NOUVEL AN: MES CONVICTIONS CATHOLIQUES

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

NOUVEL AN: MES CONVICTIONS CATHOLIQUES

« Ce n’est pas dans la façon dont un homme parle de Dieu, mais dans la façon dont il parle de choses de ce monde, que l’on peut mieux discerner si son âme est resté dans le feu de l’amour de Dieu. Ici on ne peut pas se tromper. Certes, il y a de fausses imitations de l’amour de Dieu mais pas de la transformation qu’Il réalise dans le cœur de l’homme. […] Selon la conception de la vie humaine exprimée dans les actes et les paroles d’un homme, je sais s’il voit cette vie dans un point de vue situé dans ce monde ou dans l’autre (le ciel). […] Nous comprenons davantage la valeur d’une forme de vie religieuse ou plus largement d’une forme de vie spirituelle par l’intensité de lumière que cette forme de vie jette sur les choses de ce monde […] La réalité de ce monde est donc le critère de la réalité spirituelle ».

Simone Weil

Ce texte fut écrit par Simone Weil (1909 – 1934). Juive de gauche. On l’appelait « la Vierge rouge » par son mélange de pudeur chaste et socialisme. Son approche de l’Eglise fut très mouvementée. Elle se fit baptiser, en secret, à la fin de sa vie.

Ce texte nous apporte un critère infalsifiable. Il est facile de parler de l’amour de Dieu. Mais si mon cœur, mon intelligence, ma volonté n’ont pas été véritablement transformé par le feu de son amour ce discours tombe dans l’eau lorsque je commence à discuter sur les affaires de ce monde (nos amours, nos relations, notre travail, notre étude, nos problèmes, les problèmes de la société actuelle, etc.).

Un discours profond sur Dieu ne reflet pas nécessairement un véritable esprit de foi. Saint Jean dit : Celui qui dit je le connais, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n’est pas en lui. Mais celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection : voilà comment nous savons que nous sommes en lui. Celui qui déclare demeurer en lui doit, lui aussi, marcher comme Jésus lui-même a marché. (1 jn 2, 4-6).

Beaucoup se définissent comme de chrétiens mais leur vie et leur pensée est souvent en contradiction avec la vie chrétienne ou la doctrine catholique. Ils n’ont rien compris de ce que veut dire être catholique. On peut apprendre beaucoup sur le christianisme et sur Dieu mais n’est pas être un chrétien authentique. En effet le jeune riche de l’évangile en est un exemple : il n’était pas méchant, mais il n’avait pas le même regard que le Christ sur les choses matérielles de ce monde.

La vie catholique implique pour la plus part un 20% de vision sur Dieu et un 80% de vision sur l’homme et le monde. Sur le 20% nous coïncidons presque tous, mais sur le restant 80% nous n’avons pas le même regard de foi catholique (surtout les questions morales). Donc nous sommes de catholiques à moitié. Certes, notre foi née de la contemplation et de la prière à Dieu, mais elle doit aussi descendre pour illuminer un terrain (celui de l’homme et du monde) qui est difficile, épineux, tortueux, qui implique héroïsme et souvent persécution. Or, c’est justement dans ce terrain que l’on voit et l’on reconnait la véritable foi catholique.

Il ne s’agit pas tant de parler de la foi, mais de parler avec foi. « Ce n’est pas dans la façon dont un homme parle de Dieu, mais dans la façon dont il parle de choses de ce monde, que l’on peut mieux discerner si son âme est resté dans le feu de l’amour de Dieu. Notre foi ne peut pas se réduire exclusivement aux affaires religieuses (dans l’église). Elle doit aussi occuper une place privilégiée dans notre vie sociale et amicale. Il faut éviter à tout prix le danger prêché par Jacques Maritain : individu et personne. L’homme en tant que personne est capable de Dieu et il peut s’adresser à Dieu, mais en tant qu’individu est soumis à une société et à un pouvoir politique souvent contraire à la loi divine. Donc l’homme est fracturé en deux. Or, l’homme - bien au contraire de la pensée de Maritain - est une personne individuelle soumise en entier seulement à Dieu mais qui fait partie d’une société humaine gouvernée par un pouvoir politique. Ainsi, nous ne pouvons pas proclamer notre foi le dimanche à l’Eglise et puis pendant la semaine, dans nos rencontres au café, au travail, avec nos amis proclamer une foi matérialiste ou avoir une pensée mondaine ou etre en faveur d'une politique qui détruit les valeurs morales et les lois naturelles. Donc Weil a tout-à-fait raison, si nous ne discutons pas avec foi catholique de choses de ce monde, c’est parce que notre âme n’a pas encore été complètement transformée par le feu de l’amour de Dieu.

Voilà alors, chers amis, notre véritable défi en cette nouvelle année, au prix de la persécution et de l’incompréhension : illuminer avec l’évangile le petit monde dans lequel nous vivons. Juger avec les critères de la foi toutes les choses. Défendre avec insistance la valeur inviolable de la conscience chrétienne. Vivre les commandements de Dieu et l’enseignement de l’Eglise au jour au jour de notre vie.

Bonne année à tous. P. Silvio Moreno, IVE

 

Etiquetado en Spiritualité

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