CONNAISSEZ-VOUS L'HUMANAE VITAE?

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

CONNAISSEZ-VOUS L'HUMANAE VITAE?

Un défi de nos jours

Dans l’ « intrumentum laboris » du synode des évêques sur la famille publié en 2015 comme base pour la réflexion des pères synodaux nous lisons : « Il n’est pas difficile de constater la diffusion d’une mentalité qui réduit l’engendrement de la vie à une variable du projet individuel ou de couple. Les facteurs d’ordre économique exercent un poids parfois déterminant qui contribue à la forte baisse de la natalité. Cela affaiblit le tissu social, compromet le rapport entre les générations et rend plus incertain le regard sur l’avenir. L’ouverture à la vie est une exigence intrinsèque de l’amour conjugal. À cette lumière, l’Église soutient les familles qui accueillent, éduquent et entourent de leur affection les enfants en situation de handicap... L’insistance a été mise sur le fait qu’il faut continuer à divulguer les documents du Magistère de l’Église qui prônent la culture de la vie face à la culture de la mort, toujours plus répandue… Il faut redécouvrir le message de l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI, qui souligne le besoin de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de régulation des naissances »[1].

En effet, le pape émérite Benoit XVI expliquait : « Mon prédécesseur de vénérée mémoire, le serviteur de Dieu Paul VI, le 25 juillet 1968, publiait la Lettre encyclique Humanae vitae. Ce document devint rapidement un signe de contradiction. Elaboré à la lumière d'une décision difficile, il constitue un geste significatif de courage en réaffirmant la continuité de la doctrine et de la tradition de l'Eglise. Ce texte, souvent mal compris et sujet à des équivoques, fit beaucoup discuter, également parce qu'il se situait à l'aube d'une profonde contestation qui marqua la vie de générations entières. Quarante ans après sa publication, cet enseignement manifeste non seulement sa vérité de façon immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté. (…) Ce qui était vrai hier, reste également vrai aujourd'hui. La vérité exprimée dans Humanae vitae ne change pas; au contraire, précisément à la lumière des nouvelles découvertes scientifiques, son enseignement se fait plus actuel et incite à réfléchir sur la valeur intrinsèque qu'il possède »[2].

Mais, que peut-on faire, concrètement, pour favoriser sa redécouverte ? Benoît XVI nous donne lui-même la réponse dans la conclusion de son magnifique discours cité plus haut: « L’urgence de la formation, à laquelle je fais souvent référence, voit dans le thème de la vie l’un de ses thèmes privilégiés. Je souhaite vraiment que l’on réserve notamment aux jeunes une attention toute particulière, afin qu’ils puissent apprendre le véritable sens de l’amour et se préparent pour cela avec une éducation adaptée à la sexualité ».

Conscients donc de cette appelle et de l’importance de la vie humaine au sein du couple et de la famille, nous voulons présenter en forme de simple résumé la doctrine prophétique de l’Humanae Vitae du Bienheureux Paul VI afin que les jeunes puisse se former en conscience à la vérité de l’amour et de lé fécondité matrimoniale. Il s’agit bien sûr d’une invitation à lire le texte complet de l’encyclique.   

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Définition de la contraception

La contraception est l’ensemble des méthodes visant à éviter de façon réversible et temporaire la grossesse. Elle concerne tant les garçons que les filles. De façon générale, les méthodes de contraception visent à empêcher : soit l’ovulation, c’est le cas de la pilule, soit la fécondation, c’est le cas du préservatif, soit l’implantation de l’œuf fécondé, c’est le cas du stérilet et donc dans ce dernier cas nous parlons aussi d’avortement.

Se fermer à la vie : les Préservatifs

La Pilule: La pilule est la méthode contraceptive la plus répandue en France. Elle est utilisée par plus de 40% des femmes.

Le Stérilet: Le stérilet a pour effet d'empêcher la nidation de l'œuf. À peine inférieure à celle de la pilule, la fiabilité du stérilet est considérée comme excellente.

Le Diaphragme: Une coupelle en latex placée avant chaque rapport sexuel au fond du vagin, afin de recouvrir le col de l'utérus et d'empêcher les spermatozoïdes de passer.

Les Spermicides: Conditionnés sous la forme de crèmes, d'ovules ou d'éponges, les produits spermicides ont, comme leur nom l'indique, une action destructrice sur les spermatozoïdes. Ils se placent donc dans le vagin avant la relation sexuelle. 

