JESUS-CHRIST AU MONT DU PRECIPICE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

JESUS-CHRIST AU MONT DU PRECIPICE

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,21-30.
En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d'Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit surtoute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

Aujourd’hui nous méditons la deuxième partie de la visite de Jésus à la Synagogue de Nazareth.

Pour les habitants de Nazareth le fait d’écouter son ton inspiré, sa parole pleine de force, de noblesse et de grâce, faisait dire à tous: « jamais homme n’a parlé comme lui ». Sa grandeur actuelle donc, comparée à la médiocrité de son origine, était pour eux un sujet d’étonnement profond.

Mais, leur étonnement profond fit bientôt et malheureusement place au scandale, car les esprits faibles se scandalisent de ce qu’ils ne comprennent pas. A l’enthousiasme et à l’admiration du débout, succédèrent peu à peu le scepticisme et la défiance. Ils furent déçus et ce fut le principe du mécontentement et d’irritation.

Les deux attitudes des nazaréens hostiles à Christ : le scandale et leur incrédulité manifestée par la tentation du miracle : « Fais-nous donc, ici, des miracles, comme tu en as fait chez les voisins ! ». C’était leur condition : nous croirons en toi seulement si tu nous faits de miracles. C’est la grande tentation qu’on ne cesse de mettre sous les pieds de Jésus. C’était celle du Satan, mais cette fois-ci de la part des hommes. On demandait à Jésus des signes venant du ciel.

Une des manières de refuser Dieu, c’est de lui demander des miracles afin d’avoir la foi. Les miracles comme condition pour faire l’acte de foi. Nous continuons à avoir l’attitude des habitants de Nazareth. Nous voudrions un Dieu qui se montre un peu plus, un Dieu qui résoudrait nos problèmes à notre place. Or Dieu n’aime pas ce rôle que nous voudrions lui faire faire. Dieu n’aime pas l’exceptionnel, le miraculeux, le spectaculaire, il n’aime pas être mit à l’épreuve. Attention nous ne voulons pas dire que Dieu ne puisse pas faire de miracles, bien sûr que si, mais ce que nous voulons dire c’est que les miracles ne peuvent pas produire la foi. La foi en Jésus-Christ dépend d’autres choses beaucoup plus profondes.

En effet, Jésus s’était fait une règle d’exiger la foi des malades qu’il voulait guérir, n’ayant pas trouvé chez les Nazaréens cette disposition de la foi, il ne pouvait pas faire parmi eux de miracles.

L’autre danger de cette attitude c’est de mettre Dieu à notre service. « Fais donc, ici, pour nous, un miracle… ». L’homme qui se dresse devant Dieu on lui demandant de faire ce qu’il attend, ce qui lui rendrait service ! Cela c’est provoquer Dieu. Ça risque parfois de réduire Dieu à n’être que le moteur auxiliaire qui nous dépanne quand ça ne roule plus.

Notre demande doit être bien différente. Que je puisse me mettre à ton service, au lieu de te mettre à mon service. Qu’au lieu de dire sans cesse que ma volonté soit faite par toi… je disse en vérité et humilité que Ta volonté soit faite par moi…

Les nazaréens déjà en colère, en sortant de la synagogue, ils l’entraînèrent hors du groupe d’habitations, vers un point culminant de la colline au flanc de laquelle leur ville était bâtie. Prat cite dans son ouvrage sur Jésus-Christ une tradition qui remonte aux croisades et qui est peut-être antérieure sur le lieu où Jésus-Christ devait être précipité.

Aujourd’hui ce lieu est connu sous le nom de « mont du précipice » : sur le plan géographique, la tradition médiévale le situe sommet d’un mont haut de 397 mètres, situé à environ 2 km au sud-est de Nazareth. Une communauté de moines érigea à cet endroit un monastère dédié à la Vierge Marie, mentionné dans le rapport intitulé « Commemoratorium de casis Dei », à savoir la liste des monastères ordonnée par Charlemagne en 808.

Les nombreuses grottes naturelles qui forment le paysage furent transformées, entre l’époque byzantine et l’époque arabe, en lieux de prière et d’ascétisme pour les moines. Il reste encore des traces de deux ermitages ou « laures » rocheux, creusés dans la roche, le long de la pente la plus escarpée. Quant à l’ancien monastère, celui-ci a conservé des restes de graffitis sur la roche, d’un autel et de fragments de céramiques datant de l’époque byzantine.

Ce lieu fut appelé par les croisés le « Saltus Domini », le saut du Seigneur. Les pèlerins Burchard de Mont Sion en 1283 et Jacques de Vérone en 1335 rappellent le grand saut qu’y fit Jésus pour échapper à ses concitoyens : ces récits se basent sur la tradition apocryphe qui raconte comment le Christ, après avoir été conduit au sommet du mont pour être jeté dans le vide, fit un grand saut et sortit indemne de cet épisode.

Cependant, au-delà des apocryphes, il peu probable que les Nazaréens soient allés le chercher si loin (environs deux kilomètres), quand ils avaient tant de rochers à pic dans le voisinage. A deux ou trois cents pas de l’Eglise grecque, où fut, dit-on, l’ancienne synagogue, on en montre un qui aurait bien fait leur affaire. (Prat, p. 376).

Mais Jésus, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

P. Silvio Moreno, IVE

 

 

 

   

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