IDEOLOGIE DU "GENDER" TENTATION DIABOLIQUE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

IDEOLOGIE DU "GENDER" TENTATION DIABOLIQUE
« Les solutions totalitaires peuvent fort bien survivre
à la chute des régimes totalitaires, sous la forme de tentations fortes qui surgiront chaque fois qu’il semblera impossible
de soulager la misère politique, sociale et économique
d’une manière qui soit digne de l’homme ».
 
Hannah Arendt, Le système totalitaire, 1951.
 
 
1. Une histoire réelle
 
Durant sa vie professionnelle, le docteur John Money, psychologue et sexologue néo-zélandais, fut considéré comme un expert des comportements sexuels, spécialement pour avoir cru démontrer que le genre était un acquis, un apprentissage plutôt que quelque chose d’inné. Plusieurs années plus tard, cependant, son cas le plus célèbre se révélera un échec. Il s’agit de la réattribution sexuelle de David Reimer, également connue comme « le cas John/Joan » dans le monde académique.
 
En 1966, une circoncision ratée laissa Bruce Reimer, alors âgé de 8 mois, sans pénis. « Persuadé que s’il est élevé comme une fille, Bruce deviendra une fille », John Money conseille à ses parents de le transformer en fille. Sur la recommandation de Money, 14 mois plus tard, on décida de faire du bébé une fille : on procéda à une ablation des testicules et on rebaptisa Bruce Brenda. Money recommanda également un traitement hormonal lourd à base d’œstrogènes ainsi qu’une vaginoplastie à la puberté. Money publia un nombre important d’articles affirmant que la réattribution était un succès.
 
Avec le cas Reimer, Money est convaincu d’avoir prouvé que le sexe biologique s’efface pour peu qu’on lui inculque un autre "genre". Il rédige de nombreux articles consacrés à ce cas, et, en 1972, un livre, Man - Woman, Boy - Girl. « Il y affirme que seule l'éducation fait des humains des sujets masculins ou féminins »[1].
 
En 1997, Milton Diamond rapporta que la réattribution était au contraire un échec, que Reimer ne s’était jamais identifié comme femme ou comporté d’une manière typiquement féminine, qu’il avait changé de traitement hormonal, et qu’il avait pris le nom de David à l’adolescence.
 
« C’était comme un lavage de cerveau » avouera plus tard David au journaliste John Colapinto, lequel écrira un livre dévoilant le pot-aux-roses, As Nature Made Him: The Boy who Was Raised as a Girl.
 
En 2000, David et son frère jumeau, Brian, déclarèrent que Money avait pris plusieurs clichés des jumeaux nus durant leur traitement et les forçait à simuler l’acte sexuel, croyant que cela les aiderait à bâtir leurs identités sexuelles respectives.
 
En 2002, le frère jumeau de David fut trouvé mort des suites d’une overdose des médicaments. Le 5 mai 2004, peu après avoir rompu avec sa femme, David Reimer se donne la mort. Ses parents ont déclaré qu’ils croyaient que les méthodes de Money étaient responsables du décès de leurs deux fils. Au delà de si cela a été vrai ou pas, il faut dire que même les activistes intersexes ont aussi critiqué Money, déclarant que l’échec dissimulé du cas David Reimer avait conduit à la réattribution sexuelle traumatique de milliers d’enfants. D’après ses collègues, en privé, Money aurait été mortifié par le scandale, et personne ne devait l’évoquer en sa présence.
 
2. Idéologie du genre
           
Bien au-delà du cas particulier de David Reimer,  aujourd’hui, il y a une grande confusion parmi de nombreux catholiques, spécialement à propos de ce que signifie être un homme ou une femme, et du plan immuable de Dieu pour la sainteté du mariage et pour la famille. Dieu n’est pas l’auteur de cette confusion. Et quiconque étudie et garde son enseignement à ce sujet, tel qu’il a été transmis depuis les apôtres, ne tombera pas dans la confusion.
 
