CORONAVIRUS… UN MAL POUR NOTRE BIEN, UN CHEMINEMENT VERS DIEU ?

Publicado en por P. Silvio Moreno, IVE

CORONAVIRUS… UN MAL POUR NOTRE BIEN, UN CHEMINEMENT VERS DIEU ?

Une lecture de la pandémie à la lumière du livre de job

Le mal physique (le coronavirus) que nous souffrons à cause de notre vulnérabilité (qui nous vienne du péché originel), est certainement une « occasion » pour nous demander sur notre relation avec Dieu, au niveau personnel mais aussi à niveau communautaire et social. Il faut se demander dans un point de vue anthropologique : pourquoi Dieu a permis ce mal ? Nous savons que Dieu permet le mal pour en tirer un bien plus grand pour nous. Or, qu’est-ce que le Seigneur veut nous dire en nous faisant traverser cette épreuve ?

Pouvons-nous affirmer que Dieu a permis ce fléau pour nous frapper tendrement afin de nous corriger ? Oui, absolument ! Dieu peut le faire ! Le livre de Job nous montre, de façon extraordinaire, cette pédagogie de Dieu, qui est tout à fait d’accord avec sa justice et sa miséricorde infinie. Mais pour bien comprendre les textes de Job que nous allons commenter, il faut présupposer la phrase dite par Jésus-Christ dans les évangiles. Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et vive ! Ainsi donc cette phrase évangélique est le fondement de l’attitude de Dieu décrite en image dans le livre de Job.

Dieu parle à Job, homme souffrant, à travers la voix d’Elihou en forme de poème. Laissons-nous illuminer par les paroles de ce jeune garçon.

1) Par amour Dieu avertit les hommes et il les corrige aussi par la douleur…

33, 12-33 :

« …C’est que Dieu parle une fois, deux fois, sans que l’on y prenne garde. Dans un songe, une vision nocturne, quand tombe une torpeur sur les hommes et qu’ils sont assoupis sur leur lit, alors, il leur ouvre l’oreille et leur adresse des sommations, pour détourner l’être humain de ses œuvres, et pour prémunir le héros de l’orgueil. Ainsi il préserve son âme de la fosse, sa vie, du passage au chenal de la mort. Sur son lit, l’homme est corrigé par la douleur […].

2) Dieu écoute les supplications des justes, des innocents, des saints qui vivent dans les villes et qui implorent pour les pécheurs mais qui leur montrent aussi leurs devoirs envers Dieu…

« S’il y a près de lui (homme) un ange, un interprète, un seul entre mille, pour signifier à l’homme son devoir, s’il le prend en grâce et demande à Dieu : “Exempte-le de descendre dans la fosse, j’ai trouvé une rançon pour sa vie”, alors sa chair retrouve la fraîcheur de la jeunesse, il revient aux jours de son adolescence… »

« Voilà tout ce que fait Dieu, deux fois, trois fois, à l’égard de l’homme, pour ramener son âme de la fosse, pour l’illuminer de la lumière des vivants ».

3) Dieu ne fait pas le mal parce qu’il est miséricordieux, il nous maintient dans l’être, mais il est juste et il respecte notre liberté…

34, 10-15 :

« Aussi, écoutez-moi, hommes sensés : loin de Dieu la méchanceté, loin du Puissant l’injustice ! Il rend à l’homme selon ses actes et traite chacun d’après sa conduite. Non, certes, Dieu ne fait pas le mal, le Puissant ne fausse pas le droit. […] S’il ne pensait qu’à lui-même, s’il concentrait en lui son esprit et son souffle, toute chair expirerait à la fois et l’homme retournerait à la poussière ».

4) Dieu peut certainement gifler les hommes parce que certains péchés de l’homme moderne crient vengeance au ciel… en effet la tradition catholique rappelle qu’il existe ce type de péchés : le sang d’Abel, le juste, l’innocent, tous les avortements au monde ; le péché des Sodomites, l’homosexualité, le péché contre nature, l’idéologie de genre, la manipulation sexuelle des enfants ; le lamentation de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin ; l’injustice envers le salarié.    

25-30 :

« C’est qu’il démasque leurs manœuvres (des méchants) ; il les renverse dans la nuit, ils sont écrasés. Tels des criminels, il les gifle dans un lieu bien en vue, parce qu’ils se sont détournés de lui, qu’ils ont méconnu tous ses chemins, au point de faire monter vers lui le cri du faible, le cri des pauvres qu’il entend […] Il veille pourtant sur les nations et sur l’individu, pour que ne règne aucun impie, qu’aucun piège ne soit tendu au peuple ».

5) Les admonitions du Seigneur et ses corrections (le malheur) doivent nous secouer, réveiller et nous pousser à la conversion personnelle et communautaire (sociale)… c’est la condition pour que nous soyons dans le bonheur…

36, 10-15 ; 18. 21. 24 :

« Il leur ouvre l’oreille pour les avertir et leur ordonne de se détourner du mal. S’ils écoutent et se mettent à son service, leurs jours s’achèveront dans le bonheur, et leurs années dans les délices. Mais s’ils n’écoutent pas, ils passent par le chenal de la mort et ils périssent faute d’intelligence. Dieu sauve le malheureux par son malheur ; par la détresse il lui ouvre l’oreille » […]

La situation actuelle de souffrance est, sans doute, un moment de grâce particulier où il faut écouter ce que Dieu est en train de nous dire ! Reprends Elihou :

« Prends garde que l’abondance ne te séduise et que de riches présents ne te fassent dévier ».

« Garde-toi de te tourner vers le mal car c’est à cause de cela que tu as été éprouvé par le malheur ».

« Souviens-toi de magnifier son œuvre que les hommes célèbrent par des chants ».

6) Job et la réponse de l’homme… ne pas juger Dieu, savoir lire les signes de la Providence divine, qui comme un père amoureux nous corrige et cherche notre salut, mais surtout se repentir de ses propres péchés et une fois pour toutes se tourner véritablement vers Dieu…

42, 1-6 :

« Job s’adressa au Seigneur et dit : « Je sais que tu peux tout et que nul projet pour toi n’est impossible. “Quel est celui qui déforme tes plans (providence) sans rien y connaître ?” De fait, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles hors de ma portée, dont je ne savais rien. Daigne écouter, et moi, je parlerai ; je vais t’interroger, et tu m’instruiras. C’est par ouï-dire que je te connaissais, mais maintenant mes yeux t’ont vu. C’est pourquoi je me rétracte et me repens sur la poussière et sur la cendre».

Après cette crise, j’espère de tout mon cœur, que les hommes et la société se réveilleront et se retourneront un peu plus vers Dieu… qu’ils se rétractent du mal qu’ils font… nous ne pouvons plus vivre de la même manière… 

Mais alors : qu’allons-nous promettre en guise de « jamais plus comme avant ? » les mauvais habitudes et les abominations des hommes reprendront-ils le dessus ? Tirer les leçons d’une crise majeure est une chose. S’engager sur la longue durée à mettre en œuvre un processus de conversion sociale en est une autre. L’orgueil, les convoitises de toutes sortes, ne disparaitront pas magiquement. Une société qui ignore la problématique du combat spirituel est mal équipée pour rester fidèle aux promesses prononcées dans un moment de remise en question. Pour cela il nous fait la persévérance et l’humilité sans lesquelles nous ne pouvons pas plaire à Dieu. Prions donc pour que les hommes aient la mémoire longue et le cœur persévérant…

P. SILVIO MORENO, IVE  

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