KASPER ET LE SYNODE POUR LES FAMILLES

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

KASPER ET LE SYNODE POUR LES FAMILLES

Walter Kasper est-il vraiment un théologien ?

Par le P. Silvio Moreno, IVE

 

« …de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l'Eglise,

absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses,

imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur,

se posent, comme rénovateurs de l'Eglise;

qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut

à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'oeuvre de Jésus-Christ ».

 

Saint Pie X, Pascendi, n. 2.

 

 

Introduction

 

Nous sommes tous conscients de l’actuelle problématique sur les familles chrétiennes au sein de l’Eglise et du prochain synode sur les familles en octobre 2015. Et nous sommes également conscients que la plupart des propositions offertes au synode, dont la terrible possibilité de redonner la communion et réadmettre à la confession les divorcés remariés viennent d’un prince de l’Eglise, le Cardinal allemand Walter Kasper.

Mais, qui est vraiment Walter Kasper ? Ce n’est pas notre intention de présenter sa biographie, mais tout simplement nous voulons vous présenter quelques-unes de ses malheureuses affirmations ‘théologiques’ concernant deux arguments que nous avons pu lire personnellement : sa christologie et sa démonologie.

Il s’agit ici d’un écrit d’information, afin que l’on sache que tout ce qui brille n’est pas or. Cela nous permettra, en quelque sorte, de comprendre deux choses : les conséquences de l’absence d’une bonne formation théologique profonde et ancrée dans le sillage du Magistère de l’Eglise, et le pourquoi de ses affirmations actuelles en matière de morale familiale.

Je suivrais dans cet article un commentaire présenté par un grand spécialiste en démonologie, désormais décédé, Mgr. Corrado Balducci, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Dans son livre « Il Diavolo » - le Diable[1], publié en Italie en 1988 avec une douzaine de rééditions jusqu’en 1996, Mgr. Balducci prend courage afin de dénoncer les croyances de Kasper, alors évêque, sur le démon. En profitant de l’occasion, Balducci fait aussi un résumé des effrayantes affirmations christologiques de Kasper.

Kasper a été professeur ordinaire de théologie dogmatique à l’université de Tübingen et en avril 1989 évêque de Rottenburg-Stuttgart. Il a été créé cardinal par le Pape Jean Paul II, le 21 février 2001. Il a été aussi président du conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.

Kasper a beaucoup écrit sur la théologie et sur l’Eglise. En 1976 il écrit son traité christologique « Jésus le Christ », traduit en plusieurs langues. En français, il a été publié aux éditions du Cerf à Paris. A une époque ce volume était considéré, selon le journal italien l’Avvenire du 16/6/1989, comme le traité christologique le plus étudié dans les écoles de théologie catholique du monde.

A partir du résumé présenté par Balducci, j’ai recherché les textes de Kasper dans l’édition italienne de « Jésus le Christ », publié à Brescia en Italie et faute d’avoir moi-même la publication française, j’en ai fait la traduction en français en reportant cependant en pied de page les textes originels en italien.            

1. Sa christologie : dans son livre, pages 115 à 131 de la traduction italienne, Kasper soutient plusieurs erreurs théologiques - christologiques.

Les Miracles : Avant tout, Kasper soutient que les miracles ne sont pas démontrables en tant que tels et donc cela vaut aussi pour les miracles de Jésus, surtout « en sachant que beaucoup de miracles racontés par les évangiles doivent être considérés plutôt comme des légendes » (p. 118).

Pour Kasper, les miracles sont « un problème qui rend plutôt étrange et difficile, à l’homme moderne, la compréhension de l’activité de Jésus »[2].

Et plus avant « …on a l’impression que le N.T. a enrichi la figure de Jésus avec des motivations extra-chrétiennes afin de remarquer sa grandeur et son autorité »[3].