La présente analyse donc a comme but la connaissance de la plus terrible des idéologies de notre temps : le « Gender ». Nous allons montrer sa fausseté et faire connaitre l’enseignement de l’Eglise sur cette plaie de la société actuelle.
           
a. Qu’est-ce que l’idéologie du « gender » ?
 
Dans l’affirmation devenue célèbre, de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » se trouve le fondement de ce qui aujourd’hui, sous le mot «gender», est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le principe de cette théorie s’appuie sur la séparation radicale chez la personne humaine entre son sexe biologique et son identité sexuelle. Si le sexe biologique est déterminé dès la naissance, l’identité sexuelle est « la perception subjective que l’on a de son propre sexe et de son orientation sexuelle » (selon le manuel d’éducation français Hachette), et est le fruit d’un climat culturel et d’un conditionnement social. L’être humain doit donc demeurer libre de construire sa propre identité sexuelle. Indépendante de l’identité sexuelle de la personne, l’orientation sexuelle devrait quant à elle être un choix totalement libre selon ses désirs.
 
Cela revient donc à regarder les personnes en dissociant (séparant) la dimension physique (innée) et la dimension comportementale (acquise). Ainsi, les différences entre les sexes ne seraient pas naturelles mais uniquement des « constructions sociales ».
 
Dans Amoris Letiae au n. 56 nous lisons :
« Un autre défi apparaît sous diverses formes d’une idéologie, généralement appelée « gender », qui nie la différence et la réciprocité naturelle entre un homme et une femme. Elle laisse envisager une société sans différence de sexe et sape la base anthropologique de la famille. Cette idéologie induit des projets éducatifs et des orientations législatives qui encouragent une identité personnelle et une intimité affective radicalement coupées de la diversité biologique entre masculin et féminin. L’identité humaine est laissée à une option individualiste, qui peut même évoluer dans le temps ».
 
Le premier à utiliser la terminologie « rôle du genre » a été le malheureux docteur John Money dans les années 60-70. Elle a commencé comme une théorie, c’est-à-dire une construction intellectuelle, mais puis, à la suite des féministes, les groupes de pression LGBT ont adopté le « Genre » comme idéologie à imposer à tout prix. Cette perspective imprègne aussi terriblement que largement les campagnes de l’ONU et de l’UE, de « lutte contre les discriminations », « pour l’égalité » ou « contre les stéréotypes sexistes » qui, au final, contribuent à diffuser le « Genre » et donc la destruction des « modèles » familiaux et des comportements sexuels normaux et naturels.
 
Pour cela affirme encore Amoris letitiae :
« …Il est inquiétant que certaines idéologies de ce type… veulent s’imposer comme une pensée unique qui détermine même l’éducation des enfants… Une chose est de comprendre la fragilité humaine ou la complexité de la vie, autre chose est d’accepter des idéologies qui prétendent diviser les deux aspects inséparables de la réalité. Ne tombons pas dans le péché de prétendre nous substituer au Créateur. Nous sommes des créatures, nous ne sommes pas tout-puissants. La création nous précède et doit être reçue comme un don. En même temps, nous sommes appelés à sauvegarder notre humanité, et cela signifie avant tout l’accepter et la respecter comme elle a été créée » (n. 59).
 
Le problème de fond, il faut l’avouer, se trouve dans le fait que nous voulons être égale à Dieu, voir même dépasser Dieu, donc vivre sans Dieu. C’est un problème anthropologique mais surtout théologique. Cette idéologie répond sans doute à la tentation orgueilleuse de ne chercher à ne dépendre que de soi-même, à s’échapper d’une loi naturelle qui en réalité perfectionne notre nature humaine. En effet, cette idéologie est le résultat de l’union de deux terribles idéologies : la relativiste qui nie la loi naturelle et la vérité objective et la marxiste qui cherche la lutte de classe aujourd’hui déguisée en lutte de sexe. Nous sommes donc en train de commettre un péché « gravissimus » contre Dieu créateur. Le pape émérite Benoit XVI l’affirme clairement : « Ce qui est souvent exprimé et entendu par le terme « gender », se résout en définitive dans l’auto-émancipation de l’homme par rapport à la création et au Créateur. L’homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement tout seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l’Esprit créateur »[2].
 
