JESUS-CHRIST ET LA POLITIQUE

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

JESUS-CHRIST ET LA POLITIQUE

Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu !

La réplique de Jésus est devenue proverbiale et pourtant, on la comprend souvent très mal, comme si Jésus prenait simplement parti pour la séparation de l’Eglise et l’Etat en accordant une sorte d’autonomie totale au pouvoir publique… ou, à l’opposé, comme si Jésus demandait à ses disciples de ne pas prendre parti dans les affaires temporelles. Rien de plus loin que ça.

Il faut donc comprendre toute la pensée de Jésus, appliquée à notre époque. Pour cela, il nous faut prendre en compte les deux parties de cette sentence, en donnant à la seconde partie toute sa valeur de conclusion décisive.

a. Rendez à César ce qui est à César

Effectivement, ce serait très mal interpréter l’évangile que de vouloir couper la vie humaine en tranches séparées, comme si les chrétiens et l’Eglise pouvaient ignorer la vie politique, qui est le rôle des laïcs dans l’Eglise ; comme si la morale chrétienne devait s’enfermer dans les églises et ne pas jeter sa lumière sur la rue, la cité, les affaires, l’économie, la famille, les lois, l’impôts…

Dans la réponse de Jésus nous voyons une invitation à tenir compte de l’autorité établie, et à respecter ses droits. Mais également sa réponse introduit une distinction révolutionnaire : il désacraliser la politique en affirmant que César est César…mais qu’il n’est pas Dieu ! Il affirme que le pouvoir temporel ne peut pas remplacer Dieu et son pouvoir sur la création.

b. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu

Nous, hommes modernes, nous savons maintenant où conduit toute politique qui prétend se moquer de cette deuxième partie de la pensée de Jésus. Les sociétés « sans-Dieu » sont aussi des sociétés inhumaines. Quand l’état se fait « dieu », il écrase l’homme. Pour cela César, lui-même, doit donc se soumettre à Dieu, et rendre à Dieu ce qui lui appartient.

La politique, si importante soit-elle, puisqu’elle est l’art du bien commun, n’est pas le tout de l’homme, n’est pas la part la plus essentielle de l’homme. Crée à l’image de Dieu, l’homme a pour destin de partager la vie même de Dieu, pour cela l’homme mérite un respect absolu parce que sa destinée est divine.

Voici alors quelques principes de l’Eglise à considérer en tant que chrétiens :  

- La soumission, non par passivité mais pour des raisons de conscience au pouvoir constitué répond à l’ordre établie par Dieu. Saint Pierre exhorte les chrétiens à être « soumis à cause du Seigneur à toute institution humaine (1 P. 2, 13) ».

- La prière pour les gouvernants, recommandée par saint Paul durant les persécutions, indique explicitement ce que l’autorité politique doit garantir : une vie calme et en paix, à passer en toute piété et dignité.

- Quand le pouvoir humain sort des limites de l’ordre voulu par Dieu (lorsqu’il se produit une fracture la loi divine et de la loi naturelle : corruption, injustice sociale, avortement, homosexualité, idéologie de genre, euthanasie, etc.), il s’auto-divinise et demande la soumission absolue, il devient alors la Bête de l’Apocalypse. Face à ce pouvoir, l’homme n’est pas tenu d’obéir. L’objection de conscience est une obligation. Saint Jean recommande la résistance des martyrs.

-Par la même raison de donner à Dieu ce qui est à Dieu le canon 285 CDC nous rappelle qu’il est interdit aux prêtres de remplir les charges publiques qui comportent une participation à l’exercice du pouvoir civil. Et au canon 287 il est dit qu’ils ne prendront pas une part active dans les partis politiques ni dans la direction des associations syndicales, à moins que, au jugement de l’évêque, la défense des droits de l’Eglise ou la promotion du bien commun ne le requièrent.

Le message biblique inspire sans cesse la pensée chrétienne sur le pouvoir politique, en rappelant qu’il jaillit de Dieu, qu’il fait partie intégrante de l’ordre qu’il a crée et surtout qu’il ne remplace pas Dieu et son pouvoir. Ceci est perçu par les consciences et se réalise, dans la vie sociale, à travers la vérité, la justice, la liberté et la solidarité qui procurent la paix.

Parmi ses saints, l’Église vénère beaucoup d’hommes et de femmes qui ont servi Dieu par leur engagement généreux dans les activités politiques et gouvernementales. L’un d’entre eux, saint Thomas More, proclamé Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques, a su témoigner jusqu’à la mort de «la dignité inaliénable de la conscience». Bien que soumis à diverses formes de pressions psychologiques, il a refusé tout compromis et, sans renier «sa constante fidélité à l’autorité et aux institutions légitimes» qui l’avait distingué, il a affirmé par sa vie et par sa mort que l’«on ne peut séparer l’homme de Dieu, ni la politique de la morale».

Que saint Thomas More intercède pour que nous rendions à César ce qui est à César mais à Dieu ce qui est à Dieu !        

P. Silvio Moreno, IVE   

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