Et finalement, affirmera-t-il, que les miracles dans les évangiles peuvent être aussi considérés comme une œuvre du démon. En soi-même, ils ne sont pas aussi clairs que l’on pense, et ils ne peuvent pas constituer nécessairement une preuve de la divinité de Jésus[4].

Il ne faut pas oublier aussi, que par les miracles, nous démontrons la divinité de Jésus. Nier cette vérité est clairement contraire à la foi catholique. 

La divinité de Jésus-Christ : Il affirme aussi que, pour lui, Jésus n’est pas le Fils de Dieu « au sens métaphysique » ou « ontologique » c’est-à-dire au sens propre des termes (cfr. pp. 123ss et 223ss). Selon le Cardinal Kasper, les témoignages évangéliques ne peuvent pas être considérés vraiment comme des faits historiques, du coup, Jésus-Christ devient Dieu seulement par attribution de la primitive communauté chrétienne. Pour lui, Jésus-Christ est tout simplement le Messie et non pas « le vrai Fils de Dieu », affirmation selon ses mots qui « exprimerait seulement l’idée que Dieu s’est manifesté et communiqué de façon définitive et absolue dans l’histoire de Jésus » (p. 225)[5].    

Et dans ce sens, il faut comprendre que Jésus-Christ n’est pas le Fils de Dieu parce que « dans les évangiles synoptiques Jésus ne se qualifie pas comme le Fils de Dieu. Une telle affirmation vient, donc clairement d’une confession de foi de l’Eglise »[6].

Finalement, il affirme que « dans l’école paulienne et dans les écrits de Saint Jean on arrive à une confession explicite de la divinité du Christ »[7]. Il semble donc que Kasper veuille attribuer la confession de la divinité du Christ seulement aux écrits de Saint Paul et de Saint Jean.

Autrement dit, à cause d’une très mauvaise philosophie (celle de l’immanentisme de Hegel et Sheilling), « même les preuves historiques de la divinité du Christ - c'est-à-dire les miracles opérés par Lui avec l’intention explicite de montrer sa toute puissance et soutenir ainsi la foi de ses disciples - sont soumis au doute par Kasper sur leur vérité factuelle et sur leur signification théologique par rapport à la foi, de sorte qu’au final, ils sont niés pour ce qu’ils sont réellement, c’est-à-dire l’évidence empirique de l’intervention de Dieu, qui fait partie des motifs de crédibilité. De la négation implicite de la divinité du Christ dérive l’usage répété que Kasper fait de l’expression «Dieu de Jésus-Christ», …et qui du fait qu’elle sépare le nom de Dieu de celui de Jésus-Christ, insinue au niveau sémantique la négation de la divinité de Jésus-Christ, non reconnu comme le Fils unique de Dieu, consubstantiel au Père. En réalité, Kasper participe à plein titre au courant idéologique qui se réfère à Hans Küng et à Karl Rahner et qui entend la théologie comme anthropologie, en suggérant à l’Eglise de parler non pas de Dieu mais plutôt de l’homme; conformément à cette précise orientation spéculative, Kasper met de côté le discours sur la double nature du Christ, le Verbe éternel et réduit la christologie à un discours au caractère phénoménologique sur la conscience de Jésus en tant qu’“homme qui parle de Dieu”[8].

La résurrection du Christ: Il nie aussi, la résurrection corporelle du Christ et son ascension au ciel[9]. En effet, écrit-il: « aucun texte néotestamentaire assure d’avoir vu le Christ ressuscité ». « Les affirmations de la tradition néotestamentaire de la résurrection de Jésus ne sont pas, en effet, neutres : ce sont des confessions et des témoignages produits par la croyance des gens »[10].

Et concernant la découverte du sépulcre vide il dit: « nous devons imaginer qu’il ne s’agit pas des faits historiques, mais tout simplement des artifices littéraires présentés afin d’attirer l’attention et de créer du suspense »[11]. Et il explique en effet, que l’objectif n’est pas celui d’attirer l’attention sur le sépulcre vide ; plutôt d’annoncer la résurrection et par la suite le sépulcre est considéré tout simplement comme signe de cette foi en la résurrection[12].       