Exprimant la même idée, le Pape François dans son récent voyage en Pologne, le 27 juillet 2016, a dit aux évêques polonais :
« En Europe, en Amérique, en Amérique Latine, en Afrique, dans certains pays d’Asie, il y a de véritables colonisations idéologiques. Et l’une d’entre elles – je le dis clairement avec nom et prénom – c’est le « genre » ! Aujourd’hui, à l’école, aux enfants – aux enfants –   on enseigne ceci : que chacun peut choisir son sexe. Et pourquoi enseigne-t-on cela ? Parce que les livres sont ceux des personnes et des institutions qui te donnent l’argent. Ce sont les colonisations idéologiques, soutenues aussi par des pays très influents. Et ça, c’est terrible ! Quand j’ai parlé avec le pape Benoît il me disait : Sainteté, c’est le temps du péché contre Dieu Créateur ! C’est intelligent ! Dieu a créé l’homme et la femme ; Dieu a créé le monde ainsi, ainsi, ainsi… et nous sommes en train de faire le contraire… Ce qu’a dit le pape Benoît, nous devons y penser : c’est le temps du péché contre Dieu Créateur ! ».
 
b. Cet enseignement a-t-il réellement du scientifique ?
 
D’après Tony Anatrella et autres, aucune explication rigoureusement scientifique ne semble le confirmer. Bien au contraire les observations scientifiques montrent que l’être humain est identifié comme fille ou garçon dés la conception, et cette différenciation reste inscrite dans chacune de nos cellules tout au long de notre vie. Lise Eliot, neurobiologiste déclare : « Oui, garçons et filles sont différents. Ils ont des centres d’intérêt différents, des niveaux d’activité différents, des seuils sensoriels différents, des forces physiques différentes, des styles relationnels différents, des capacités de concentration différentes et des aptitudes intellectuelles différentes ! ».
 
Egalement Elisabeth Montfort[3] résume parfaitement que dès la fécondation de l’ovocyte par le spermatozoïde, c’est-à-dire dès le premier instant du cycle vital d’un être humain, l’embryon est déterminé génétiquement comme fille ou garçon. Avant même l’apparition morphologique des organes génitaux, le sexe du zygote est génétiquement programmé. Son identité sexuelle est en effet donnée par l’association des chromosomes XX ou XY contenus dans le noyau de la première cellule. Elle ne changera plus, sera inscrite dans chaque cellule du fœtus, du nouveau-né puis de l’adulte. Aucun facteur culturel ne pourra jamais effacer l’identité sexuelle masculine ou féminine d’un être humain. D’ailleurs, un transsexuel, même après une opération plastique pour changer ses organes génitaux, sera contraint d’absorber à vie des hormones pour tenter de contrarier le programme génétique porté par ses chromosomes sexuels.
 
Attentive à respecter les critères d’observation scientifique, l’Eglise a ratifié dès 1987 ce qui s’impose finalement à tous : Dès que l’ovule est fécondé se trouve inaugurée une vie qui n’est ni celle du père, ni celle de la mère, mais d’un nouvel être humain qui se développe pour lui-même. A cette évidence de toujours la science génétique moderne apporte de précieuses confirmations. Elle a montré que, dès le premier instant, se trouve fixé le programme de ce que sera ce vivant : un homme, cet homme individuel avec ses notes caractéristiques bien déterminées et donc avec son identité sexuelle spécifique aurait-on envie de préciser aujourd’hui. Dès la fécondation est commencée l’aventure d’une vie humaine dont chacune des grandes capacités demande du temps pour se mettre en place et se trouver prête à agir[4].
 
Nier donc tous ceux qui témoignent de cette réalité naturelle avec fondement et rigorisme scientifique, c’est nier la réalité de l’être humain. 
 
c. Comment le « genre » se diffuse-t-il ?
 
