EXPERIENCE DE JESUS-CHRIST

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

EXPERIENCE DE JESUS-CHRIST

LES JEUNES ET JESUS-CHRIST

Nous vivons dans un monde où toutes les expériences sont possibles et malheureusement il y en a des bonnes et des mauvaises, cependant il y en a une qui est toujours extraordinaire et qui vaut la peine d’être vécue : l’expérience de Jésus-Christ.

Est-ce que vous avez déjà fait l’expérience de Jésus-Christ ? C’est cette expérience que je vous invite à faire. Elle a deux caractéristiques :

- Tout d’abord, c’est une rencontre personnelle. Cette rencontre n’est jamais impersonnelle ou générale, elle est toujours très personnelle, elle est dans l’intimité de chacun de nous, au plus profond de nous, dans notre cœur, dans notre conscience, c’est une rencontre qui a nom et prénom. Donc c’est une rencontre unique, personne ne peut occuper ma place.

- Mais Jésus-Christ respecte totalement notre liberté et alors c’est à nous de répondre à son appel pour qu’il puisse rentrer dans notre cœur et pour que cette rencontre se fasse réalité. Tant que je ne réponds pas « oui » au Seigneur, l’expérience avec lui ne sera pas possible.

Mais, qu’est-ce que cela signifie « rencontrer le Christ » ? Cela signifie sa connaissance, l’assimilation de sa doctrine, apprendre de sa maturité, s’unir à lui sacramentalement, connaitre sa mère.

1. Sa connaissance : il s’agit pour rencontrer Jésus de le connaitre. Connaissons-nous Jésus-Christ ? Cette question engage vraiment notre réponse et toute notre personne. Souvent la connaissance que nous avons de Jésus-Christ est très superficielle, parfois seulement extérieure. Nous croyons le connaitre parce que nous le voyons dans une croix, nous le chantons, mais tant que nous ne pénétrons pas le cœur de Jésus, ses sentiments, son âme, sa pensée, nous n’arriverons pas à le connaitre vraiment.

Or, cette belle connaissance commence au moment où je prends conscience que lui me connait profondément, pas d’une façon générale. Il connait mon cœur, mon âme, ma conscience, mes pensées. Saint Jean-Paul II disait : « Vous ne devez donc jamais penser qu’à ses yeux vous êtes des inconnus, des numéros d’une foule anonyme. Chacun de vous est précieux pour le Christ, chacun est connu personnellement, est aimé tendrement, même quand il ne s’en rend pas compte »[1]. Alors ma réaction doit être une réaction d’amour, et cela est beau : je tombe amoureux de lui et je me laisse aimer par lui. Et le fruit de cet amour c’est la foi totale en lui et pour cela il faut toujours demander une foi vivante, une foi courageuse, une foi active. C’est la confiance en lui, la confiance que, malgré les difficultés, les crises, mes péchés, il est toujours à mes côtés, il ne m’abandonne pas. C’est l’unification de ma vie chrétienne vécue dans ma vie privée, à mon travail, à l’université, en famille, à l’église.