Les capes cervicales: La cape cervicale est un capuchon destiné à recouvrir le col de l’utérus. 

Les contraceptifs injectables: Les contraceptifs injectables sont une méthode contraceptive que l'on injecte dans le bras ou la fesse d'une femme. 

S’ouvrir à la Vie : l'Humanae Vitae

http://www.priestsforlife.org/images/humanae-vitae.jpgLe Bienheureux Paul VI explique en quelques principes la doctrine de l’Eglise, sur la natalité et la paternité responsable, basée sur la nature même de l’homme. Nous allons numéroter les idées clés de l’encyclique en 7 point. Nous utilisons le texte officiel en français du site du Vatican.  

1. Respecter la nature et les finalités de l'acte matrimonial

A- Les actes, par lesquels les époux s'unissent dans une chaste intimité, et par le moyen desquels se transmet la vie humaine, sont, honnêtes et dignes.

B- Ils ne cessent pas d'être légitimes si, pour des causes indépendantes de la volonté des conjoints, on prévoit qu'ils seront inféconds: ils restent en effet ordonnés à exprimer et à consolider leur union. De fait, comme l'expérience l'atteste, chaque rencontre conjugale n'engendre pas une nouvelle vie.

C- Dieu a sagement fixé des lois et des rythmes naturels de fécondité qui espacent déjà par eux-mêmes la succession des naissances. Mais l'Eglise, rappelant les hommes à l'observation de la loi naturelle, interprétée par sa constante doctrine, enseigne que tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie.  

2. Deux aspects indissociables

Cette doctrine, est fondée sur le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l'homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l'acte conjugal: union et procréation. 

En effet, par sa structure intime, l'acte conjugal, en même temps qu'il unit profondément les époux, les rend aptes à la génération de nouvelles vies, selon des lois inscrites dans l'être même de l'homme et de la femme. C'est en sauvegardant ces deux aspects essentiels, union et procréation que l'acte conjugal conserve intégralement le sens de mutuel et véritable amour et son ordination à la très haute vocation de l'homme à la paternité. Nous pensons que les hommes de notre temps sont particulièrement en mesure de comprendre le caractère profondément raisonnable et humain de ce principe fondamental.

3. La Paternité et maternité responsable

Explique Paul VI au n. 10 : «L’amour conjugal exige donc des époux une conscience de leur mission de  » paternité responsable «sur laquelle, à bon droit, on insiste tant aujourd’hui, et qui doit, elle aussi, être exactement comprise. Elle est à considérer sous divers aspects légitimes et liés entre eux.

Par rapport aux processus biologiques, la paternité responsable signifie connaissance et respect de leurs fonctions: l’intelligence découvre, dans le pouvoir de donner la vie, des lois biologiques qui font partie de la personne humaine.

Par rapport aux tendances de l’instinct et des passions, la paternité responsable signifie la nécessaire maîtrise que la raison et la volonté doivent exercer sur elles.

Par rapport aux conditions physiques, économiques, psychologiques et sociales, la paternité responsable s’exerce soit par la détermination réfléchie et généreuse de faire grandir une famille nombreuse, soit par la décision, prise pour de graves motifs et dans le respect de la loi morale, d’éviter temporairement ou même pour un temps indéterminé une nouvelle naissance.

La paternité responsable comporte encore et surtout un plus profond rapport avec l’ordre moral objectif, établi par Dieu, et dont la conscience droite est la fidèle interprète. Un exercice responsable de la paternité implique donc que les conjoints reconnaissent pleinement leurs devoirs envers Dieu, envers eux-mêmes, envers la famille et envers la société, dans une juste hiérarchie des valeurs. Dans la tâche de transmettre la vie, ils ne sont par conséquent pas libres de procéder à leur guise, comme s’ils pouvaient déterminer de façon entièrement autonome les voies honnêtes à suivre, mais ils doivent conformer leur conduite à l’intention créatrice de Dieu, exprimée dans la nature même du mariage et de ses actes, et manifestée par l’enseignement constant de l’Eglise ».

4. La rupture de cet amour. Les falsifications de l’amour…

Ne vouloir que le plaisir sexuel : la contraception.

Chercher la procréation sans l’union sexuelle: la fécondation artificielle.

Détruire le fruit de la procréation : l’avortement

Détruire la légitime union sexuelle: l’homosexualité, la masturbation, etc.