Il est connu par tous les moyens de communication, tel que le pape François l’a affirmé lui-même, que le « Genre » inspire les décisions des pouvoirs publics et les textes réglementaires ou législatifs dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la famille.
 
Donc la lutte engagée par les tenants du « Genre » pour « transformer le monde » en abolissant les différences entre les sexes se situe sur le terrain législatif et sur le terrain de l’éducation : il s’agit de rééduquer pour changer les mentalités en passant outre le rôle des parents comme premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Nous en parlerons toute à l’heure. En définitive c’est un enjeu éducatif et notamment scolaire. C’est changer la mentalité des enfants : en refusant qu’on soit d’abord déterminé par son identité sexuelle – homme ou femme – on refuse la spécificité de chaque identité, et donc leur complémentarité. Le lien est ensuite évident : si la complémentarité homme/femme est niée, alors on peut déconstruire le couple et la famille puisque l’altérité est devenue accessoire. Et si ce n’est plus un apport structurant pour l’enfant, on peut alors l’en priver sans problème.
 
C’est vraiment scandaleux découvrir que cette idéologie destructrice s’infiltre auprès des enfants, donc des plus fragiles. «Malheur à celui qui scandalisera un de ces petits » avertissait Jésus dans l’évangile (Mt 18,6).
Dans un point de vue biologique Mgr Tony Anatrella[5] explique le changement de mentalité opéré par cette idéologie :  
« On a voulu remplacer la différence sexuelle (de l’homme et de la femme) par la différence des sexualités en se basant sur la libération des pulsions partielles. Celles-ci sont les premières pulsions qui apparaissent dans la vie psychique de l’enfant qu’il va, dans un premier temps, vivre sur son corps avant qu’elles soient hiérarchisées dans sa psychologie génitale, s’il y parvient. Or, les orientations sexuelles sont la résultante de pulsions partielles quand elles sont recherchées pour elles-mêmes sur son propre corps, et quand elles sont en dehors de la dimension relationnelle de la sexualité s’inscrivant dans la psychologie génitale qui implique l’intégration de la différence sexuelle et achemine vers l’altérité des sexes ».
 
« Par contre, l’identité sexuelle de l’homme et de la femme, il n’y en a pas d’autres, est du côté de la structure masculine et féminine qui permet d’intégrer psychiquement le pulsionnel dans leur identité respective. Sinon, le pulsionnel libéré pour lui-même favorise des conduites et des pratiques de plus en plus incohérentes et psychologiquement déstructurantes... agressives, possessives et narcissiques et donc auto-centrées et auto-référencées uniquement à partir de soi puisque, situé de cette façon, le sujet n’accède pas vraiment au sens de l’altérité et du tiers. Il développe surtout un faux self »[6].
 
d. Quelles conséquences pour les enfants ?
 
Rendre la réalité confuse, séparer la dimension physique (innée) et la dimension comportementale (acquise), c’est déstabiliser profondément les enfants. La construction sexuée obéit à une double dynamique : elle est à la fois un donné naturel et elle est éducative et culturelle. On naît homme ou femme ET on le devient. De même que l’enfant n’accède au langage que s’il le reçoit, de même il ne définit son identité sexuelle qu’en harmonisant le donné naturel avec ce qu’il reçoit par les échanges avec son entourage sexué : un père et une mère qui l’aiment et qui s’aiment, et qui lui apprennent les divers significations des langages du corps.
 
Laisser un enfant se « construire » lui-même signifie donc l’abandonner à une grande solitude et à une incompréhension désespérante de ce qu’il est. Cela revient à ériger en principe la défiance dans ce que l’on reçoit de l’autre - parent, professeur, société.
 
e. Moi, père, mère, que puis-je faire ?
 
Plusieurs choses peut-on faire. Il est préférable d’interroger l’enseignant et/ou le chef d’établissement dès le début de l’année pour savoir si des cours d’éducation sexuelle sont prévus dans l’année, par quels intervenants extérieurs éventuels et avec quel contenu ? Est-il prévu des programmes spécifiques sur la thématique du « Genre » ? (Le plus souvent, présenté sous les termes consensuels « d’égalité », « la lutte contre les discriminations » ou de « lutte contre les stéréotypes »).
 