 

L’ascension de Jésus au Ciel : en toute franchise écrit-il : « Ces nuages qui enlèvent Jésus du regard étonné de ses disciples, ne sont pas un phénomène météorologique mais un symbolisme théologique »[13]. Pour lui aussi, les apparitions du ressuscité ne sont que les fruits de la foi commune de cette primitive communauté chrétienne : « ces histoires (des apparitions) doivent être interprétées à la lumière de ce qu’ils veulent communiquer »[14]. Affirme-t-il encore que « là où l’on parle d’un ressuscité qui est touché avec les mains et qui mange avec les disciples, …ne doit pas être interprété littéralement »[15]. « Dans une première lecture (ces histoires) peuvent apparaitre comme des affirmations plutôt grossières qui touchent les limites des possibilités théologiques et qui risquent de justifier une foi pascale assez primitive »[16].

Il semble alors que pour comprendre ces histoires, selon la pensée de Kasper, il faut donc partir du fait que le « regard» néotestamentaire des disciples sur les évènements de la vie de Jésus a été possible grâce à leur expérience guidée par cette foi primitive et non pas appuyé sur des faits historiques et réels.        

La maternité de Marie : Finalement en ce qui concerne « Jésus le Christ », il affirme que la conception virginale de Marie présente des «grandes difficultés d’un point de vue théologique et biblique » : A la p. 353, note 69, où il cite H. Schûrmann, il écrit : « la question de la maternité virginale de Marie est encore ouverte au point de vue biblique »[17]. Et encore en parlant de Nestor, condamné pour nier la maternité virginale de Marie : «aujourd’hui suite aux recherches menées par la théologie historique on est plus incliné à (sa) réhabilitation »[18].  

Malheureusement, le 21 juin 1990 est apparu dans l’Observatore Romano, journal du Saint-Siège, à la troisième page une ample recension sur la théologie de Walter Kasper. Dans cette page on célèbre spécialement sa christologie, dans laquelle Kasper a su apporter « des aspects nouveaux confirmés par les recherches profondément ancrées dans la tradition » et plus avant on parle d’une christologie « ancrée dans l’Eglise et dans sa foi ».

N’est-ce pas une ironie contre le bon sens ?

2. Sa démonologie : venons maintenant sur une autre position de Kasper, rapportée aussi par Corrado Balducci dans son livre « le Diable ».

Dans le livre « Diable, démons et possession » publié à Brescia en 1985, Kasper, qui en est le coauteur avec Karl Lehmann[19], laisse voir sa position par rapport à l’existence de Satan. Kasper commence en disant que les citations bibliques doivent être acceptées, mais aussi elles doivent être interprétées. « Ici l’intention, écrit-il, n’est pas celle d’éliminer de la bible les affirmations concernant le diable et les démons, « princes et pouvoirs » du mal ; on se demande, par contre, dans quel sens doivent-elles être interprétées »[20].

Soutient-il encore qu’à cause des superstitions, du folklore, de la magie et des abus d’autres époques « il ne semble plus possible de réaffirmer simplement la doctrine traditionnelle. Mais c’est vrai aussi qu’on ne peut pas non plus en faire un simple négationnisme, un « adieu à Satan »[21]. Et alors ? « Entre la voie de la réaffirmation et celle de la négation on en trouve une qui est plus équilibrée » (p. 48). S’agira-t-il d’une voie de conciliation ? Laquelle ?    