Premier principe moral important donné par Paul VI : « Est exclue toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation ». Pour cela on ne peut invoquer comme raisons valables, pour justifier des actes conjugaux rendus intentionnellement inféconds, le moindre mal ou le fait que ces actes constitueraient un tout avec les actes féconds qui ont précédé ou qui suivront.

Deuxième principe moral important : « Il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien ». C’est-à-dire que nous ne pouvons pas prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux.

5. La valeur de la régulation naturelle de la natalité

Paul VI voulant rentrer dans les situations concrètes des familles en difficulté se demande si n'est-il pas raisonnable, en bien des circonstances, de recourir au contrôle artificiel des naissances, si on obtient par-là l'harmonie et la tranquillité du foyer et de meilleures conditions pour l'éducation des enfants déjà nés ?

Affirme la vérité naturelle: « Si donc il existe, pour espacer les naissances, de sérieux motifs dus, soit aux conditions physiques ou psychologiques des conjoints, soit à des circonstances extérieures, l'Eglise enseigne qu'il est alors permis de tenir compte des rythmes naturels, inhérents aux fonctions de la génération, pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et régler ainsi la natalité… »

Evite l’erreur antinaturel : « L'Eglise… condamne comme toujours illicite l'usage des moyens directement contraires à la fécondation, même inspiré par des raisons qui peuvent paraître honnêtes et sérieuses.

Explique les raisons profondes et la différence entre un acte naturel non-fertile et un acte antinaturel infertile : « il existe entre les deux cas une différence essentielle: dans le premier cas, les conjoints usent légitimement d'une disposition naturelle; dans l'autre cas, ils empêchent le déroulement des processus naturels. Il est vrai que, dans l'un et l'autre cas, les conjoints s'accordent dans la volonté positive d'éviter l'enfant pour des raisons plausibles, en cherchant à avoir l'assurance qu'il ne viendra pas; mais il est vrai aussi que dans le premier cas seulement ils savent renoncer à l'usage du mariage dans les périodes fécondes quand, pour de justes motifs, la procréation n'est pas désirable, et en user dans les périodes agénésiques, comme manifestation d'affection et sauvegarde de mutuelle fidélité. Ce faisant, ils donnent la preuve d'un amour vraiment et intégralement honnête ».

6. Conséquences de la rupture de l’amour

De la falsification de l’amour, et de la régulation artificielle de la natalité, dérivent des graves conséquences pour l’homme, la famille elle-même et la société.

- Avant tout dit le pape Paul VI : « voie large et facile elle ouvrirait ainsi à l'infidélité conjugale et a l'abaissement général de la mortalité. En effet il n'est pas besoin de beaucoup d'expérience pour connaître la faiblesse humaine et pour comprendre que les hommes, les jeunes, en particulier, si vulnérables sur ce point, ont besoin d'encouragement à être fidèles à la loi morale, et qu'il ne faut pas leur offrir quelque moyen facile pour en éluder l'observance ».

- A l’esclavage de la femme : « On peut craindre aussi que l'homme en s'habituant à l'usage des pratiques anticonceptionnelles, ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l'équilibre physique et psychologique de celle-ci, n'en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée ».

- Aux caprices des gouvernants : « Qu'on réfléchisse aussi à l'arme dangereuse que l'on viendrait à mettre ainsi aux mains d'autorités publiques peu soucieuses des exigences morales ».

7. Peut-on vraiment en tant que couples observer cette loi divine ? 

Grâce de Dieu et la vie spirituelle des couples : On peut même dire qu'elle ne serait pas observable sans l'aide de Dieu qui soutient et fortifie la bonne volonté des hommes. Pour cela il est très important la direction spirituelle pour les couples et les fiancés avec un bon prêtre prudent et préparé et la fréquence des sacrements en couple. « Que les époux affrontent donc les efforts nécessaires, soutenus par la foi et par l'espérance… qu'ils implorent par une persévérante prière l'aide divine; qu'ils puisent surtout dans l'Eucharistie à la source de la grâce et de la charité. Et si le péché avait encore prise sur eux, qu'ils ne se découragent pas, mais qu'ils recourent avec une humble persévérance à la miséricorde de Dieu, qui est accordée dans le sacrement de pénitence. Ils pourront de cette façon réaliser la plénitude de la vie conjugale ».