Les parents doivent affirmer courageusement qu’ils tiennent à leur mission chrétienne et qu’ils sont vigilants sur ce qu’on transmet à leurs enfants. On a trop souvent parlé de la démission des pères ou des mères… Il ne s’agit pas de jeter un soupçon a priori sur tous les professeurs mais de rappeler à ces derniers qu’ils ne sont pas là pour remplacer les parents. 
 
La vocation de l’école publique, c’est d’abord et surtout d’instruire les enfants, leur apprendre à lire et à compter, leur transmettre un savoir. Sur ce point précis il y a déjà du boulot… La vocation des parents, c’est d’éduquer leurs enfants, selon les convictions naturelles, dans la recherche de la Vérité et du Bien.
 
Dans ce sens les parents doivent considérer et prendre conscience des paroles du conseil pontifical pour la famille :
« …il est très important que les parents soient conscients de leurs droits et devoirs, en particulier face à un État et à une École qui tendent à assumer les initiatives dans le domaine de l’éducation sexuelle. Dans le document Familiaris consortio, le Saint-Père Jean-Paul II le réaffirme ainsi : « Le droit et le devoir d’éducation sont pour les parents quelque chose d’essentiel, de par leur lien avec la transmission de la vie ; quelque chose d’original et de primordial, par rapport au devoir éducatif des autres, en raison du caractère unique du rapport d’amour existant entre parents et enfants ; quelque chose d’irremplaçable et d’inaliénable, qui ne peut donc être totalement délégué à d’autres ni usurpé par d’autres »… Le Pape insiste sur le fait que ce droit doit être tout particulièrement affirmé en ce qui concerne la sexualité : « L’éducation sexuelle — droit et devoir fondamental des parents — doit toujours se réaliser sous leur conduite attentive, tant à la maison que dans les centres d’éducation choisis et contrôlés par eux. L’Église rappelle ainsi la loi de subsidiarité, que l’école est tenue d’observer lorsqu’elle coopère à l’éducation sexuelle, en se plaçant dans l’esprit qui anime les parents ». Le Saint-Père ajoute : « En raison des liens étroits qui relient la dimension sexuelle de la personne aux valeurs éthiques, le rôle de l’éducation est de conduire les enfants à la connaissance et à l’estime des normes morales comme garantie nécessaire et précieuse d’une croissance personnelle responsable dans la sexualité humaine». Personne d’autre que les parents, préparés de façon adéquate, n’est en mesure de mieux réaliser l’éducation morale dans ce domaine délicat »[7].
 
Malheureusement l’état veut écraser les droits des parents. C’est le cas par exemple d’une mère de douze enfants qui a été condamnée en Allemagne à 43 jours d’incarcération pour avoir refusé d’inscrire trois de ses enfants dans le programme d’éducation sexuelle dans une école primaire locale.
 
Cependant les parents doivent tenir le coup. Nous sommes appelés à l’héroïsme de la vie chrétienne. Ainsi dans des cas extrêmes, toute possibilité de dialogue étant épuisée, des parents peuvent et doivent être amenés à signifier à l’enseignant et au chef d’établissement que le contenu de ce qui est enseigné à leur enfant s’oppose à leur liberté de conscience et qu’ils ne peuvent le cautionner. C’est une obligation morale.
 
f. Quelle critique à cette idéologie ?
 
Avant tout, en suivant T. Anatrella[8], il faut souligner le caractère irréaliste et idéaliste de cette idéologie. Dans ce sens l’encyclique Caritas in Veritate du pape émérite Benoit XVI propose des réponses appropriées en soulignant que chaque époque produit des idéologies qui s’éloignent des intérêts de l’homme et du bien commun.
 