Selon lui, après une analyse de la problématique du mal, vu plutôt comme une émanation de la liberté de la créature humaine, affirme que la croyance en Satan et ses démons ne représente quoi que ce soit de biblique. Il s’agirait plutôt d’un élément de la vision du monde que la bible partage avec ses contemporains… « Une conception du monde, écrit-il, que nous pouvons qualifier, sans doute, de mythologique… en tout cas nous ne pouvons plus soutenir aujourd’hui la conception traditionnelle du diable… sans analyser le genre littéraire, le contexte historique et religieux et l’intention concrète de ces textes »[22]. Et un peu plus avant dans un langage obscur Kasper affirme encore : « ici symbole et réalité ne sont pas en contradiction et le symbole est défini par le fait qu’il ouvre la réalité. En définitive, le mal, pour notre intelligence, reste toujours un mystère impénétrable. Ce n’est pas pour rien que l’écriture sainte parle de mysterium iniquitatis »[23].

Et finalement après quelques autres considérations nous lisons : « C’est pour cela que l’Ecriture nous offre une vrai détermination ontologique du mal en définissant les démons comme de ‘rien’. Et maintenant nous chercherons donc nous aussi à interpréter la réalité du mal comme ‘rien’ devant Dieu »[24] ; puis dans la note en pied de page, en documentant avec des citations bibliques, il dit que l’affirmation précédente provient du fait que les idoles des païens sont « rien » (dans le psaume 96,5 on parle des « aelilim » : ‘les riens’ en parlant des divinités païennes) et dans la version biblique « septante » et « vulgate » on affirme que les idoles des païens ce sont des démons. Conclusion donc les démons sont ‘rien’.

« Le diable, affirme-t-il, dans un langage propre à la philosophie immanentiste, n’est pas une figure personnelle, mais une non-figure qui s’efface en quelque chose d’anonyme et sans visage, un être qui se perd dans un non-être : une personne à (selon) la façon d’une non-personne »[25] ; et plus avant « on ne pourra même pas croire au sens théologique du diable. L’acte de foi fait référence exclusivement à Dieu, à Jésus-Christ et au Saint-Esprit. On ne peut pas avoir foi au diable, foi qu’en définitive ne serait autre chose que superstition »[26].

Balducci se demande alors : quel type de foi pouvons-nous offrir à Dieu, à Jésus et au Saint-Esprit, si nous ne croyons pas à ce que la divinité elle-même nous a révélé ?

3. L’eucharistie selon Kasper : Afin de mieux comprendre les aspects sous-jacents à la scandaleuse “proposition Kasper” pour le prochain synode sur les familles, ou impliqués par celle-ci, Mgr Antonio Livi[27] dans un article très clair et profond, nous explique la conception erronée sur l’ecclésiologie et le fond de la “théologie eucharistique” de l'ecclésiastique allemand. Je ne ferais point ici un résumé de son article que je vous invite à lire attentivement. Mais j’en prends juste un exemple de la mauvaise compréhension de la théologie eucharistique dont Kasper est l’instigateur.  

Actuellement Kasper s’est fait promoteur d’une série de pratiques pastorales qui ne sont pas en conformité avec la doctrine catholique du sacrement de la réconciliation et de l’eucharistie. Pourtant en 2003 en parlant de la communion aux divorcés Kasper avait dit : « Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens écrit que quand on a accès à l'Eucharistie, on s’examine soi-même. L'Eucharistie et le sacrement de la confession sont nécessairement liés. Mon père, il y a de nombreuses années, tous les dimanches, ne faisait pas la communion s’il ne s’était pas confessé, et peut-être cela pourrait sembler un peu exagéré. Mais maintenant, je pense qu’on exagère abondamment dans la direction opposée. On ne peut pas aller prendre la communion sans tenir compte de l'état de sa propre conscience ».

Maintenant, Kasper suggère comme une possible solution (il en suggère d’autres) à la soit disant problématique pastorale de la communion aux divorcés remariés, l'utilisation de la communion spirituelle, en réalité il faut dire qu’il fait une instrumentalisation de la communion spirituelle. En fait, lors de son introduction au consistoire de Février 2013, en faisant référence à ce qu’avait dit Benoît XVI en 2012, à savoir que « les divorcés remariés ne peuvent pas recevoir la communion sacramentelle, mais ils peuvent par contre recevoir la communion spirituelle», il propose, sans aucun critère de discernement, de recommander officiellement à tous les fidèles qui ne sont pas en mesure de communier sacramentellement la pratique de la «communion spirituelle» en équivalant les effets au niveau de la grâce à ceux de la communion sacramentelle.  

