ESPRIT SAINT ET LES SIGNES DE SA PRESENCE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

ESPRIT SAINT ET LES SIGNES DE SA PRESENCE

Lorsque la foi reçue au jour du baptême, devenue « foi vive » par la pratique du véritable amour de charité (parce que la foi sans la charité est une foi morte), s’engage sur les chemins de la vie en l’Esprit saint reçu en plénitude au sacrement de la confirmation, elle s’engage également sur les chemins d’une véritable « expérience de Dieu » entendue non pas comme un sentiment extérieur et sensible mais comme une présence intérieure et intime.

Malgré la présence du mal dans le monde et peut être aussi dans nos vie et l’épreuve quotidienne qui bouscule notre démarche chrétienne, j’ai la ferme conviction, par le saint Esprit, que Dieu est toujours et partout avec moi. Cette doctrine ancienne et nouvelle ainsi que profonde c’est saint Jean, l’apôtre bien aimé qui nous la fait découvrir. Jean se contente de dire: A ceci nous savons que Dieu demeure en nous : à l’Esprit qu’il nous a donné (1 Jn 3, 24).

Comment qualifier cette « expérience de Dieu » qu’apporte le Saint Esprit ? L’Esprit est simple et véritable : il communique à l’âme une connaissance intime et un gout de Dieu qui ne trompent pas. Son onction, c’est-à-dire sa présence et son action dans notre vie, est, en effet, véridique et non mensongère et se répand de telle manière dans l’âme que celle-ci sait que Dieu demeure en elle. C’est une profonde conviction qui touche notre intelligence et notre volonté.   

Certes, comment pouvons-nous être sur de cette présence divine ? Pour saint Jean cette expérience de Dieu par le saint Esprit exige qu’elle soit accompagnée de nombreux critères qui en garantissent l’authenticité. Ces critères nous les trouvons substantiellement dans la première Epitre de l’apôtre Jean, où il condense les résultats de sa longue expérience pastorale et apostolique. Ces « critères » donc nous aiderons à discerner entre une véritable vie en esprit et ses multiples contrefaçons.

1. Le premier critère demande que nous soyons de ceux qui ne nient pas, mais reconnaissent leurs péchés. Si nous disons : nous n’avons pas de péché, nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous (1 Jn 1, 8), et même nous faisons de Dieu un menteur, sa Parole n’est pas en nous (1 Jn 1, 10). Cette phrase de l’apôtre Jean nous pouvons la traduire littéralement : je n’ai pas de péchés (non acceptation de ma fragilité et mes péchés ancienne tentation de l’orgueil), mais également dans un sens plus large je n’ai pas besoin de me faire pardonner mes péchés (manque de reconnaissance devant celui qui peut nous les pardonner : Jésus-Christ par le prêtre au confessionnel). Devant Dieu notre fragilité comme notre bonne volonté sont toujours à nu, et sa miséricorde est infinie ainsi que sa justice. Le curé d’Ars répété souvent : « il faut se relever tout de suite quand on tombe ! Ne jamais laisser le péché un instant dans son cœur ! ». Combien de fois nous risquons même la Vie Eternelle parce que nous ne voulons pas confesser nos péchés dans le sacrement de la réconciliation !

2. Le second critère consiste à observer les commandements. Hélas ! La Parole de Dieu est vivante pour toujours ! Nous savons que nous le connaissons si nous gardons ses commandements (1 Jn 2, 3-5). La foi sans les commandements est une foi morte. La pratique n’est pas une marque extérieure à l’expérience de Dieu, mais au contraire elle jaillit de l’élan le plus profond de l’âme. C’est parce que j’ai Dieu dans mon cœur, que j’aime accomplir ses commandements. C’est toujours une question d’amour. Cette pratique s’exprime certainement au-dehors et porte avec elle sa propre lumière ; elle est la lumière même de la vie chrétienne. Celui qui aime son frère, dit encore saint Jean, est dans la lumière, dans la vérité ; il est passé de la mort à la vie, il est né de Dieu. Enfin cet amour prend sa source de l’Esprit qui est en nous. De nos jours, nous constatons presque quotidiennement combien les hommes oublient-ils les commandements ; peut-être ont-ils aussi oublié Dieu ?

3. Ne pas aimer le monde mais Dieu. N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui (1 Jn 2, 15). Le monde de Jean n’est pas le Kosmos, création de Dieu, mais plutôt la société, les hommes qui se sont séparés de Dieu : tous ceux qui par leurs principes, leurs valeurs et leurs désirs ont refusé d’accepter Dieu dans leurs vies. Mépriser le monde, ne veut pas dire pourtant mépriser les personnes ; signifie mépriser tous ces principes, ces valeurs et ces désirs qui sont contre Dieu, contre Jésus-Christ, contre l’Eglise. Celle-là est une attitude à la fois intérieure et extérieure qui suppose un choix essentiel, constamment entretenu et renouvelé, et qui témoigne en nous de l’action victorieuse de l’Esprit de Dieu. La foi vivante du chrétien est la marque la plus nette, et de cette victoire sur le monde, et de la présence vivifiante de l’Esprit car celui qui est vainqueur du monde c’est l’homme ne de l’eau et de l’Esprit.

4. Enfin un dernier critère consiste à affirmer le Christ et à se garder des antéchrists : …or, il y a dès maintenant beaucoup d’anti-Christs ; nous savons ainsi que c’est la dernière heure. Ils sont sortis de chez nous mais ils n’étaient pas des nôtres ; s’ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous. Mais pas un d’entre eux n’est des nôtres, et cela devait être manifesté (1 Jn 2, 18-19), ce qui doit s’entendre, sans aucun doute, d’une appartenance et d’une fidélité à l’Eglise et à son magistère (enseignement). L’exigence d’une véritable expérience de l’Esprit dans l’âme chrétienne doit se manifester toujours dans et avec l’Eglise. Relativiser l’enseignement de l’Eglise ou parfois l’inviter ce n’est pas du tout l’action du saint Esprit.   

Humilité et confiance en Dieu, fidélité aux commandements et spécialement à celui de la charité fraternelle, fidélité et soumission à l’Eglise : tels sont les critères sans laquelle il ne saurait y avoir d’expérience authentique de Dieu dans l’Esprit saint.

Bonne PENTECOTE à tous!

P. Silvio Moreno, IVE      

 

Comentar este post