AMORIS LAETITIA ET MAGISTERE DE L’EGLISE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

AMORIS LAETITIA ET MAGISTERE DE L’EGLISE

Chers amis, quel est le mal qui afflige présentement l’Eglise ? N’est-ce pas l’ambiguïté et la confusion, c’est-à-dire la coexistence d’un reste de lumière avec beaucoup de ténèbres ? Qu’on comprenne bien, c’est important :

Cette confusion actuelle n’est pas le mélange des bons et des mauvais qui a toujours existé et existera jusqu’à la consommation des siècles, ainsi que l’a déclaré Jésus-Christ lui-même, comparant ce mélange à celui que présente un champ de blé, où la tige d’ivraie pousse à côté des tiges d’épis : non, la confusion de ces derniers temps n’est pas ce mélange ; mais elle est le mélange, dans les idées, les principes et dans les mœurs, du bien et du mal, de la vérité et du mensonge, de la lumière et des ténèbres, comme si, sur la même tige, le blé et l’ivraie pouvaient pousser dans l’harmonie.

Le mélange des mauvais avec les bons est de permission divine, l’œil de Dieu discerne les uns et les autres, et son tribunal les attend pour les ranger à droite et à gauche ; en ce mélange permis et passager, il n’y a donc pas de confusion. Mais malheureusement le mélange du bien et du mal en doctrine et en morale, dans les idées et dans les mœurs, constitue une ambigüité et une confusion qui clame justice devant son regard.

Or, quelque secteur de l’Eglise présente le spectacle de ce terrible mélange, ainsi par exemple le cardinal Walter Kasper, de l’église Allemande, a affirmé dans une récente et lamentable interview avec le  journal allemand «Aachener Zeitung» que, depuis Amoris Laetitia la porte est ouverte pour que les divorcés remaries vivant une vie maritale active (c’est-à-dire l’adultère) puissent recevoir la Sainte Communion. Disait-il : «La porte est ouverte. Et le Pape ne nous dit pas comment il faut la traverser… Voilà donc une marge de manœuvre pour les évêques individuels et les conférences épiscopales » Et: « L’Eglise doit s’inculturiser et les cultures sont différentes c’est-à-dire ce qui peut être juste pour nous (donc en Europe) est considéré comme mauvais en Afrique ». (Autrement dit dans le domaine de la morale ce que pour les africains pourrait être un péché, pour nous les européens ne l'est pas forcement). Quelle confusion ! Un grand relativisme!  

Malheureusement, le Seigneur Cardinal ne regarde pas la vérité toute entière. Il ne tient pas compte que dans AL au chapitre VIII François ne parle pas du tout explicitement de l’admission des fidèles divorcés remariés à la communion sacramentelle. De même, il ne dénonce pas non plus la discipline en vigueur. Et pour cause, puisqu’elle a été constamment rappelée par ses prédécesseurs : Saint Jean Paul II, dans Familiaris Consortio n. 84 et Benoît XVI, dans Sacramentum caritatis n. 29. Ils nous rappellent que la pratique ou la discipline de l’Église est « fondée dans l’Écriture sainte ». Chacun d’eux soutient suivant la grande tradition magistérielle que l’état d’infidélité matrimoniale, quelle qu’en soit l’imputabilité subjective ou les circonstances atténuantes, est en effet incompatible avec la communion sacramentelle qui consiste précisément, pour les époux, à s’unir à l’alliance indissoluble et fidèle du Christ et de l’Église dans laquelle ils sont entrés librement et sans contrainte – jusqu’à preuve du contraire par une éventuelle déclaration de nullité – au jour de leur mariage sacramentel indissoluble. D’ailleurs, si ce lien n’est jamais évoqué dans l’exhortation apostolique, pour les divorcés remariés, il l’est en revanche pour les fidèles divorcés qui demeurent fidèles à leur mariage : « En même temps, les personnes divorcées mais non remariées, qui sont souvent des témoins de la fidélité conjugale, doivent être encouragées à trouver dans l’Eucharistie la nourriture qui les soutienne dans leur état » (A.L. n. 242). Un indice réel, mais pas suffisant, que dans l’esprit du pape François cette doctrine demeure. En fin, il ne faut pas oublier que le Pape François reprenant les indications de ses prédécesseurs, insiste sur la via caritatis : « En toute circonstance, face à ceux qui ont des difficultés à vivre pleinement la loi divine, doit résonner l’invitation à parcourir la via caritatis. La charité fraternelle est la première loi des chrétiens (cf. Jn 15,12 ; Ga 5,14) » (n. 306). En revenant du Mexique, le pape François a évoqué l’attitude d’un couple de divorcés remariés qui l’avait impressionné : « Et ces deux personnes étaient heureuses ! Elles ont utilisé une très belle expression : “Nous ne faisons pas la communion eucharistique, mais nous faisons la communion lors des visites à l’hôpital, en effectuant ce service-là, ou bien ce- lui-ci…”. Leur intégration est restée là».