Mais après, pour expliquer le sens de sa proposition, Kasper montre ne pas être en mesure de distinguer la «communion de désir ou spirituelle» de la vraie communion sacramentelle, qui pour lui est un acte purement «spirituel» et symbolique, sans une vraie rencontre entre les fidèles et le Christ, le Verbe incarné. Et il dit: « Beaucoup en seront reconnaissants pour cette ouverture. Cependant, il soulève plusieurs questions. En fait, quiconque reçoit la communion spirituelle est en union avec Jésus-Christ. [...] Pourquoi, alors, ils ne peuvent pas recevoir également la communion sacramentelle? [...] Certains affirment que la non-participation à la communion est un signe de la sainteté du sacrement. Alors la question qui se pose en réponse est: … laissons-nous mourir de faim sacramentellement une personne afin que d'autres puissent vivre?

Remarquons, affirme Mgr Livi, l'ambiguïté de cette phrase et le vide théologique. Que signifierait, théologiquement parlant, « laisser sacramentellement mourir de faim » les fidèles qui ne sont pas en grâce pour recevoir l'Eucharistie? Peut-on égaler du point de vue de la grâce la communion sacramentelle et la communion spirituelle ? Mgr Livi lui donne une réponse claire et nette.

Voilà donc cet exemple pour montrer comment un « théologien » qui a abandonné la bonne méthode théologique catholique et la bonne métaphysique, qui nous aident à approfondir le dogme de l’eucharistie, termine par en parler en termes rhétoriques, inclusifs et superficiels.   

4. Conclusion : La mission d’un théologien est celle d’être fidèle au Magistère de l’Eglise et à la tradition catholique. Le 24 mai 1990 a été publié par la Congrégation pour la Doctrine de la foi un document intitulé « Donum Veritatis » sur la vocation ecclésiale du théologien. Document que tous les théologiens doivent lire et méditer souvent.

Ce document déclare à propos de la mission du théologien : « n'oubliant jamais qu'il est lui aussi membre du Peuple de Dieu, le théologien doit le respecter et s'attacher à lui dispenser un enseignement qui n'altère en rien la doctrine de la foi » (n.11). Certes, il pourra aussi avoir une certaine liberté de recherche, mais cette « …liberté de recherche s'inscrit à l'intérieur d'un savoir rationnel dont l'objet est donné par la Révélation, transmise et interprétée dans l'Église sous l'autorité du Magistère, et reçu par la foi. Omettre ces données, qui ont valeur de principe, serait comme cesser de faire de la théologie » (n. 12). Kasper, malheureusement, a donc cessé de faire de la théologie.

Après la présentation de la « théorie de Kasper » lors du dernier consistoire, beaucoup de cardinaux se sont montrés un peu gênés et parmi les intervenants s’est levé la voix du Cardinal Ruini disant en substance: « quand Jean XXIII a prononcé le discours d'ouverture du Concile Vatican II, il a dit que l'on pouvait faire un Concile pastoral, parce qu'heureusement la doctrine était pacifiquement acceptée par tous et qu'il n'y avait pas de différends; donc on pouvait lui donner une tournure pastorale sans crainte d'être mal compris, puisque la doctrine est très claire. Si Jean XXIII avait vu juste à ce moment, Dieu seul le sait, mais apparemment c'était peut-être vrai en grande partie. Aujourd'hui, on ne pourrait plus le dire de façon absolue, parce que la doctrine non seulement n'est pas partagée, mais elle est combattue"[28]. Il avait complètement raison.

