PAROLE DE DIEU ET JEUNESSE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

PAROLE DE DIEU ET JEUNESSE

« Certains d’entre vous prétextent qu’ils ne sont pas moine, qu’ils ont femme et enfants… tu estimes la lecture des divines Ecritures réservée aux seuls moines, alors qu’elle te serait bien plu nécessaire qu’à eux » (Sur Mt 2,5).

« A la maison, dressez deux tables, l’une avec les plats de la nourriture, l’autre avec les plats de l’Ecriture » (Sur Gn 6,2).

 Saint Jean Chrysostome

 

Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur». Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre» (Lc 4, 14-21).

Comme toutes les localités de quelque importance, Nazareth possédait une synagogue, mais elle n’était pas sans doute assez considérable pour avoir trois réunions hebdomadaires, le lundi, le jeudi, et le samedi. Les Nazaréens, presque tous artisans ou agriculteurs, ne s’assemblaient à la synagogue que les jours de fête et de sabbat. C’est alors seulement que le Sauver pouvait espérer atteindre ses compatriotes, trop absorbés le reste du temps par les soucis du labeur quotidien.

On sait aussi et on peut affirmer sans crainte d’erreur que, dès cette époque, la longue cérémonie du sabbat comprenait essentiellement trois parties : la prière, la lecture de la Bible et l’instruction morale[1].

La prière, lecture et sermon à la Synagogue pouvaient être remplis par n’importe quel Israelite, pourvu qu’il fût vêtu décemment et reconnu capable par l’autorité locale. Selon Prat, les réunions des communautés chrétiennes à l’origine nous offrent une image de cette liberté d’allures. A Corinthe, par exemple, tous les hommes étaient censés pouvoir improviser des exhortations et des prières, sous le coup de l’inspiration. Il faut dire que l’église de Corinthe, au moment où saint Paul lui écrivait, avait tout au plus quatre ou cinq années d’existence et qu’elle était née dans la synagogue, dont elle avait emporté peut-être quelques usagers en se transférant dans la maison de Titius Justus.   

Les textes bibliques de ce 2 dimanche du temps ordinaire de l’année C insistent sur l’importance de la parole de Dieu dans la vie des croyants. Parlons donc de la Parole de Dieu, sa valeur et importance dans la jeunesse.

L’annonce de la Parole de Dieu et les jeunes[2]

C’est durant la période de la jeunesse, en effet, qu’émergent de façon irrépressible et sincère les questions sur le sens de la vie personnelle et sur l’orientation à donner à sa propre existence. Seul Dieu sait apporter une véritable réponse à ces questions. Pour cela l’Eglise donne trois conseils aux jeunes :

-Acquérir une intimité et une familiarité avec la Sainte Écriture, pour qu’elle soit comme une boussole qui leur indique la route à suivre. Connaissons-nous les évangiles ?  

-Chercher de témoins et de maîtres, qui marchent avec eux et qui les forment à aimer et à communiquer à leur tour l’Évangile surtout aux jeunes de leur âge, devenant ainsi eux-mêmes des annonciateurs authentiques et crédibles.

-Il faut que la Parole divine soit aussi présentée dans les implications vocationnelles des jeunes, afin qu’elle aide et oriente les jeunes dans leurs choix de vie, y compris vers la consécration totale.

Parole de Dieu et prière

Donc il faut savoir lire la Parole de Dieu et prier avec elle. Comme le dit saint Augustin : « Ta prière est ta parole adressée à Dieu. Quand tu lis, c’est Dieu qui te parle ; quand tu pries, c’est toi qui parles avec Dieu ».

Cependant, il faut éviter le risque d’une approche individualiste, en se rappelant que la Parole de Dieu s’adresse à chacun personnellement, mais c’est aussi une Parole qui se lit dans et avec l’Église. C’est pourquoi le texte sacré doit toujours être abordé dans la communion de l’Eglise et avec l’aide de l’Eglise : le magistère, la doctrine des saints, les commentaires des pères de l’Eglise.