2. Assimiler sa doctrine : Les apôtres et l’Eglise nous ont transmis la doctrine de Jésus, sa pensée, ses enseignements. Le pape Saint Jean-Paul II donna aux jeunes des JMJ 2000 un cadeau : les évangiles. Connaissez-vous les évangiles ? Avez-vous lu les évangiles ? C’est là qu’il faut revenir souvent. Saint Jean-Paul II disait : « Ce soir, je vais vous remettre l’Évangile… La parole qu’il contient est la parole de Jésus. Si vous l’écoutez en silence, dans la prière, en vous faisant aider par les sages conseils de vos prêtres et de vos éducateurs, afin de la comprendre pour votre vie, vous rencontrerez le Christ et vous le suivrez, engageant jour après jour votre vie pour lui ! »[2]. Dans les évangiles, vous trouverez tout ce qu’il vous faut pour vivre chrétiennement et pour faire une extraordinaire expérience du Christ. Assimiler sa doctrine signifie aussi prendre position pour le Christ : « …aujourd’hui encore, croire en Jésus, suivre Jésus… exige de prendre position pour lui, et il n’est pas rare que ce soit comme un nouveau martyre : le martyre de celui qui, aujourd’hui comme hier, est appelé à aller à contre-courant pour suivre le divin Maître… Il ne vous sera peut-être pas demandé de verser votre sang, mais de garder la fidélité au Christ, oui certainement ! Une fidélité à vivre dans les situations quotidiennes : je pense aux fiancés et à leur difficulté de vivre dans la pureté au sein du monde actuel, en attendant de se marier. Je pense aux jeunes couples et aux épreuves auxquelles est exposé leur engagement de fidélité réciproque. Je pense aux relations entre amis et à la tentation de manquer de loyauté qui peut s’insinuer entre eux… »[3]. Finalement assimiler sa doctrine signifie lire et étudier les enseignements de l’Eglise résumés parfaitement dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique, en effet, rappelons-nous que Christ n’est jamais sans l’Eglise.

3. Apprendre de sa maturité[4] : c’est-à-dire découvrir la maturité affective et sexuelle de Jésus-Christ et apprendre à l’imiter.

 -Sa tempérance et sa mortification : jeûne de 40 jours et 40 nuits, longs moments de prière, grande résistance aux difficultés climatiques.

-Sa grande prudence, sa justice équilibrée, son courage et sa force devant les tentations, les difficultés, les pièges des pharisiens.

-Sa grande estime pour la vie et la clarté de conscience sur le but ultime des toutes choses.

-Sa perception réaliste du péché, de la faiblesse humaine, de la situation de l’homme et du monde, les qualités et les limites de chaque personne, etc.

-Son équilibre organique et sa vie disciplinée qui montrent sa grande résistance physique.

-Les critères surnaturels qui conduisent sa vie (par exemple le Sermon de la montagne).

-La sécurité de sa personnalité affective et sexuelle.

Jésus n’a pas de peur perturbatrice

Jésus n’a pas de idées dépressives

Jésus ne manifeste pas de carences affectives ou de paternité.

Jésus ne manifeste pas un complexe d’infériorité.

Jésus n’a pas d’obsessions ou de possessions.

Jésus n’a pas une base tempéramentale nerveuse, anxieuse, bipolaire.

Jésus n’est ni paresseux, ni sensuel.

Jésus ne souffre pas de haine, ni de rancune, ni de colère.

Jésus n’est pas orgueilleux.

Jésus ne soutient pas des idées erronées sur la sexualité ou l’affectivité humaine.   

4- S’unir à lui sacramentalement : Principalement dans l’Eucharistie : pourquoi ? Parce que « le Christ nous aime et il nous aime toujours ! Il nous aime même lorsque nous le décevons, quand nous ne correspondons pas à ses attentes à notre égard. Il ne nous ferme jamais les bras de sa miséricorde. Comment ne pas être reconnaissant envers ce Dieu qui nous a rachetés en allant jusqu'à la folie de la Croix ? Envers ce Dieu qui s'est mis de notre côté et qui y est demeuré jusqu'au bout ? » Et cela se réalise tous les jours à l’autel, dans la célébration de la messe. Voilà pourquoi «…mettez l'Eucharistie au centre de votre vie personnelle et communautaire : aimez-la, adorez-la, célébrez-la, surtout le dimanche, jour du Seigneur. Vivez l'Eucharistie en témoignant de l'amour de Dieu pour les hommes… Soyez vous-mêmes des témoins fervents de la présence du Christ sur nos autels. Que l'Eucharistie façonne votre vie, la vie des familles que vous formerez ! Qu'elle oriente tous vos choix de vie !... »[5].

5. Confiance en sa Mère la Vierge Marie : Le « manque de vin » à Cana est symbole pour notre monde d’aujourd’hui, il évoque d’autres manques bien plus graves : nous pouvons les découvrir à travers la signification du vin dans la Bible.