Et cette affirmation de Ruini est confirmée par Mgr Antonio Livi qui en commentant la théologie de Kasper déclare: « Chacune des thèses soutenues par Kasper (qui rarement ont le caractère de l’originalité, étant donné que l’auteur se contente de répéter ce qui a déjà été soutenu par ses maîtres à commencer par Karl Rahner), si elles sont analysées d’un point de vue rigoureusement épistémologique, paraissent dépourvues de la consistance épistémique qui caractérise la vraie théologie; ses recherches théologiques ne sont pas une hypothèse d’interprétation scientifique de la foi professée par l’Eglise à travers la Sainte Ecriture, les formules dogmatiques et la liturgie : elles sont plutôt des expressions d’une ambigüe “philosophie religieuse”, terme par lequel je désigne cette interprétation arbitraire des notions religieuses propres au christianisme qui a produit au XIXème siècle les grands systèmes de l’idéalisme historiciste, comme celui de Hegel et celui de Schelling.

A ces systèmes de pensée - lesquels, du point de vue épistémologique, sont à considérer exclusivement philosophiques mais qui dans les milieux luthériens desquels ils ont surgi sont considérés aussi théologiques - se sont inspirés au cours du XIXème siècle et inspirent aujourd’hui plusieurs théologiens catholiques, parmi lesquels notamment Walter Kasper[29].

Alors posons-nous la question : le Cardinal Kasper fait-il vraiment de la théologie ? Est-il doctrinalement parlant un homme de confiance ?  Ses affirmations, qui ont fait l’objet de cet article, nous font comprendre malheureusement de quoi sont capables pour ainsi dire, les « théologiens » mal formés.

Cependant par rapport au Vicaire du Christ et à l’Eglise, l’assistance spéciale promise et garantie par Jésus nous console et nous rassure jusqu’à la fin du monde. Ayons confiance au Seigneur : en permettant cette grave crise théologique même au sein de l’Eglise, il saura en tirer des profits pour chacun de nous selon sa divine Providence. 

 


[1] Balducci, Corrado, Il diavolo, PIEMME, Casale Monferrato, 1990, p. 121-128.

[2] Cf. Walter Kasper, “Gesù il Cristo”, Queriniana, Brescia, 1976, p. 223:  “un problema che rende piuttosto strana e difficilmente comprensibile all’uomo moderno l’attività di Gesù”.

[3] Ibidem, p. 117: “… Si ha l’impressione che il N.T. abbia arricchito la figura di Gesù di motivi extra-cristiani per sottolinearne la grandezza e l’autorità”.

[4] Ibidem, p. 129: “possono essere interpretati anche come opera del demonio. In se stessi non sono poi così chiari e non costituiscono necessariamente una prova della divinità di Gesù”.

[5] Ibidem, p. 225: “esprimerebbe solamente l’idea che Dio si è manifestato e comunicato in modo definitivo e assoluto nella storia di Gesù”.

[6] Ibidem, p. 143 : “nei Vangeli sinottici, Gesù non si qualifica come Figlio di Dio. Una simile enunciazione deriva, quindi, chiaramente, dalla confessione di fede della Chiesa”.

[7] Ibidem: “nella scuola paolina e negli scritti giovannei, si giunge ad una confessione esplicita della divinità di Cristo”.

[8] Cf. Antonio Livi, L’eucharistie selon Kasper, 31 juillet 2015, www.disputationes.over-blog.com

[9] Cf. Walter Kasper, “Gesù il Cristo”, pour la résurrection pages 167-195 et pour l’ascension pages 202-203.

[10] Ibidem, p. 176 “Nessun testo neo-testamentario asserisce di aver visto Cristo risorgere”. “Gli enunciati della tradizione neo-testamentaria della risurrezione di Gesù non sono affatto neutrali: sono confessioni e testimonianze prodotte da gente che crede”.

[11] Ibidem, p. 172: “dobbiamo supporre che non si tratti di cenni storici, ma soltanto di artifizi stilistici, escogitati per richiamare l’attenzione e creare “suspance”.