Maitrise de soi : « La maîtrise de l'instinct par la raison et la libre volonté impose sans nul doute une ascèse pour que les manifestations affectives de la vie conjugale soient dûment réglées, en particulier pour l'observance de la continence périodique ».

Créer un climat favorable à la chasteté : « Tout ce qui, dans les moyens modernes de communication sociale, porte à l'excitation des sens, au dérèglement des mœurs, comme aussi toute forme de pornographie ou de spectacles licencieux, doit provoquer la franche et unanime réaction de toutes les personnes soucieuses du progrès de la civilisation et de la défense des biens suprêmes de l'esprit humain ».

Conclusion

Voilà une idée donc de l’extraordinaire contenue de cette encyclique. Certes, son enseignement n'est pas facile, mais il n’est pas impossible parce qu’il est conforme à la structure fondamentale avec laquelle la vie a toujours été transmise dès la création du monde, dans le respect de la nature et conformément à ses exigences. Le respect pour la vie humaine et la sauvegarde de la dignité de la personne nous imposent de tout tenter pour que tous puissent partager l'authentique vérité de l'amour conjugal responsable, dans une pleine adhésion à la loi inscrite dans le cœur de chaque personne.

http://www.la-croix.com/var/bayard/storage/images/lacroix/religion/actualite/les-couples-font-entrer-la-vraie-vie-au-synode-2014-10-07-1217734/40419754-1-fre-FR/Les-couples-font-entrer-la-vraie-vie-au-Synode_article_popin.jpgOlivier et Xristilla Roussy témoignent de cette vérité. Ils sont parents de sept enfants, et ont été appelés par l’Eglise à participer comme auditeurs au synode sur la famille. Mercredi 9 octobre 2014, dans le cadre de la 8ème congrégation générale sur « l’Eglise et la famille face au défi éducatif » ils ont apporté aux Pères synodaux leur témoignage d’époux, de parents et d’accompagnateurs au service de la Nouvelle évangélisation. A propos de l’enseignement de l’Eglise sur l’accueil à la vie, ils n’hésitent pas à affirmer :

 « Durant nos fiançailles, nous avions choisi de nous former à la régulation naturelle des naissances. Après l’arrivée du troisième enfant, Xristilla était épuisée. Nous n’arrivions plus à vivre paisiblement nos unions conjugales. Nous avons alors décidé que Xristilla prendrait une pilule contraceptive pour quelques mois. Ce choix de la contraception était censé nous apaiser ; il eut l’effet contraire. Nous avons très mal vécu cette période. Xristilla était souvent de mauvaise humeur, le désir était absent et la joie disparaissait. Nous avions l’impression de ne plus être en vérité avec nous-mêmes. Nous n’étions plus unifiés. Nous avons compris que nous avions fermé une porte au Seigneur dans notre vie conjugale. Nous avons alors décidé de reprendre une régulation naturelle des naissances. C’est apparemment un chemin plus difficile qui nous invite à être continents lors des périodes fertiles alors même que nous désirons plus fortement nous unir. C’est souvent dur à accepter et à choisir à chaque fois. Mais nous le vivons à deux. C’est une aventure commune qui nous pousse à vouloir le bonheur de l’autre. Bien plus qu’une méthode, ce mode de vie nous permet chaque jour de nous accueillir l’un l’autre, de communiquer, de nous connaître, de nous attendre, de nous faire confiance, d’être délicats. Nous avons choisi cette voie, nous ne la subissons pas et nous en sommes profondément heureux malgré les efforts qu’elle requiert ».

Nous voulons donc finir cette présentation avec les paroles du pape François lors de la messe de béatification de Paul VI : « À l’égard de ce grand Pape, de ce courageux chrétien, de cet apôtre infatigable, nous ne pouvons dire aujourd’hui devant Dieu qu’une parole aussi simple que sincère et importante : merci ! Merci à notre cher et bien-aimé Pape Paul VI ! Merci pour ton témoignage humble et prophétique d’amour du Christ et de son Église ! »[3].

 


[1] Cf. Instrumentum Laboris : « La vocation et la mission de la famille
dans l’Église et dans le monde contemporain »
, Cité du Vatican, 2015, n. 133-136.

[2] Cf. Benoit XVI, discours aux participants au congrès international organisé à l’occasion du 40ème anniversaire de l’encyclique « Humanae Vitae ». Samedi 10 mai 2008.

[3] Cf. François, homélie pour la béatification du pape Paul VI, 19 octobre 2014.

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