certain : hier on croyait ainsi, donc aujourd'hui il faut croira encore de même; car la foi qui change n'est point une foi, elle n'est pas la parole de Dieu, qui est immuable;" Son ambition est de ruiner la prétention des novateurs de se rattacher aux premiers jours de la religion, ce qu'ils ne faisaient, affirme-t-il, que par l'intermédiaire de quelques hérésies. Il s'attache ensuite à montrer que leurs dissidences, entraînant l'instabilité, ont pour effet infaillible de rendre toute doctrine incertaine, et de conduire à l'indifférence en matière de dogme, puis à la négation de tous les dogmes chrétiens. Bossuet déploya dans cet ouvrage une immense érudition, et un talent supérieur comme dialecticien et comme écrivain. En savoir plus sur http://www.cosmovisions.com/textVariations.htm#rUiup44eaXz4rF3l.99

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