- Le vin est associé à l’amour. Le Cantique des cantiques se sert de l’image du vin pour évoquer l’amour et la jouissance (Ct 5,1).

- Le vin est le signe de la joie. « Alors, mange ton pain avec plaisir et bois ton vin d'un cœur joyeux, car Dieu a déjà approuvé tes actions ». (Qo 9,7)

- Le vin est même le symbole de la vie pour qui en boit avec modération. (Eccl 31, 27).   

- Il est aussi le symbole de la bénédiction de Dieu (Gn 27,28). Le vin est même utilisé pour symboliser l’alliance entre Dieu et son peuple. Pour nous, la grâce et l’amitié de Dieu.

Aujourd’hui il manque l’amour vrai, la charité vraie… il existe plutôt une déformation de l’amour, des caricatures de l’amour (l’égoïsme, la sexualité déformée, la prostitution, la pornographie, etc.) … aujourd’hui les gens malheureusement ne vivent plus dans la vraie joie intérieure qui donne envie de vivre la vie en plénitude (l’extrême pauvreté, les crises économiques, le stress, la terreur, la peur, etc.). Aujourd’hui la vie elle-même est en danger pour les bébés, avec l’avortement, pour les enfants et les jeunes par la perte des valeurs chrétiennes et des points de repères à cause des nouvelles idéologies, des nouvelles addictions, et pour les adultes et les anciens, par l’abandon, l’euthanasie, etc. Aujourd’hui il manque dans beaucoup de cœurs la grâce de Dieu et cela à cause du péché, à cause du démon qui cherche à nous éloigner de notre Dieu et Seigneur…

Personne ne peut être indiffèrent à tout cela. Mais, et cela est extrêmement consolateur, notre Sainte Mère la vierge Marie voit tout cela et elle intervient, elle le dit à son fils Jésus : Ils n’ont plus d’amour, ils n’ont plus de joie, ils n’ont plus de paix, ils détruisent leurs vies, ils n’ont pas la grâce de Dieu…

Tous ces problèmes sont constatés par Marie qui voit tout cela et qui continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Ce que Jésus nous dit et que nous avons à faire, nous le trouvons dans les évangiles. C'est à Elle que nous confions nos préoccupations, les nécessités et les situations difficiles de nos vies. Nous sommes invités à nous en imprégner et à nous laisser transformer par lui.

C’est le Christ qui a le pouvoir de tout changer en nous. Saint Jean Paul II: « En réalité, c’est Jésus que vous cherchez quand vous rêvez de bonheur ; c’est lui qui vous attend quand rien de ce que vous trouvez ne vous satisfait ; c’est lui, la beauté qui vous attire tellement ; c’est lui qui vous provoque par la soif de radicalité qui vous empêche de vous habituer aux compromis ; c’est lui qui vous pousse à faire tomber les masques qui faussent la vie ; c’est lui qui lit dans vos cœurs les décisions les plus profondes que d’autres voudraient étouffer. C’est Jésus qui suscite en vous le désir de faire de votre vie quelque chose de grand, la volonté de suivre un idéal, le refus de vous laisser envahir par la médiocrité, le courage de vous engager avec humilité et persévérance pour vous rendre meilleurs, pour améliorer la société...".

P. Silvio Moreno, IVE

 

 


[1] Saint Jean Paul II, Discours au jubilé des jeunes dans la place de Saint Pierre, 15 aout 2000.

[2] Saint Jean Paul II, Discours dans la Veillée des JMJ 2000 à Rome, 19 aout 2000.

[3] Saint Jean Paul II, ibidem.

[4] Cf. Fuentes, Miguel, La madurez afectiva y sexual de Jesús de Nazaret, San Rafael, 2011, p. 29-30.

[5] Saint Jean Paul II, homélie de clôture des JMJ 2000, 20 aout 2000.

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