Ceci est bien diffèrent des affirmations du Cardinal Kasper. Mais, malheureusement et cela est vrai aussi la confusion doctrinale du chapitre VIII de Amoris Laetitia est de plus en plus présente parmi les chrétiens, c’est pourquoi, en suivant l’avis de Mgr. Schneider, évêque auxiliaire de Kazakhstan, « on peut considérer qu’il serait légitime de lancer un appel à notre cher pape François, qui est le Vicaire du Christ et 'le doux Christ sur terre' (sainte Catherine de Sienne), pour qu’il ordonne la publication d’une interprétation authentique d’Amoris lætitia, qui devrait nécessairement contenir une proclamation explicite du principe disciplinaire du magistère universel et infaillible en ce qui concerne l’admission des divorcés remariés aux sacrements, tel qu’il est formulé au n° 84 de Familiaris consortio (et au numéro 29 dans Sacramentum caritatis de Benoît XVI). Ce n° 84 de Familiaris consortio, absent d’A.L., dit ceci: ‘La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui […] prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux’ »[1].
En attendant, nous devons lutter pour continuer à obéir au Commandement divin « Tu ne commettras pas d’adultère » et témoigner, comme l’affirme la Parole de Dieu et le Catéchisme de l’Eglise Catholique, que l’homme ne peut pas séparer ce que Dieu a uni. Que l’adultère est toujours en soi même un désordre moral grave. Que cette vérité est la même en Amérique, en Europe, en Afrique, ou en Chine. Que celui qui accepte cette état de vie en pleine conscience et en pleine liberté commet un péché mortel et qu’une âme qui meurt en état de péché mortel sans se repentir se éloigne de Dieu complètement.

Continuons donc à défendre la foi catholique. Cherchons la lumière, la clarté. Ne restons pas ni dans l’ambigüité, ni dans la confusion. Aidons ces couples et ces personnes en difficultés à se repentir sincèrement, à former leur consciences, faisons pénitence pour elles, prions pour elles, aidons-les à vivre à travers la chasteté ou la continence. Accompagnons avec patience. Intégrons-les à la communauté à travers la charité, le bénévolat, le volontariat, la prière, etc. Mais ne les incitons pas à faire ce qu’elles ne peuvent pas faire car nous aurions à en rendre compte à Dieu, au jour du jugement particulier de notre âme.

N’oublions pas que Saint Jean Baptise a subi le martyr pour défendre la loi de Dieu. Nul n’est au-dessus des préceptes divins.

Nous devons avoir le courage d’être signe de contradiction dans le monde. Ecrivait le Bienheureux Paul VI : « On peut prévoir que cet enseignement ne sera peut-être pas facilement accueilli par tout le monde: trop de voix - amplifiées par les moyens modernes de propagande - s'opposent à la voix de l'Eglise. Celle-ci, à vrai dire, ne s'étonne pas d'être, à la ressemblance de son divin Fondateur, un " signe de contradiction "; mais elle ne cesse pas pour autant de proclamer avec une humble fermeté, toute la loi morale, tant naturelle qu'évangélique. Ce n'est pas elle, qui a créé cette loi, elle ne saurait donc en être l'arbitre; elle en est seulement la dépositaire et l'interprète, sans pouvoir jamais déclarer licite une chose qui ne l'est pas à cause de son intime et immuable opposition au vrai bien de l'homme » (HV 18). « L'Eglise, en effet, ne peut avoir, vis-à-vis des hommes, une conduite différente de celle du Rédempteur: elle connaît leur faiblesse, elle a compassion de la foule, elle accueille les pécheurs; mais elle ne peut renoncer à enseigner la loi qui est en réalité celle d'une vie humaine rendue à sa vérité originelle et conduite par l'esprit de Dieu » (HV 19).