Le marxisme à travers le communisme et le socialisme, nous promettait un homme nouveau avec l’idée dépressive de « changer la vie » au lieu de l’assumer. Le nazisme en appelait à une race supérieure. Nous savons combien ces fausses idées ont été meurtrières à bien des égards. Et maintenant l’idéologie du gender veut nous libérer de la condition de notre corps sexué et de la différence sexuelle. En fin de compte c’est une machine de guerre qui se met en place pour pénaliser tous les propos qui ne seraient pas en faveur de l’homosexualité : on crée ainsi un délit de penser.
 
Deuxièmement, nous laissons la parole claire et profonde au pape émérite Benoit XVI qui critique la révolte anthropologique de cette idéologie:
« La profonde fausseté de cette théorie et de la révolution anthropologique qui y est sous-jacente, est évidente. L’être humain… nie sa nature et décide qu’elle ne lui est pas donnée comme un fait préparé à l’avance, mais que c’est lui-même qui se la crée. Selon le récit biblique de la création, il appartient à l’essence de la créature humaine d’avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d’être une personne humaine, telle que Dieu l’a donnée. Justement, cette dualité comme donné de départ est contestée. Ce qui se lit dans le récit de la création n’est plus valable : « Homme et femme il les créa » (Gn 1, 27). Non, maintenant ce qui vaut c’est que ce n’est pas lui qui les a créés homme et femme, mais c’est la société qui l’a déterminé jusqu’ici et maintenant c’est nous-mêmes qui décidons de cela. Homme et femme n’existent plus comme réalité de la création, comme nature de l’être humain… Cependant, si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donné de la création, alors la famille n’existe pas non plus comme réalité établie à l’avance par la création. Mais en ce cas aussi l’enfant a perdu la place qui lui revenait jusqu’à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre…Là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on parvient nécessairement à nier le Créateur lui-même, et enfin par là, l’homme même – comme créature de Dieu, comme image de Dieu – est dégradé dans l’essence de son être… Et il devient évident que là où Dieu est nié, la dignité de l’être humain se dissout aussi. Celui qui défend Dieu, défend l’être humain ! »[9].
 
g. Quelle éducation affective et sexuelle ?[10] 
 
Devant la menace de cette idéologie, les parents doivent savoir quelle éducation sexuelle et affective offrir à leur enfant. Selon l’enseignement de l’Eglise, l’éducation affective et sexuelle et donc à l’amour véritable peut se concrétiser selon quatre principes pratiques.
 
1. Principe de la formation intégrale : La sexualité humaine est un mystère sacré qui doit être présenté selon l’enseignement doctrinal et moral de l’Église, en tenant toujours compte des effets du péché originel.
 
À cette époque les parents doivent être attentifs, dans leur enseignement et dans l’aide qu’ils reçoivent des autres pour cet enseignement, à ne pas banaliser la sexualité humaine. On doit en particulier avoir un grand respect vis-à-vis de la différence entre l’homme et la femme qui reflète l'amour et la fécondité de Dieu lui-même.
 
En même temps, on doit tenir compte des effets durables du péché originel, c’est-à-dire de la faiblesse humaine et du besoin où se trouve l’homme de la grâce de Dieu pour surmonter les tentations et éviter le péché. À ce sujet, on doit former la conscience de chaque individu de façon claire, précise et en accord avec les valeurs spirituelles. Mais aussi les parents doivent travailler, avec leurs enfants, dans la croissance des vertus chrétiennes (humilité, générosité, chasteté, sacrifice, etc).  
 
2. Principe du moment opportun : Ne doivent être présentées aux enfants et aux jeunes que des informations proportionnées à leur phase propre de développement individuel.
 