Dans ce sens, il existe une façon de prier avec la Parole de Dieu qui malheureusement nous croyons est réservée que pour les moines alors qu’en réalité il s’agit d’une prière que tout le monde peut faire. C’est la lectio divina. Je voudrais rappeler brièvement ici ses étapes fondamentales :

-elle s’ouvre par la lecture (lectio) du texte: que dit en soi le texte biblique ?

-S’en suit la méditation (meditatio) qui pose la question suivante: que nous dit le texte biblique ? Ici, chacun personnellement, doit se laisser toucher et remettre en question.

-L’on arrive ainsi à la prière (oratio) qui suppose cette autre demande: que disons-nous au Seigneur en réponse à sa parole ? La prière est la première manière par laquelle la Parole nous transforme.

-Enfin, la lectio divina se termine par la contemplation (contemplatio), au cours de laquelle nous nous demandons : quelle conversion de l’esprit, du cœur et de la vie le Seigneur nous demande-t-il ?

L’exemple du Bienheureux Charles de Foucauld

Nous sommes en cette année 2016 dans le centenaire de la mort de Charles de Foucauld et en guise de conclusion nous pouvons bien nous demander quelle place pour la Parole de Dieu dans sa vie ?

« Le Modèle Unique » et « Notre tendre Sauveur, notre bon Maître », écrits à Nazareth (1897 – 1900) sont des recueils des phrases de l’Evangile que Frère Charles a recopié mû par le désir de rechercher le Modèle et de l’imiter. A la Trappe déjà il avait recopié en entier sur un petit carnet, le texte des quatre Evangiles pour le porter toujours sur lui. Ensuite, avant de quitter Notre Dame des Neiges pour l’Afrique, il a copié l’Evangile selon Saint Matthieu en arabe et en 1904, en marche au désert vers Tamanrasset, il traduira les quatre Evangiles en langue touarègue.

Antoine Chatelard (Revenons à l’Evangile, p.49-50)  retrace la ‘formation exégétique’ de frère Charles qui se forme à travers des ouvrages très connus: la Bible dans la traduction de la Vulgate latine et aussi de Crampon et du Mgr Weber, Les quatre Evangiles en un seul. Ensuite: Bossuet, L’élévation sur les mystères, Abbé Fouard, La vie de Jésus, Kempis, L’Imitation du Christ. Les commentaires patristiques, spécialement Saint Jean Chrysostome, qu’il lira jusqu’à sa mort ; des textes de la tradition de l’Eglise : Saint Augustin, Saint Thomas, la Règle de Saint Benoît, et sur le conseil de l’Abbé Huvelin, il lira et relira les mystiques espagnols : Saint Jean de la Croix et Sainte Thérèse.

Signes donc de la ‘passion amoureuse’ de frère Charles pour la Parole de Dieu. Ainsi écrivait-il : « Aimons, aimons notre bien-aimé qui nous parle…écoutons-le amoureusement avec le zèle de l’amour…Faisons à toute parole des Livres Saints, au fond de nos cœurs, l’accueil amoureux de l’épouse entendant la voix de l’Epoux :’Mon âme s’est fondue en moi quand il a parlé’ »[3]

Je termine alors avec l’invitation de notre Bienheureux qui terminait lui aussi chaque leçon de son catéchisme par des passages d’Evangile, et que cette invitation résonne plus que jamais forte et urgente dans le cœur de chacun de vous: «… revenons à l’Evangile, si nous ne vivons pas l’Evangile, Jésus ne vit pas en nous. Revenons à la pauvreté, à la simplicité chrétienne…Revenir à l’Evangile, c’est là le remède : c’est ce dont nous avons tous besoin»[4].

P. Silvio Moreno, IVE


[1] Cf. Voir Bonsirven, Sur les ruines du temple, Paris, 1928, p. 220-226. Cité dans Prat, Ferdinand, Jésus-Christ, t. II, p. 370.

[2] Nous suivrons quelques points de la Verbum domini de Benoit XVI.  

[3] Charles de FOUCAULD, Commentaire de saint Matthieu, Paris, 1989, p.18.

[4] Charles de FOUCAULD, Lettre à Mgr Caron, 30 juin 1909 in « Œuvres spirituelle », Paris, 1958, p.750.

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