 

P. Silvio Moreno, IVE

 

 

Textes du Magistère à apprendre par cœur

  1. Exhortation Apostolique « Familiaris Consortio » de Saint Jean Paul II (22 novembre 1981)

e) Les divorcés remariés

84. L'expérience quotidienne montre, malheureusement, que ceux qui ont recours au divorce envisagent presque toujours de passer à une nouvelle union, évidemment sans cérémonie religieuse catholique. Et comme il s'agit là d'un fléau qui, comme les autres, s'attaque de plus en plus largement aux milieux catholiques eux-mêmes, il faut d'urgence affronter ce problème avec la plus grande sollicitude. Les Pères du Synode l'ont expressément étudié. L'Eglise, en effet, instituée pour mener au salut tous les hommes, et en particulier les baptisés, ne peut pas abandonner à eux-mêmes ceux qui - déjà unis dans les liens du sacrement de mariage - ont voulu passer à d'autres noces. Elle doit donc s'efforcer, sans se lasser, de mettre à leur disposition les moyens de salut qui sont les siens.

Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l'obligation de bien discerner les diverses situations. Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canoniquement valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l'éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n'avait jamais été valide.

Avec le Synode, j'exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu'ils ne se sentent pas séparés de l'Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie. On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux oeuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l'esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d'implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l'Eglise prie pour eux, qu'elle les encourage et se montre à leur égard une mère miséricordieuse, et qu'ainsi elle les maintienne dans la foi et l'espérance!

L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Eglise concernant l'indissolubilité du mariage.

La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par l'exemple l'éducation des enfants -, remplir l'obligation de la séparation, «ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux».

De la même manière, le respect dû au sacrement de mariage, aux conjoints eux-mêmes et à leurs proches, et aussi à la communauté des fidèles, interdit à tous les pasteurs, pour quelque motif ou sous quelque prétexte que ce soit, même d'ordre pastoral, de célébrer, en faveur de divorcés qui se remarient, des cérémonies d'aucune sorte. Elles donneraient en effet l'impression d'une célébration sacramentelle de nouvelles noces valides, et induiraient donc en erreur à propos de l'indissolubilité du mariage contracté validement.

En agissant ainsi, l'Eglise professe sa propre fidélité au Christ et à sa vérité; et en même temps elle se penche avec un cœur maternel vers ses enfants, en particulier vers ceux qui, sans faute de leur part, ont été abandonnés par leur conjoint légitime.

Et avec une ferme confiance, elle croit que même ceux qui se sont éloignés du commandement du Seigneur et continuent de vivre dans cet état pourront obtenir de Dieu la grâce de la conversion et du salut, s'ils persévèrent dans la prière, la pénitence et la charité.

 

  1. Exhortation Apostolique « Sacramentum Caritatis » de Benoit XVI (22 février 2007)

Eucharistie et indissolubilité du mariage

29. Si l'Eucharistie exprime le caractère irréversible de l'amour de Dieu pour son Église dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l'indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu'aspirer. (91) L'attention pastorale que le Synode a réservée aux situations douloureuses dans lesquelles se trouvent de nombreux fidèles qui, après avoir célébré le sacrement de Mariage, ont divorcé et contracté une nouvelle union, est donc plus que justifiée. Il s'agit d'un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les Pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés. (92) Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l'Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l'union d'amour entre le Christ et l'Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l'Eucharistie. Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d'appartenir à l'Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu'ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l'écoute de la Parole de Dieu, par l'adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l'engagement dans l'éducation de leurs enfants.