[12] Ibidem, p. 173: … “in ciò su cui si vuole richiamare l’attenzione non è il sepolcro vuoto; si annuncia la risurrezione, e il sepolcro viene considerato soltanto come segno di questa fede”.

[13] Ibidem, p. 203: “Queste nubi che sottraggono Gesù allo sguardo di discepoli attoniti, non sono un fenomeno metereologico, ma un simbolo teologico”.

[14] “questi racconti vanno interpretati alla luce di quanto essi vogliono esprimere”.

[15] “dove si parla di un Risorto che viene toccato con le mani e che consuma i pasti coi discepoli... non vanno presi alla lettera” (p. 192).

[16] “a prima vista, potrebbero sembrare delle affermazioni piuttosto grossolane che rasentano i limiti delle possibilità teologiche e che corrono il pericolo di giustificare una fede pasquale troppo rozza” (p. 192).

[17] Nella “nota 69”, a pagina 353, scrive dei “difficili problemi teologici-biblici che la tematica del concepimento verginale solleva”, per cui la verginale maternità di Maria è “ancora aperta sul piano biblico”.

[18] “Oggi, in seguito alle ricerche condotte dalla teologia storica si è propensi alla riabilitazione” (ibidem).

[19] Cf. Walter Kasper et Karl Lehmann, Diavolo-demoni-possessione, Brescia, 1985. Particolarement son étude “le probleme theologique du mal”, pp. 45-78. 

[20] Ibidem, p. 46: “Qui l’intenzioni non è quella di eliminare dalla Bibbia gli asserti che essa fa sul diavolo, Satana, i demoni, ‘principati e potestà’ del male; ci si chiede invece in che modo essi debbano venire interpretati”.  

[21] Ibidem: “non sembra piu possibile riaffermare semplicemente la dottrina tradizionale. Ma non è nemmeno una semplice negazione di questa dottrina, un prendere congedo dal diavolo”.

[22] Ibidem, p. 62-63: “la credenza nel diavolo e demoni non presenta alcunché di specificamente biblico; essa è una componente della visione del mondo che la Bibbia condivise con il proprio ambiente, una concezione del mondo che potremmo senz’altro qualificare come di tipo mitologico...In ogni caso oggi non possiamo più sostenere la concezione teologica tradizionale del diavolo... senza analizzare il genere letterario, il contesto storico-religioso e l’intenzione assertiva di questi testi”.

[23] Ibidem, p. 68: “Qui simbolo e realtà non si contrappongono e il simbolo risulta definito dal fatto che apre la realtà. In definitiva il male, per il nostro inteletto, resta un mistero impenetrabile. Non per nulla la Scrittura parla del mysterium iniquitatis”.

[24] Ibidem, p. 69: “E per tale motivo che la Scrittura ci offre una vera determinazione ontologica del male qualificando i demoni come dei ‘niente’. Ora cercheremo anche noi, dunque, d’interpretare la realtà del male come dei niente al cospetto di Dio”.

[25] Ibidem, p. 72: “Il diavolo non è una figura personale bensi una non-figura che si dissolve in qualcosa di anonimo e senza volto, un essere che si perverte nel non-essere: è persona nel modo della non-persona”.

[26] Ibidem, p. 47: “Non si potra nemmeno credere, in senso propriamente teologico al diavolo. L’atto di fede si riferisce esclusivamente a Dio, a Gesù Cristo ed allo Spirito Santo. Non si dà alcuna fede nel diavolo, fede che, in ultima analisi, non sarebbe altro che superstizione”. 

[27] Cf. Antonio Livi, L’eucharistie selon Kasper in www.disputations-theologicae.blogspot-it

[28] Cf. Marco Tossati, « Concistoto segreto : cosa accadde», publié le 24 mars 2014 in www.lastampa.it  

[29] Cf. Antonio Livi, L’eucharistie selon Kasper, 31 juillet 2015, www.disputationes.over-blog.com

 

Etiquetado en Famille, Morale

Comentar este post