Les parents doivent être sensibles : a) aux différentes phases de développement, en particulier aux « années de l’innocence » et à la puberté, b) à la façon dont chaque enfant ou jeune fait son expérience des différentes étapes de la vie, c) aux problèmes particuliers associés à ces étapes.
Ce principe du moment opportun guide la conduite à tenir face à certains problèmes spécifiques.
 
a) Dans l’enfance et la puberté les parents doivent encourager chez leurs enfants l’esprit de collaboration, l’obéissance, la générosité et l’abnégation, et favoriser leur capacité de réflexion sur soi et de sublimation. En fait, une caractéristique de cette période de développement est l’attraction que les enfants ressentent vis-à-vis des activités intellectuelles : l’usage de la réflexion intellectuelle permet d’acquérir la force et la capacité de contrôler la réalité environnante et, dans le proche futur, les pulsions provenant du corps, en les tournant vers des activités intellectuelles et rationnelles.
 
Le garçon indiscipliné et vicieux est enclin à une certaine immaturité et à une certaine faiblesse morale dans le futur parce qu’une personne qui laisse se développer en elle des habitudes d’égoïsme ou de désordre a des difficultés à rester chaste et à se comporter vis-à-vis des autres avec intérêt et respect. Les parents doivent présenter à l’enfant des standards objectifs de ce qui est juste et de ce qui est erroné, constituant ainsi un sûr cadre moral de vie.
 
b) Dans l’adolescence tardive, les jeunes doivent être initiés d’abord à la connaissance des indices de fertilité, puis à celle de la régulation naturelle de la fertilité, mais seulement dans le contexte de l’éducation à l’amour, de la fidélité matrimoniale, du plan de Dieu pour la procréation et pour le respect de la vie humaine.
 
c) La question de l’homosexualité ne sera pas discutée avant l’adolescence à moins que ne surgisse quelque problème spécifique grave dans une situation particulière. Ce sujet ne sera présenté qu’en relation à la chasteté, à la santé et à la vérité de la sexualité humaine dans son rapport avec la vie de la famille, telle qu'elle est enseignée par l'Église.
 
d) Les perversions sexuelles (masturbation, narcissisme, exhibitionnisme, fétichisme, sadisme, nécrophilie, pédophilie, inceste, etc.) qui sont relativement rares, ne devront être abordées qu’au travers de conseils individuels, donnés comme réponse par les parents face à de véritables problèmes.
 
3. Principe de la décence : aucun matériel de nature érotique ne doit être présenté aux enfants ou aux jeunes à quelqu’âge qu’ils soient, individuellement ou en groupe.
 
Il s’agit de sauvegarder la vertu de la chasteté chrétienne. Dans la transmission d’information sexuelle dans le contexte de l’éducation à l’amour, l’instruction devra donc toujours être «positive et prudente » et « claire et délicate ».
 
4. Finalement celui qui nous concerne maintenant. Principe du respect de l’enfant : personne ne doit être invité, et encore moins obligé, à quelque action qui offense objectivement la modestie, ou qui lèse subjectivement la délicatesse personnelle ou le sens du privé.
 
On peut à cet égard y inclure, entre autres, les méthodes suivantes d’abus dans l’éducation sexuelle : a) toute représentation « jouée » ou « mimée » et tout « jeu de rôle » qui tournent autour de questions génitales ou érotiques, b) la réalisation d’images, de panneaux, de modèles, etc... de ce genre, c) la demande de renseignements d’ordre personnels concernant les questions sexuelles ou la demande de divulgation d’informations familiales de ce type, d) les examens, oraux ou écrits, portant sur des questions génitales ou érotiques.
 
3. Conclusion
 
Comme nous l’avons déjà dit le grand péché de notre époque et de cette idéologie en particulier est celui contre le Dieu créateur. Vouloir remplacer Dieu. Il s’agit de l’ancienne tentation diabolique de l’égalité : Vous serez comme des dieux (Genèse 3,5).
 
« Vous serez comme des dieux » nous renvoie inévitablement au mythe de Prométhée[11], la folle tentation de l’homme de se mesurer à Dieu, de voler sa science divine, la recherche de l’équivalence, une course effrénée vers l’égalité, un déchainement vers la ressemblance. Il y a, dans cette poursuite de l’équivalence, une façon de considérer l’altérité comme insupportable, comme injuste.
 