…Enfin, là où la nullité du lien matrimonial n'est pas reconnue et où des conditions objectives rendent de fait la vie commune irréversible, l'Église encourage ces fidèles à s'engager à vivre leur relation selon les exigences de la Loi de Dieu, comme amis, comme frère et sœur; ils pourront ainsi s'approcher de la table eucharistique, avec les attentions prévues par la pratique éprouvée de l'Église. Un tel chemin, pour qu'il soit possible et qu'il porte du fruit, doit être soutenu par l'aide des pasteurs et par des initiatives ecclésiales appropriées, en évitant, dans tous les cas, de bénir ces relations, pour que ne surgissent pas chez les fidèles des confusions autour de la valeur du Mariage.

 

  1. Encyclique « Veritas Splendeur » de Saint Jean Paul II (6 août 1993)

80. Or, la raison atteste qu'il peut exister des objets de l'acte humain qui se présentent comme « ne pouvant être ordonnés » à Dieu, parce qu'ils sont en contradiction radicale avec le bien de la personne, créée à l'image de Dieu. Ce sont les actes qui, dans la tradition morale de l'Eglise, ont été appelés « intrinsèquement mauvais » (intrinsece malum) : ils le sont toujours et en eux-mêmes, c'est-à-dire en raison de leur objet même, indépendamment des intentions ultérieures de celui qui agit et des circonstances. De ce fait, sans aucunement nier l'influence que les circonstances, et surtout les intentions, exercent sur la moralité, l'Eglise enseigne « qu'il y a des actes qui, par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours gravement illicites, en raison de leur objet ». Dans le cadre du respect dû à la personne humaine, le Concile Vatican II lui-même donne un ample développement au sujet de ces actes : « Tout ce qui s'oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d'homicide, le génocide, l'avortement, l'euthanasie et même le suicide délibéré ; tout ce qui constitue une violation de l'intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques ; tout ce qui est offense à la dignité de l'homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l'esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable : toutes ces pratiques et d'autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu'elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s'y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement l'honneur du Créateur».

Sur les actes intrinsèquement mauvais, et en référence aux pratiques contraceptives par lesquelles l'acte conjugal est rendu intentionnellement infécond, Paul VI enseigne : « En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien (cf. Rm 3, 8), c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de la volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et par conséquent une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux ».

81. En montrant l'existence d'actes intrinsèquement mauvais, l'Eglise reprend la doctrine de l'Ecriture Sainte. L'Apôtre Paul l'affirme catégoriquement : « Ne vous y trompez pas! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu » (1 Co 6, 9-10).

Si les actes sont intrinsèquement mauvais, une intention bonne ou des circonstances particulières peuvent en atténuer la malice, mais ne peuvent pas la supprimer. Ce sont des actes « irrémédiablement » mauvais ; par eux-mêmes et en eux-mêmes, ils ne peuvent être ordonnés à Dieu et au bien de la personne : « Quant aux actes qui sont par eux-mêmes des péchés (cum iam opera ipsa peccata sunt) — écrit saint Augustin —, comme le vol, la fornication, les blasphèmes, ou d'autres actes semblables, qui oserait affirmer que, accomplis pour de bonnes raisons (causis bonis), ils ne seraient pas des péchés ou, conclusion encore plus absurde, qu'ils seraient des péchés justifiés ? ».

De ce fait, les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte « subjectivement » honnête ou défendable comme choix.

82. En outre, l'intention est bonne quand elle s'oriente vers le vrai bien de la personne en vue de sa fin ultime. Mais les actes dont l'objet « ne peut être ordonné » à Dieu et est «indigne de la personne humaine » s'opposent toujours et dans tous les cas à ce bien. Dans ce sens, le respect des normes qui interdisent ces actes et qui obligent semper et pro semper, c'est-à-dire sans aucune exception, non seulement ne limite pas la bonne intention, mais constitue vraiment son expression fondamentale.

 


[1] Cf. Schneider, A. «Amoris Laetitia»: chiarire per evitare una confusione generale, in http://www.corrispondenzaromana.it/amoris-laetitia-chiarire-per-evitare-una-confusione-generale/

 

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