Malheureusement, il faut le dire, le programme « gender » fonde en quelque sorte une nouvelle religion, celle de la relativisation qui est une réécriture de l’histoire de l’humanité en imposant et décrétant une vision dénaturant la sexualité homme et femme en la transformant en genre.
 
Le « Vous serez comme des dieux » est ainsi une volonté de dénaturer l’ordre, la dimension réelle de la nature: La connaissance ultime de la Création, son origine et son point de départ, appartient à Dieu (Job 38-39).
Le programme « gender » est, d’une certaine façon, la volonté de transgresser, d’annihiler la différence avec Dieu. C’est l’orgueil satanique. L‘idéologie vise ni plus ni moins la déconstruction des rôles de l’homme et de la femme, la modification de l’ordre même de la nature.
 
En regard de l’idéologie « gender » et pour conclure, nous viens à l’esprit l’avertissement prophétique d’Isaïe: Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume ! Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux, Et qui se croient intelligents !
Nous pourrions ajouter malheur à ceux qui appellent un homme, une femme et une femme, un homme ! Dieu nous en épargne !
 
P. Silvio Moreno, IVE
 
 
 

[1] L'expérience tragique du gourou de "la théorie du genre", lepoint.fr, 31 janvier 2014.
[2] Benoit XVI, Vœux de Noel 22 décembre 2008.
[3] Cf. Arduin, Pierre-Olivier, La science invalide la théorie du gender, in http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/La-science-invalide-la-theorie-du-gender, le 27 aout 2011.
[4] Cardinal Joseph Ratzinger, Congrégation pour la doctrine de la foi, Instruction Donum Vitae sur le respect de la vie humaine naissante et la dignité de la procréation, Réponses à quelques questions d’actualité, 22 février 1987. Voir également Saint Jean-Paul II discours en 1998 à l'Académie pontificale pour la Vie : « Le génome apparaît comme l’élément structurant et constructif du corps en ses caractéristiques tant individuelles qu’héréditaires : il marque et conditionne l’appartenance à l’espèce humaine, le lien héréditaire et les notes biologiques et somatiques de l’individualité. Son influence dans la structure de l'être corporel est déterminante dès le premier instant de la conception. C’est sur la base de vérité intérieure du génome, déjà présente au moment de la procréation où les patrimoines génétiques du père et de la mère s’unissent, que l’Eglise s’est donnée pour tâche de défendre la dignité humaine de tout individu dès le premier instant où il surgit ».
[5] Monseigneur Tony Anatrella vient de publier : « Mariage en tous genres ». Il a déjà publié de nombreux ouvrages sur la question ces dernières années et a été parmi les premiers auteurs à sensibiliser dès le début des années 1990 l’opinion publique sur cette question et sur celle de la théorie du genre : « Non à la société dépressive », « L’amour et le préservatif », « Époux, heureux époux ». « Le règne de Narcisse », « La tentation de Capoue », et « Le gender/La controverse ». Mgr Tony Anatrella est psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, consulteur des Conseils pontificaux pour la famille et pour la santé, il enseigne et consulte également à Paris.
[6] Zenit,  propos recueillis par Anita Bourdin le 9/04/2014.
[7] Conseil pontifical pour la famille, Vérité et signification
de la sexualité humaine : Des orientations pour l'éducation en famille, n.41-43.
[8] Zenit, mardi 5 juin 2012.
[9] Benoit XVI, Vœux de Noel, 21 décembre 2012.
[10] Vérité et signification de la sexualité humaine, n.121-127.
[11] Dans la mythologie grecque, Prométhée « le Prévoyant » est un Titan. Il est surtout connu pour avoir créé les hommes à partir de restes de boue transformés en roches, ainsi que pour le vol du « savoir divin » (le feu sacré de l'Olympe), qu'il cache dans une tige et restitue aux humains après que Zeus, en colère contre sa première ruse, le leur a retiré. Courroucé par sa nouvelle tromperie, Zeus, le roi des dieux, le condamna à être attaché à un rocher sur le mont Caucase, son foie se faisant dévorer par l'Aigle du Caucase chaque jour, et renaissant la nuit.

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